CHEMINS DE FER DE CAMPAGNE
Si l'on compare les chemins de fer de campagne mands et les chemins de fer de campagne français constate que les Allemands ont une doctrine, un sonnel, un matériel et que les Français n'ont ni trine, ni personnel, ni matériel.
Le règlement allemand (2) sur les « étapes de gu
(1) Le colonel Gassouin ne semble pas avoir les m< inquiétudes. 11 serait presque disposé à avancer que, gn nos 3 lignes de rocade qui enveloppent notre front actuel, pourrions transporter nos corps d'armée de Verdun à la rt de Saint-Pol, par exemple, plus rapidement que ne pourr; faire l'ennemi par ses lignes intérieures.
(2) Règlement allemand. — « Art. 82. — Les chemins de U campagne, au cours d'une campagne, sont un puissant moy» transport surtout en pays ennemi ; alors même que le terrair sente de très grands obstacles, ils permettent de transporte
mai 1902 » comportait une série d'articles relatifs hemiiis de fer de campagne. Ils étaient minutieux itiques et ils instituaient un personnel, des cadres, tiiérarchie. La doctrine allemande concevait le in de fer de campagne comme devant accomiv l'armée en marche.
n pourrait, dit Bernhardi, atteindre i5 kilomètres nstruction de voies et même plus par jour; il faut rcer d'avancer la construction aussi vite que ée. En comptant une interruption quotidienne de 3e de 8 heures, on peut chaque jour faire marcher uns avec un rendement moyen de 55o à 600 tonnes )ur, le rendement peut même être accru. » ûT matériel était formidable ; dans leur emprunt 9i3 les Allemands avaient inscrit i3 millions
accroître leur matériel de voies de o m. 60. mce. — Les voies de campagne sont d'invention ilsë: Le général Galliffet, en 1892, avait écrit dans ipport officiel que la construction d'une partie au s de ces équipages de chemins de fer, faite dès le s de paix, était aussi nécessaire que celle des ca- , des affûts, des caissons et des voitures de toutes is(i).
ges considérables, beaucoup plus vite qu'on ne pourrait le avec des voitures attelées marchant sur de bonnes routes. RT. 86. — Pour la poussée en avant des magasins, sont îulièrement propres les chemins de fer de campagne et >ies fluviales. Là où manquent ces deux moyens de transit faut se servir des parcs de transport d'étapes, ainsi que lachines routières et des automobiles existantes. RT. 101. — Pour le transport en avant des munitions, etc., is le point terminus du chemin de fer jusqu'aux dépôts de tions ou établissements de réception des colonnes de tions de Corps d'Armée, les chemins de fer de campagne e pénétration et les voies fluviales sont particulièrement iables.- Là où de pareils moyens de transport n'existent on se sert des colonnes de munitions d'étapes, tout en ;ant les machines routières et les automobiles. » La possibilité de faire venir par le chemin de fer à voie de
Or, 6 mois avant la g-uerre, la doctrine officiell Grand Etat-Major ne reconnaissait pas les chemin fer de campagne comme devant servir à accompa; les armées en campagne. Nous n'avions que quel matériels de voie de o m. 60 pour la défense de places fortes.
Le règlement sur l'organisation générale des ser de Varrière aux armées, du 8 décembre 1913, ce dire fait un semestre avant la guerre par ceux qui dei\ la conduire, ne portait même pas trace des chemins 0 de campagne !
Un an après la guerre et 9 mois après les premi commandes de matériel, la nouvelle édition du rè ment sur le service de l'arrière ne mentionnait m pas l'existence du chemin de fer de campagne.
N'ayant ni doctrine, ni matériel, nous n'avions n rellement ni cadre, ni personnel.
