‹ La guerre sur le DanubeChapitre 97 sur 232 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

en fuite par la cavalerie du général Rauch. Les Ottomans engagèrent, dans le plus grand désordre, une fusillade assez noume. Elle ne coûta que cinq hommes aux Russes. Les Balkans étaient franchis. Le commandant turc pamnt à rallier son monde pour le mettre en retraite par la route de Slivno. Le manque de cavalerie ne permit pas de le poursuivre. Dès que le grand-duc Nicolas de Leuchtenberg eut occupé Haïnkieui et pendant que la colonne continuait à déboucher, il dirigea de la cavalerie sur Yeni-Mahalé et Esekci, villages sur la Tundja, que les Cosaques furent obligés d'enlever de vive force pour en chasser les habitants insurgés. L'infanterie s'était portée au nord sur Konaro, dans la direction de Tvardica. Ce dernier point est, comme nous l'avons vu, le débouché du défilé d'Elena. Les Turcs le surveillaient avec quelque soin. Les deux compagnies, battues à Haïnkieui, avaient en partie rejoint le gros, près de Tvardica. Ces forces, environ trois bataillons avec quelques cavaliers, vinrent attaquer le 4- bataillon de chasseurs, à Konaro, mais durent peu après se mettre en retraite à l'arrivée des renforts envoyés par le général Gourko. Celui-ci lança de solides détachements de Cosaques le même jour, dans un rayon de dix kilomètres de Haïnkieui.

Le lendemain, 15 juillet, le commandant en chef, qui ne pouvait se mettre en route sur Kasanlik avant d'avoir plus complètement défait le détachement turc

de Tvardica, retourné sur ses positions, envoya dans cette dii'ection deux escadrons du régiment de Cosaques (n° 26). Ceux-ci rencontrèrent les bataillons ennemis sur les bords de la Tvardiska, bien établis et en nombre. Les Turcs comptaient, en effet, trois tabors et autant d'escadrons avec une demi-batterie de pièces de montagne. Après avoir subi une terrible fusillade, la cavalerie russe se replia assez précipitamment, suivie par l'ennemi, jusqu'à Oresaro. Quand les Russes eurent été renforcés par l'arrivée du 9« régiment de dragons et de deux autres escadrons de Cosaques avec une batterie, ils reprirent l'offensive. Les Turcs, battus, s'enfuirent après avoir perdu un drapeau et la moitié de leur convoi. Deux autres reconnaissances s'étaient portées, le même jour, l'une vers Yeni-Zagra, en franchissant la petite chaîne de l'arrière-Balkan, l'autre dans la direction de Kasanlik. La première avait mission de détruire le chemin de fer et le télégraphe; mais elle ne put qu'imparfaitement remplir cet objet et se replia près d'Yeni- Zagra, devant un millier de fantassins. Le seconde eut un engagement heureux sur la route de Kasanlik.

Le général en chef, quoique menacé de retours offensifs des fractions constituées que ses reconnaissances venaient de combattre à l'est de sa position d'Haïnkieui, ne pouvait oublier qu'il avait promis d'attaquer, le 17, le débouché sud de la passe de Schipka, pendant que le général Derojinsky se présen-

Page 1