LA VIEILLE DAME
— Oh l madame l... protesta celle-ci, étonnée et pensant : « Est-ce qu'elle aimerait moins son fils que moi mon neveu? »
Ils arrivèrent six jours après, un peu avant midi, le commandant, sa femme et le neveu. La vieille dame les reçut sans marques d'un enthousiasme excessif. Elle dit au neveu et à son fils, avec un petit rire sec :
— Allons I pour des blessés, vous n'avez pas trop mauvaise mine. En attendant, toi, Joseph (c'étaitlenomduneveu), tuvas déjeuner avec nous.
— Oh I Madame !... dit M^i^ Gertrude stupéfaite.
— C'est à lui que je dois la vie ! fit le commandant.
— Et tu vas prendre ceci et n'en plus parler, dit la vieille dame qui glissa dans la main du neveu un billet de mille francs.
Mais Joseph, âme simple, ne put se retenir de déplier le billet. Sa tante le vit. Ame non moins simple, suffoquée par l'importance du cadeau, bouleversée d'avoir naguère cru Madame insensible, promenant ses regards de son neveu à Madame, de Madame au commandant, ne sachant comment exprimer avec délicatesse sa reconnaissance, elle répéta d'abord :
— Oh ! Madame I...
Puis, ayant fini par trouver, elle ajouta :
— C'est trop I C'est beaucoup trop 1 Ça no vaut pas mille francs !