‹ La guerre vue d'en bas et d'en hautChapitre 15 sur 94 · VOIES FERRÉES NORMALES · texte numérisé non relu

VOIES FERRÉES NORMALES

e colonel Gassouin a déclaré que le G. Q. G. n'avai* créé de voies normales dans la zone des armées I avait doublé aucune : quelques raccordements, gares de triage, un tronçon de ligne pour l'atle de Champagne de septembre 1916, le doublement la voie de Saint-Pol à Amiens, tels sont les seuls 'aux qui ont été exécutés dans la zone des armées, r, les Allemands ont doublé de nombreuses voies maies et en ont créé de nouvelles, oici, au surplus, un passage de l'audition du colonel

;souin (1) :

[. Ferry. — En somme, vous doublez quelles lignes?

Audition de janvier 1916, un mois avant l'attaque alle-

de sur Verdun. . „

Colonel Gassouin. — Celle seulement, je crois Saint-Pol à Amiens.

M. Ferry. — Et aucune du côté de Verdun?

Colonel Gassouin. — Non, depuis le début, e n'avons pas doublé de lignes.

M. Ferry. — Avez-vous pu dresser une carte dédoublements faits par les Allemands ?

Colonel Gassouin. — Je ne connais ces dédou ments que par des indiscrétions.

Il est regrettable que le Gouvernement, ou ] exactement /e G. Q. G., n'ait pas consenti k nous doi la carte des voies ferrées faites en pays envahis pai Allemands : elle eiit été (d'après ce que nous en savi pour notre part, des indiscrétions, pour employé formule du colonel Gassouin), la plus affligeante pn du manque d'imagination du G. Q. G.

De cette inaction, le colonel Gassouin n'a de qu'une raison: le manque de main-d'œuvre.

Si l'on songe que pendant des mois nos dépôts regorgé d'hommes inutilisés, on ne peut que regre que le G. Q. G. n'ait pas cru devoir les demander p créer des voies nouvelles.

Aujourd'hui Verdun nous offre la triste illustra de cet état de choses.

TABLEAU COMPARATIF DES VOIES FERRÉES ALLEMANI ET FRANÇAISES DEVANT VERDUN

Nous nous permettons de dresser le tableau coir ratif des voies ferrées allemandes organisées pour velopper Verdun par le rail.

Voies ferrées allemandes . — Voici la liste des lig allemandes qui enveloppent le saillant de Verdun la trouée de Saint-Mihiel à la limite orientale des v de l'Argon ne :

Voies de rocade existant avant la guerre :

1° Arnaville-Conflans-Baroncourt-Longnyon-Mont-

lédy. „ . 1 •

Voies de rocade normales faites par l ennemi depuis

i guerre:

2" Le très important réseau du Luxembourg el au

.uxembourg belge ;

3" Garignan. Meix-devant-Virton, Montmédy, btenay serait peut-être une voie de o m. 60) ;

4» Baroncourt-Damvillers-Brandeville ;

5" Poix-Buzancy ;

6° Améliorations et raccord de la ligne Mézières-be-

lan; 7° Raccord Horaécourt-Jœuf ; 8" Raccord Conflans ; Lignes de pénétration, perpendiculaires à notre Jront,

existant avant la guerre :

9° Conflans-Étain ;

10° Stenay-Dun-sur-Meuse ;

11° Challeranges-Apremont.

Lignes de pénétration, perpendiculaires à notre front, faites par l'ennemi depuis la guerre ;

12° Chambley-Hattonchâtel et Thiaucourt-Hatton-

châtel ;

i3° Brieulle-sur-Meuse-Nantillois-Montfaucon ;

14° Chemins de fer de campagne vers : Jouville-Vœl, Azannes, Dun-sur-Meuse-Cierges, Stenay-Grand-Pré, Stenay-Buzancy, etc.

Conclusion : Les Allemands ont enveloppé le saillant de Verdun par le rail de lU voies, dont iO nouvelles. Nous allons voir que pour notre part nous n avons suqu utiliser un tramway.

Tramway meusien. — Voici au surplus quelques citations du colonel Gassouin parlant au nom du Ministère de la Guerre, qui, dans cette affaire comm

dans beaucoup d'autres, n'est qu'un Ministère inler posé entre Chantilly et la représentation nationale :

M. DE MoNTAiGu. — Quelle est la distance entre Verdun et Revigny?

Colonel Gassouin. — De 5o à 55 kilomètres. On a préféré utiliser ce qu'on avait plutôt que de recourir à la voie normale.

