VOIES DE ROCADE AUTOUR DU FRONT
Dans notre premier rapport du 7 décembre igiS nous nous étions préoccupés de connaître les mesure prises pour transporter parallèlement au front : le troupes, le matériel, et surtout les nouvelles et formi dables masses de munitions nécessaires aux combat modernes.
L'ennemi détient la plus riche partie de notre réseai du Nord; ce réseau lui offre des facilités de transpor en lignes intérieures, qu'il a encore améliorées.
Quant à l'armée française, elle possède quatre ligne de rocade qui courent parallèlement à nos tranchées sur chacune de ces lignes passe un courant de trans port indépendant des trois autres.
Chacune de ces lignes à voie double peut assurer 1 transport de près d'une division par jour; c'est donc ei chiffres ronds 4 D- I- par jour que notre réseau peu débiter. De nombreuses lignes perpendiculaires à notr front permettent un regroupement assez aisé des unités
On sait l'emploi qu'a fait de ces quatre lignes de ro cade le 4® bureau du G. Q. G. pour la bataille de 1; Marne et pour ce qu'on a appelé la « course à la mer »
On nous a donné l'assurance que chaque fois qu'un unité était mise au repos, son enlèvement élait étudi et prévu de telle façon qu'il pût commencer de s'exé cuter six heures après Tordre de départ.
Lorsque les fronts se sont figés, le G. Q. G. s'es trouvé en présence d'un double problème : ^
Fallait-il créer de nouvelles lignes de rocade? '
Fallait-il se contenter d'améliorer le réseau existant
C'est cette deuxième solution qui prévalut.
Le G. Q. G. s'est contenté d'améliorer Toulil qu'il avai entre les mains. Le réseau de l'Est, militairement perfec tionné depuis 1870 par les travaux consécutifs à 17 plan
e concentration, était un bel instrument militaire; le éseau du Nord, un bel instrument commercial.
Les efforts du service de l'arrière tendirent à le gndre plus souple et plus maniable ; une quinzaine de lilliers de sapeurs y travaillèrent.
Que valent ces améliorations ?
La liste en a été donnée; elle comprend plus de
00 rubriques; ce sont pour la plupart des faisceaux e triage pour faciliter le fonctionnement des régularices, des moyens de débarquement, pour faciliter le ransport des troupes, des raccords pour éviter les reroussements, des garages pour loger les munitions, es appareils de signalisation, etc.
Le débit du réseau qui enveloppe nos lignes de comat s'est, de ce fait, considérablement accru.
Une évaluation précise du rendement de ces cenaines de travaux de détail est impossible à chiffrer; es innombrables mises au point de la machine ferrée arlent moins aux yeux que des traits sur la carte fiurant des lignes nouvelles ; il y aurait pourtant injusice à les ignorer ou à les dédaigner.
En fait, notre réseau, dans son état actuel, permet es concentrations plus soudaines que celles qui ont lé jusqu'ici exécutées pour chacune de nos attaques;
1 permet de nourrir abondamment Ja bataille en muniions. Noire réseau permet donc l^nanœuvre.
Mais où loger et transborder les formidables accumulations d'obus dues au travail de nos usines ?
Plusieurs dépôts ont été faits le long du front.
L'enquête que nous avons menée, avec M. Renaudel, [ans l'un de ces dépôts, a achevé de nous convaincre [ue le Haut Commandement pouvait à sa volonté faire glisser, parallèlement à son front, les millions d'obus [ue consomme une bataille moderne.
Historique de l'organisation du front d'après les