‹ La guerre sur le DanubeChapitre 93 sur 232 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

donné que n'indiquent même pas les cartes d'étatmajor, explorer de la vallée la Tundja et prendre à revers les débouchés des autres passes, notamment celui du col très praticable de Schipka. En même temps que le général Gourko, lancé au delà des Balkans, attaquerait par le sud la passe de Schipka, un détachement formé à Gabrova, petite ville dont on venait de s'empai'er sans combat, engagerait la lutte au nord par la route de Timova à Schipka. Le corps destiné à opérer cette utile diversion serait ostensiblement orga- 'nisé dès la mise en route du détachement Gourko, afin d'attirer l'attention de l'ennemi vers le front nord de la position. L'arrivée du viir corps permettait d'utiliser immédiatement un régiment d'infanterie pour cet objet.

Làgi-ande route de Tirnova à Kasanlik, par Gabrova et le col de Schipka, est le passage le plus commode et le plus fréquenté des Balkans. Elle traverse le bourg de Drenova, à 20 kilomètres de Tirnova, atteint un peu plus loin le point de bifurcation d'un chemin de montagne qui conduit par Travna à Haïnkieui et à Maglis, dans la vallée de la Tundja, en franchissant la chaîne, à 15 kilomètres àl'estde lapasse de Schipka et traverse la Jantra, à Gabrova même, après un nouveau parcours de 14 kilomètres. A partir de Gabrova, relié au nord-ouest à Selvi par une bonne route et, à l'est, au chemin de Travna par des sentiers praticables, la route s'élève à travers une contrée des plus pittoresques jusqu'au point culminant

du col situé à 16 kilomètres plus au sud. La descente sur le versant méridional est très rapide. On gagne, après une marche de 5 kilomètres, le village de Schipka, séparé lui-même par une distance double de la ville importante de Kasanlik. On compte communément trois journées de marche de Kasanlik à Philippopoli et six de Kasanlik à Andrinople.

Nous avons vu le passage de Schipka déjà muni d'ouvrages et défendu par un petit corps de territoriaux et d'Arabes que l'administration turque s'occupait alors de renforcer. C'était le point principal sur le- *

quel les généraux ottomans fixaient leurs regards,

convaincus que les détachements placés par eux à l'issue des passes de moindre importance, notamment de celle qui, venant d'Elena, débouche dans la vallée de la Tundja à Tvardica, suffiraient à arrêter les raids de cavalerie dont ils craignaient les entreprises. Les combats que l'armée du général Gourko a dû soutenir dans sa rapide campagne au delà des Balkans contre les groupes ottomans réunis à Tvardica, à Haïnkieui, à Maglis, prouvent que l'état-major turc avait pris ses dispositions. C'est à l'ignorance, à l'incurie, à la paresse des officiers subalternes chargés de surveiller les passes qu'il faut attribuer la perte d'une superbe ligne de défense. En effet, campés avec leurs détachements à la sortie des cols, ils ne prirent aucune des précautions en usage, ne firent pas éclairer au loin les défilés et se reposèrent sur les irréguliers qui battaient l'es-

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