DATES DE TRAVAUX DE VOIES NORMALES ET DE VOIES
DE o m. 60.
Voies de 0 m. 60. — A l'égard des voies de om. 60, la pensée du G. Q. G. s'est marquée dans les dates successives des commandes de rails et de matériel roulant qui ont été faites. 11 faut remarquer que pendant la première année de la guerre de tranchée, les armées, mal renseignées sur les avantages que pouvaient leur procurer les voies de om. 60, et vivant dans l'attente perpétuelle de la guerre de mouvement, demandaient peu à la direction de l'arrière des chemins de fer de campagne. Celle-ci allait d'armée en armée, offrant ses voies de om. 60, un peu à la manière du commerçant qui cherche à placer sa marchandise. Pour arriver à la conception d'un champ de bataille complet, il a fallu douze mois.
Ces hésitations, dans la pensée du Commandement, se sont marquées dans les demandes de matériels.
Date d'organisation des terrains en voie de 0 m. 60. — Il nous a été remis, sur notre demande, un tableau des longueurs de voies de o m. 60 à traction mécanique posées dans les réseaux, à différentes époques.
La Commission nous permettra d'étudier devant elle le dit tableau parce qu'il décrit, par des chiffres, le zigzag de l'activité organisatrice de notre armée depuis le jour où s'est fixé le front.
^^!^."^i'^^Lg Pg^^Q^^- d'août 1914 au l*^*^ août 1915. — Durant cette année, un quart du réseau total des voies de o m. 60 actuellement sur le front a été posé. i
Mais, particularité pleine d'enseignements, tandis que le groupe des armées du Nord et la V® Armée ne rece vaient que 6 kilomètres de rails de voie de om.6o, le
ORGANISATION DU FBONT
este du front, de Reims à Belfort, en absorbait 794 kiomètres.
Pourquoi cette différence ?
Parce que dans cette partie du front se trouvaient 'n^lobées 4 places fortes, alors non déclassées : Verlun, Toul, Épinal. Belfort, plus la région Vosgienne m se posaient, par suite de la guerre de crêtes, d urrents problèmes de transport et de ravitaillement ' La Champagne, terrain de Toffensive du mois de ferrier et de mars 1916, pauvre en routes, n'en absorbait m'une centaine de kilomètres, soit la vuigt-quatrieme )artiedelatotalitédurailde voie deom.6o posé actuel-
ement sur le front. .
A cette époque la conception est nette : la voie de > m. 60 demeure un matériel de place forte.
On y emploie tous les stocks du temps de paix.
Les nécessités du terrain obligent seulement à établir un maigre réseau pour la première offensive de Champagne, février 1915. Ceux qui ont fait cette offensive, savent dans quelles conditions difficiles de ravitaillement elle s'est poursuivie.
La deuxième période s'ouvre au 1^^ août 1915 et se dot an'l^»- octobre 1915. C'esHâ deuxième ottensivede Champagne. — A l'exception d'u n reseau de 200 kilomètres posé entre la Meuse et les Vosges, c'est le terrain de l'offensive de Champagne qui absorbe durant cette époque le principal de notre réseau de voies de om. 60. Il y est posé 284 kilomètres de voies nouvelles qui s'ajoutent aux 100 kilomètres antérieurement posés; depuis cette date, le réseau de Champagne ne s'est d'ailleurs pour ainsi dire pas accru.
La Commission retiendra donc ceci : Première année : organisation des places fortes ; 5' trimestre, organisation de la seconde offensive de Champagne.
Cette dernière terminée, le G. Q. G. va-t-il se hâter de profiter des enseignements acquis? Va-t-il utiliser la main-d'œuvre libérée ? Nullement.
