CHAPITRE X
terait, venant de Gabi-ova, contre le débouché nord. 11 lui restait la journée du 16 pour atteindre Kasanlik. C'était une forte étape de trente-cinq kilomètres en pays ennemi et par une chaleur excessive. Le 16 juillet, au matin, Tarmée se mit en route vers Touest. Elle comptait six bataillons et demi d'infanterie, quatorze escadi'ons et demi de cavalerie et seize pièces d'artillerie. Le général Gourko laissait à Haïnkieui, avec ordre de rejoindre le gros quarante-huit heures plus tard, quatre bataillons, six escadrons et quatorze pièces, sous les ordres du général Stolietoff.
- La colonne de gauche, composée de toute la cavalerie, commandée par le grand-duc Nicolas de Leuchtenberg, et précédée d'une avant-garde de quatre escadrons et demi avec deux pièces sous les ordres du prince Eugène, s'avançait le long dé la rive gauche de la Tundja, tandis que l'infanterie suivait la route directe au pied des montagnes. On s'aperçut, au bout de quelques kilomètres, que l'armée ne pourrait fournir une bien longue étape. En effet, toute la population musulmane des nombreux villages de la plaine était en armes. La vallée de la Tundja, fameuse par sa fertilité et ses champs plantés de rosiers de Damas, n'a qu'une largeur moyenne de sept à huit kilomètres entre les chaînes du Balkan et de Tarrière-Balkan.
Elle est coupée par un grand nombre de cours d'eau affluents de la Tundja. Des sentiers d'un assez difficile accès garaissent les flancs des montagnes et permet-
tent à des tirailleurs de se mettre promptement à Fabri des poursuites. Dans la vallée, les villages sont entourés de jardins, de bosquets et de clôtures. On escarmouchait incessamment sur le flanc de colonne, et les cavaliers russes avaient à déloger de petits groupes d'ennemis habiles à profiter de tous les obstacles du ten*ain. Les femmes et les enfants des musulmans s'enfuyaient en troupes pressées dans la direction d'Eski-Zagra.
L'infanterie, formant la colonne de droite, n'avait pas parcouru dix kilomètres quand elle rencontra les Turcs en forces sur la lisière d'un bois à l'est du village d'Ufflani. Cinq bataillons s'étaient postés en cet endroit, tournés d'avance par la cavalerie de Leuchtenberg dans la direction de Kasanlik, mais ayant quelques sentiers de montagne couverts par des vignes pour ligne de retraite. Un combat très sérieux s'engagea entre l'infanterie russe et les Turcs, pendant que la cavalerie opérait un mouvement tournant et que l'artillerie faisait converger ses feux sur . le village. Les Turcs, après une résistance acharnée, se jetèrent sur le versant de la montagne, d'où ils continuèrent à tirer sur les Russes. On leur envoya des volées de mitraille pour les déloger. La poursuite était à peu près impossible, et l'infanterie russe, fatiguée, dut s'arrêter à Ufllani, pendant que la cavalerie continuait sa marche jusqu'au bourg de Maglis, situé à dix kilomètres plus loin. Les pertes des Russes, pour la jour-