L ÉTAT-MAJOR £T LE HAUT COMMANDEMENT
Le rôle d'un général en chef commandant un front de 900 kilomètres devrait être celui d un inspecteur constamment en mouvement. Une activité incessante, un contrôle direct, un contact de tous les jours avec les exécutants, chefs de bataillon, colonels, généraux de première ligne, permettraient seuls une unité de direction parmi les troupes et une économie des hommes.
Or, le général Jolfre n'a que de loin parcouru son front. Il est venu à Verdun fin avril, pour la première fois après 9 mois de guerre. En Argonne, où 3o.ooo hommes étaient tombés à la date de janvier, il n'était pas encore venu voir ni les généraux, ni. les troupes. La bataille de Champagne se déroule lui absent, celle de Woëvre aussi!
Nous manquons de commandement.
Après que les fronts ont été cristallisés, on a peu à peu fait du Général en Chef, non pas un Chef de guerre, mais un ministre du territoire appelé zone des armées {!).
(1) A la suite de ce rapport, le colonel Driant prit la parole et prononça les paroles rapportées plus haut dans la préface.
La Commission de l'Armée m'envoya me rendre compte des lacunes signalées par le célèbre colonel, mais « ni comme député, ni comme officier » je ne pus me renseigner sur le terram ; le contrôle parlementaire n'était pas encore institué.
6 mars 1916.
EXTRAITS DU RAPPORT
RKSENTÉ PAR AbEL FeRRY A LA SoUS-COMMlSSION DES
Armements du Budget et de l'Armée
Sur l'organisation
de notre réseau ferré et routier
dans la zone des armées