Du i^"" octobre 1915 au i*"*^ février 1916, on peut dire qu'il n'a rien été fait en voies de o m. 60. On se contente d'accroître ou de perfectionner le réseau existant, par l'établissement de 2 kilomètres dans la région de Belfort, de 28 kilomètres dans la région des Vosges, de 90 kilomètres en Argonne, de 5 kilomètres en Champagne, de 39 kilomètres dans la V^ Armée et de 77 kilomètres dans le groupe des armées du Nord.
Pour peindre par deux chiffres la différence d'activité de la deuxièmeàlatroisième période : ilestposé, dans les deux mois qui précèdent Vojfensive de Champagne, 655 kilomètres de voie de 0 m. 60 sur le front français, et pendant les quatre mois qui séparent le P' octobre du 1^" février ^ il n'en est posé que 2^1 kilomètres, soit trois Jois moins en deux Jois plus de temps.
L'activité organisatrice de Tarmée française est donc six fois moindre durant cette période.
Pourquoi ?
Ce n'est pas manque de matériel. Car d'après une lettre au G. Q. G. du 27 octobre :
" Au mois d'août 1915, au moment où une partie du matériel était mise en œuvre en Champagne f35o kilomètres sur le front d'attaque), il on restait encore 688 kilomètres au dépôt de Chartres. »
Pendant toute la période qui sépare la bataille de Champagne d'octobre 1916 du mois de février 1916, nous croyons pouvoir avancer que le G, 0. G. n'a pas demandé de plan d'attaque à ses Armées.^
Pourtant, dès la fin d'octobre, les résultats de l'offensive de Champagne étaient connus.
Pendant trois mois l'activité du Haut Commandement semble s'être quelque peu ralentie.
Nous croyons pouvoir affirmer que l'on n'a demandé aux Armées de présenter les plans d'attaque que pour la fin de janvier 1916.
Entre tous ces travaux, il n'a été retenu que celui de! la Somme, les autres sont rentrés dans les cartons. J
La 4" période du 1"-^ février 1916 au 1" août 1916. — 'ôus les moyens sont appliqués à i'olïensive de la lomme. Près de 889 kilomètres y sont employés. Le este du front est en sommeil. On n'organise aucun terain d'offensive. Une cinquantaine de kilomètres seulelent ont été posés sur tout le reste du front.
Du i^"" août au i5 octobre 1916, même constatation. .a plupart des moyens continuent à être appliqués au Toupe des armées du Nord, en sorte, et ceci est sug- •estif et montre l'importance qu'a eu la voie de om.6o ans la dernière offensive de la Somme, que tandis que iisqu'au mois de février dernier le groupe d'armées du îord dans sa totalité n'avait reçu qu'une centaine de ilomètres de voies de om.60, depuis le r' février derlier il en reçoit près de 5oo kilomètres.
Nous nous sommes attardés à l'étude minutieuse de ;e tableau parce que mieux qu'aucun autre, il fait resortir, pour chaque offensive du G. Q. G-, le système le son activité organisatrice.
Étrange somnolence où retombe notre organisation lu terrain après chaque affaire !
Ce sont des à-coups successifs ; deux, trois mois de ravail intense, trois, quatre mois de stagnation.
Que font pendant ce temps les 40.000 hommes chiffre minimum) qui devraient être au moins en per- Qanence à la disposition de la D. C. F. (1) ?
Deux mille quatre cent trente-cinq kilomètres ont ité posés sur le front. Près d'un quart a été employé [ans la région des places fortes; moins d'un quart )0ur l'offensive de Champagne; près d'un quart pour 'offensive de la Somme. Le dernier quart a été disribué entre les armées pour leur commodité ; la /I« Armée, par exemple, qui n'a jamais été un terrain l'offensive, n'a que 1 25 kilomètres de posés.
Ces chiffres dessinent, pour ainsi dire, le graphique
(1) Direction des chemins de fer.
as LA GUERHE VUE D'EN BKS ET D EN HAUT
des périodes d'activité, des périodes d'arrêt dai Torganisation de notre front. Nous aurions voulu qu l'effort soit plus soutenu et plus continu.