‹ La guerre sur le DanubeChapitre 95 sur 232 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

posé du régiment cVOrel (n° 36), appartenant à la division Swiatopolsk-Mirski (viii' corps) et de cinq sotnias de cosaques avec dix pièces de canon. Le col de Schipka serait attaqué par le nord le 17 juillet. Le général Gourko espérait qu'à cette date il pourrait, après avoir passé le Balkan et remonté la vallée de la Tundja, se présenter devant le défilé sud de la passe et faire coïncider' son action avec celle de son lieutenant. Il convenait, en outre, afin de ne pas s'exposer à une surprise sur le (lanc gauche, de reconnaître à Test les routes d'Elena et de Bebrova. Un régiment de Cosaques sous les ordres du colonel Tchernozoubow, se chargea de cette mission, courut jusqu'au delà de Bebrova et rejoignit la colonne principale assez à temps pour opérer son passage derrière elle. L'attention de l'ennemi fut ainsi attirée sur la passe d'Elena à Tvardica, dont il renforça le débouché sud pendant que le mouvement des forces russes d'Aplakova à Haïnkieui était en pleine exécution.

La petite armée du général Gourko, moins l'arrièregarde, composée de deux bataillons bulgares et des hussards de Kiew, quitta le 12 juillet ses cantonnements de Tirnova et atteignit le même jour, après une étape de six lieues, Sredni-Kalib et Dojnova. Le détachement d'avant-gat de, dont les pionniers avaient travaillé jour et nuit avec le plus louable dévouement, à réparer et à désobstruer le chemin entre Parovici, où les réelles difficultés commençaient, et le point culmi-

nant du défilé, n'avait été surpris ou inquiété par aucun éclaireur ennemi et campait déjà sur les pentes du versant méridional, à quelque distance d'Haïnkieui, gardé par deux compagnies turques. La route, très praticable jusqu'à Parovici, avait été tant bien que mal remise en état, à partir de ce village. L'artillerie pouvait, avec l'aide de l'infanterie dans les mauvais endroits, atteindre le sommet de la passe. La descente offrait de bien plus grandes difficultés, par suite de l'étroîtesse du défilé, mais elles n'étaient pas insurmontables. L'aspect sauvage de cette «ewISS^ au sol tourmenté et couvert d'arbres au feuillage épais, les obstacles naturels accumulés sur les pentes, l'hon-eur même d'un site absolument désert avaient fait supposer aux Turcs que rien ne serait tenté de ce côté. Le faible détachement d'Haïnkieui, relié aux bataillons campés à Tvardica, se croyait en pleine sécurité.

Le général Gourko avait su communiquer aux officiers placés sous ses ordres le feu sacré dont il était animé, et exciter chez ses soldats une ardeur extraordinaire. Il tenait son armée dans la main. Prompt à concevoir une entreprise, hardi jusqu'à la témérité, aimé de ses subordonnés, sûr de n'être point arrêté par des obstacles secondaires, résolu à tout, le chef de l'armée d'avant-garde était bien l'homme qu'il fallait pour une telle entreprise. L'enthousiasme des troupes appelées à franchir les Balkans était en outre augmenté par la présence au milieu d'elles de deux princes de la

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