‹ La guerre sur le hameauChapitre 7 sur 46 · LES DEUX AMIS · texte numérisé non relu

LES DEUX AMIS

Tous les compartiments étant bondés, le hasard les réunit au fond du couloir, entre les deux portes.

— Alors, où est-ce que tu vas, vieux? dit Hautecœur.

— A Montargis, répondit Péricouche.

— A Montargis l s'exclama Tautre. Ça, par exemple I... Moi aussi, j'y vais 1

Le train n'avait pas quitté Perrache qu'ils étaient devenus les meilleurs amis du monde. Quand démarra la locomotive :

— Adieu, Lyon l cria Péricouche, tandis que d'un bout à l'autre du wagon des soldats de toutes armes poussaient des cris dont l'ensemble formait une rumeur confuse.

Le visage de Péricouche était resplendissant de joie.

— Adieu, Lyon l cria Péricouche.

Dans la poche de sa capote, il prit blague et pipr <^t offrit du tabac à Hautecœur.

— Quel dommage, dit celui-ci, qu'on ne se soit pas connus à Lyon !

Ils avaient été soignés dans des hôpitaux différents. Péricouche allait passer à Montargis, son pays, un mois de convalescence; Hautecœur y rejoignait le dépôt de son régiment qui y avait été transféré lors deTinvasion. Originaire des Ardennes, il ignorait ce qu'étaient devenus et ses parents et leur maison.

— Ainsi, disait-il, tu penses bien que c'était midi sonné pour que j'aille en permission chez nous. Je pouvais aller dans im dépôt de convalescents ; j'ai demandé à rejoindre mon régiment.

Soldat de l'active, c'était un petit gars blond, alerte et trapu.

Tous les deux se tenaient debout devant la grande vitre, indifférents au paysage que d'ailleurs cachait la nuit noire. Il y avait dans la campagne quelques lueurs, mais si lointaines qu'on n'aurait su dire si c'étaient des ét^^iles à l'horizon ou des chandelles dans les fermes.

— Et quand est-ce qu'on arrivera ? demanda Hautecœur. Pas avant demain soir, je pense?

— Pas avant demain soir! s'exclama Péricouche, stupéfait.

Hautecœur avoua qu'avant la guerre il n'était jamais sorti de son département.

— On y sera demain matin sur les quatre heures, et pas plus tard 1 affirma Péricouche.

Et il lui détailla les beautés de sa ville natale, depuis

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