‹ La guerre sur le DanubeChapitre 86 sur 232 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

position excentrique trop en avant de leur ligne naturelle, formée pai* le Lom.

Dès le l*' juillet, la cavalerie de la 12* division

(xn*' corps), qui avait remonté la vallée de la Jantra par

les coteaux de la rive gauche, avait dû s'arrêter, en

attendant des renforts, à proximité de Biela, devant

l'attaque des Turcs cantonnés sur li rive droite. Le 2,

le combat recommença. La division de cavalerie, aidée

de quelques détachements d'infanterie du xii'' corps,

réussit, après avoir subi des pertes assez sensibles, à

s'emparer du pont et de la ville. La petite garnison

turque se replia, par la foute de Routschouk, sur un

corps campé près de Damogila, à dix-sept kilomètres

^e Biela. Pendant que les hussards du 12* régiment

grince Frédéric-Charles de Prusse) gardaient le con-

"tact avec l'ennemi jusqu'à Obirtenik, les cosaques se

iTJbattaient sur la rive droite de la Jantra vers le

I3anube, et occupaient les bords du fleuve ^n face de

l^etrosani, où le génie russe s'occupait d'organiser un

va— et>-vient par bacs à vapeur. L'infanterie, de son

côté, s'établissait sur les hauteurs de Besbunarkieui,

^ huit kilomètres de Biela. Il était évident dès lors

^U^ l'ennemi faisait la part du feu et abandonnait la

fiu.lgarie occidentale. 11 renonçait à couvrir tous les

points faibles d'une ligne trop étendue, et craignant

^*^3Kposer des corps inférieurs en nombre à une série

^^ désastres partiels , se bornait à garder intactes les

*i&nes du quadrilatère. L'état-major turc avait été pré-

venu, (lès le matin du 27 juin, du passage des Russes à Zimnitza. Il s'était borné à porter ses grand' gardes sur la Jantra. Les généraux ottomans semblaient avoir pour but, en évacuant cette partie de la Bulgarie, de laisser les Russes en tète à tête avec des difficultés d'approvisionnement, incertains sur les intentions de r ennemi, enclins à diviser leurs forces et à les lancer un peu à l'aventure.

Les dangers de cette situation n'échappaient pas au grand-duc Nicolas. Le généralissime turc, concentré, maîti'e de toutes ses communications, appuyé sur des places fortes, avait de gros atouts dans la main, et pouvait, d'un jour à l'autre, ménager à l'armée russe quelque terrible surprise. Le parti pris des Turcs de ne pas s'aventurer hors du quadrilatère, donnait à penser au vieux Nepokoitchistki que le danger était sur sa gauche. Il supposait que l'armée précédemment rassemblée à Widdin sous le commandement d'Osman pacha n'existait plus. C'est sur le flanc du quadrilatère, c'est sur le versant septentrional des Balkans, qu'il s'attendait à rencontrer la plus vive résistance. Son aile droite ne le préoccupait que médiocrement. On en a la preuve dans les retards apportés à la marche sur NicopoH. Il lui suffisait d'être éclairé au loin sur son flanc, pendant qu'il s'emparait de la ligne de la Jantra et préparait l'expédition destinée à reconnaître te terrain en avant du centre de l'armée, jusqu'au pied des Balkans. Des Bulgares fugitifs certifiaient, dès le

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