La voiede om. 60 était àce point inconnue de l'an qu'unchef d'E.-M. de Corps d'Armée breveté et très tingué, aprèsunan de campagne, ignoraitque cette pût porter de grosses pièces. Nous avons d'ailleurs ( staté, M. Mignot-Bozerian et moi-même, dans notn site au dépôt de voies de o m. 60 de Chartres, un fait tendrait à prouver qu'on ne s'est jamais servi de voie o m. 60 pour mobiliser nos plus lourdes pièces. Il es en effet en magasin, à Chartres, des plates-formes mettant de réunir des wagons entre eux, afin de leur f porter un poids indivisible de 48 à 60 tonnes; des tr ainsi constitués peuvent transporter nos plus lom pièces d'artillerie. Or, aucune de ces plates-formes
0 m. 60 tout ce qui est nécessaire pour le service de l'a! avecsuretéet dans un délai de quelques heures, mêmeaux grandes distances à prévoir, permet d'augmenter le confort des hommes tout en allégeant les convois de toutes se trames à la suite des armées (Galliffet. Rapport du 3 tobre 1892). ^^
? demandée au Jront. Il semble que l'on n'ait jamais ngé à utiliser les voies de o m. 60 pour le transport s pièces lourdes de plus de 24 tounes. Peut-on trouver dans ce fait une des raisons qui ont ndu notre artillerie lourde moins mobilisable que irtillerie lourde allemande, ainsi que nous venons d'en
ire la triste expérience à Verdun?
Il y a d'ailleurs entre l'École d'instruction et le front le absolue séparation. L'école ignore les enseigneents de la guerre en ce qui concerne les voies de om. 60 elle ne peut suivre au front l'application des méthodes exploitation et de construction qu'elle a enseignées. En conclusion : Rien n'avait été fait avant la guerre mr préparer le personnel des chemins dejer de campagne peu de chose a été fait depuis la guerre pour réparer tte lacune.
CONCLUSIONS GENERALES
La Sous-Commission des Armements décide à l'unani-
lité :
Questions. — 1" Demande au Gouvernement le plan -essé par le 2^ bureau du G. Q. G. des voies ferrées Drmales de o m. 60 et de o m. 4o, faites par les AUeands soit en Belgique, soit dans le Luxembourg, soit 1 pays français envahi;
2° Demande si l'on peut affirmer avec certitude que is Allemands n'ont pas de trains équipés en freins jntinus et sur quels parcours ?
Regrets. — i^' La Sous-Commission des Armements ïgrette que rien n'ait été fait pour préparer le personel et la doctrine d'emploi des chemins de fer de caraagne avant la guerre et que trop peu de chose ait été lit depuis la guerre, pour réparer cette lacune; 2° Elle attire l'attention du Gouvernement sur le édiocre rendement de l'École de Jouy-en-Josas;
3° Elle regreite que l'on n'ait songé à commander cj locotracteurs silencieux qu'après 18 mois de gueri
4'' Elle demande au Gouvernement s'il considère q l'on ait eu raison de se contenter, pour la défense Verdun, d'un tramway, alors que les Allemands établ saient et utilisaient, pour l'attaque, i4 lignes;
5° Elle demande au Ministre de la Guerre, en ce q concerne le matériel des voies ferrées de toute natui d'établir un plan de commandes répondant enfin à u doctrine stratégique d'ensemble.
Paris, le 6 octobre 1016.
EXTRAITS DU RAPPORT
Présenté par MM. Abel Ferry et Albert Favre
Sur rorganisation du front croies normales et voies de 0 m. 60)
PRÉAMBULE
La Commission de l'Armée présente aujourd'hui au KivernemenL deux idées à conclusions pratiques. La première, qui a été mise en lumière dans trois pports aussi précis que nets, de notre collègue M. Tareu, se résume ainsi :
Avoir les munitions, avoir les canons nécessaires Mir une attaque sur un front de loo kilomètres. Mais attaquer sur un front de lOo kilomètres ne sufpas. Il faut pouvoir faire des transports d'attaque et indre la surprise à la préparation.
C'est le second but que nous poursuivons. C'est d'ailleurs, depuis près d'une année, la thèse de Commission de l'Armée.