M. Gaston Dumesnil. — ■ Aurait-on pu transformer le réseau de la Meuse en voies normales?

Colonel Gassouin. — Il aurait fallu tout changer : plates-formes, traverses, sans compter les travaux d'art...

En conclusion, le G. Q. G. s'est contenté d'aménager sur le Meusien une douzaine de gares et 9 évitements nouveaux et de construire un embranchement : Lemmes Dugny, de façon à ravitailler un ou deux Corps d'Armée dans la vallée de la Meuse, sans transbordement à Verdun.

Déviation d'Aubreville.

Restait la ligne Sainte-Menehould- Verdun; elle esta Aubreville sous le canon de l'ennemi. On s'est contenté de faire un raccord à voie de o m. 60, qui peut transporter 3oo tonnes et ravitailler un Corps d'Armée.

Voici les raisons qu'a données le colonel Gassouin pour ne pas créer une déviation à voie normale de Dombasle à Sainte-Menehould :

— Le tracé aurait demandé plusieurs mois de travail, pour un résultat douteux, car il y avait un point qui n'était pas à l'abri du bombardement aux Islettes. On s'est contenté de faire un raccordement à voie de o m. 60. Il n'a jamais servi; on a toujours réussi à ravitailler Verdun, tant par voie normale, en passant la nuit, que par la ligne du Meusien. La voie normale peut toujours être utilisée la nuit. De nuit, on a transporté par les deux voies à la fois toute une division. C'était un vé-

ORGANISATION t)U FRONT <5

le tour de force. On peut donc utiliser la voie à . Mais rien ne s'opposerait à utiliser le réseau de luse. Le jour, il tombe des projectiles de temps en s, mais les réparations n'ont jamais été longues.

avons employé des locomotives sans fumée de la

de Sceaux.

Ferry. — Et les mouvements de troupes.

LONEL Gassouin. — Nous Ics ferions en doublant ains. Si une déviation avait été plus facilement réale avec un meilleur tracé, nous l'aurions faite. La ulté se sont les pentes énormes, c'est pourquoi a renoncé.

DE MoNTAiGu. — Vous estiuiez que Verdun est à

de la pénurie de matériel?

LONEL Gassouin. — Complètement (i).

aclusion : Par le Meusien on estimait pouvoir ravir environ 4 Corps d'Armée, par la voie d'Aubreenviron un Corps d'Armée ; était-ce suffisant ? Ilommissions du Budget et des Armements ne le 3nt pas; elles signalèrent en vain cette situation au ^ernement.

ndant la bataille de Verdun : i" la voie d'Aubreville, mrement aux prévisions précitées, a été inutilisable ;

Meusien a donné 2.000 tonnes, c'est-à-dire le maxii de ce qu'on pouvait attendre de sa capacité de trans- : ce trafic représente 150.000 obus de 75. ', il est évident que pendant chacune des journées aque, nous avons dépensé plusieurs fois ce chiffre lunitions.

i bataille a donc été nourrie : 1° avec les réserves de itions accumulées dans la région de Verdun; 2« avec lections d'automobiles d'armées et avec la réserve raie automobile du G. Q. G.

Audition de janvier 1916, un mois avant que les AUeis ne fassert par le canon la démonstration du con-

Il faut dire que la route Rerigny- Verdun avai portée à 8 mètres de largeur; cest par ces mo routiers que le G. Q. G. pensait pouvoir supph l'insuffisance du réseau ferré. Mais dans quel état se nos routes après 2, 3 ou 4 semaines de ce trafic inte

Voici que l'on travaille avec acharnement, pen que se poursuit l'offensive allemande à Verdun, à n fier le Meusien.

La formidable offensive allemande a montré q comme toujours, depuis le début de la guerre, i Grand h tat- Major avait manqué d'imagination.

Si les Allemands déplaçaient brusquement leur ] d'attaque, comment se ferait le dégorgement des c et du matériel accumulés à Verdun ? Ne pourraier nous gagner de vitesse ? C'est une question que ne sommes pas à même de résoudre, mais que noi pouvons nous poser sans angoisse (1).

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