PRÉVISIONS ET PLAN5 DU G. Q. G
e relève dans une lettre du G. 0. G. les phrases suites, sur lesquelles, après le beau rapport de
Tardieu sur rartillerie lourde et après ses cousions connexes aux nôtres, nous attirons Tattention la Commission. Voici ce que dit cette lettre du )ctobre :
Pour les travaux en projet dont l'ordre d'urgence établi par le Commandement, un important matériel inécessaire. Le programme d'A. L. G. P.(i) dont les des sont achevées sur les différentes parties du front, flporterait 2.35 kilomètres de voies. Mais sur certains nts, il sera possible de récupérer le matériel posé ir ce service.
Les voies nouvelles prévues, les améliorations aux es existantes, nécessiteront un matériel à peu près livalent. »
îtudions cette note. Les renseignements qu'on en it déduire recoupent ceux dont nous ne pouvons pas 'e état ici ; on ne songe pas à organiser, pour Van- ' 1917, plus d'un ou deux champs de bataille au maxim. Et cependant des études ont été demandées aux [nées. Elles sont dans les cartons. Elles permettraient, n que sur le front français, de faire cinq ou six imps de bataille.
Le champ de bataille de la Somme a demandé envi- 1 100 kilomètres de voies d'A. L. G. P. Le nouveau programme ne comporte que 235 kiloïtres de voies nouvelles. Il ne sera donc question que créer à nouveau deux champs de bataille de 25 kiloitres chacun, peut-être même un seul.
Les voies nouvelles prévues, les améliorations aux ies existantes, ne nécessiteraient que 200 kilomètres,
1) Artillerie lourde à grande puissance.
nous dit-on. C'est à peu près ce qu'il a fallu l'offensive de la Somme. C'est à peu près le doub^ ce qu'il a fallu pour la première olïensive de CI pagne.
La preuve semble écrite : on Jera à nouveau Vannée 1911 une oj^ensive partielle générale.
Elle donnera des résultats tactiques, mais non stratégiques (i).
Est-ce pour des raisons de matériel que le G. ( tend vers un effort aussi réduit? Pas absolument.
Le G. Q. G. possède 608 kilomètres de voies maies en stock ; les livraisons de la dernière < mande de 800 kilomètres commencent à lui arriver réseaux ont leur matériel propre. Les disponibilité voies normales sont donc suffisantes.
Ence qui concerne le matériel de voies deom.6o, : avons montré qu'en voies de om.6o, il reste au G. Ç environ 600 wagons et plates-formes et 12 locomot
Un front de bataille de 20 kilomètres de long e: rait une concentration de 800 wagons et de 100 1 motives.
Actuellement, toutes les disponibilités de l'armi l'exception des 600 wagons dont je parlais plus V sont absorbées par le champ de bataille unique c Somme.
Nous manquons donc de matériel roulant.
Sur tout le front, il a été fait des voies de o m suffisantes pour la défensive, elles constituent, sau certains secteurs tels que la Champagne ou la Son de trop maigres ressources pour suffire à une o sive.
11 faudrait donc les renforcer. Si le Sous-Secréù livre fTici mars prochain les 2.000 kilomètres de promis, l'aménagement des cinq oa six champs débat prévus pourrait peut-être être exécuté.
(1) Voir le rapport d'Abel Ferry sur l'ofTensive du 16 avril :
3 nest pas par manque de matériel que le Haut imandement renonce à l'organisation offensive de son front, cest faute de main-d'œuvre.
éjà la direction de l'arrière obtient à grand' peine effectifs de travailleurs qui lui sont nécessaires pour >mplir le programme, pourtant réduit, qui lui est
)osé.
es maintenant la direction des chemins de fer de
ière fixe à 24 bataillons de 800 travailleurs effectifs
biffre des hommes nécessaires à Tachèvement des
aux neufs ordinairement en cours.
ans quelle proportion ce chiffre ne croîtrait-il pas
)us les plans d'organisation des champs de bataille
posés par les Armées étaient réalisés?
a direction des chemins de fer du G. Q. G. fixe à
)o travailleurs effectifs le noyau des spécialistes et
auxihaires actuellement nécessaires à Tentretien installations militaires de la voie normale. \n ce qui concerne la voie de o m 60, la direction des mins de fer du G. Q. G. fixe à près de 10.000 homî, le chiffre des travailleurs effectifs nécessaires à tretienetaux travaux neufs de la voie de o m 60, soit
effectif égal à celui des unités de construction aellement existantes.
L cet égard, nous croyons savoir que des conférences
actuellement lieu au G. O. G.
ÎUes n'ont pas encore abouti; mais on peut prévoir î demande d'accroissement de 20 à 27 compagnies de ►eurs de chemins de fer de campagne.
In résumé, en plus des compagnies de sapeurs de ;mins de fer de campagne, dont la formation est nsagée, la direction des chemins de fer estime 'il lui est nécessaire de disposer, d'une façon permente, de plus de 3o.ooo travailleurs auxiliaires ïllement utilisables, soit un effectif total de 40.000
mmes.
Or ces desiderata ne sont formulés qu'en prévision
9i LA GUERRE VUE d'en BAS ET D*EN HAUT
du plan réduit que nous avons exposé plus haut : ui deux champs de bataille à organiser.
Nous n'avons parlé que de la main-d'œuvre nécess aux chemins de fer. Il nous faudra, dans un procl rapport, chiffrer la main-d'œuvre nécessaire aux rou aux téléphones, à l'aménagement du terrain : boy£ abris, positions de batteries. Elle est considérable,
Pour lorganisation totale de notre front, c'est p être plusieurs centaines de milliers de travailleurs r veaux qu'il nous faut.
Cette constatation appelle une conclusion.
Si en outre des 4o.ooo travailleurs nécessaires à chemins de fer, il nous faut, pour les prochaines of sives prévues, quand notre matériel d'artillerie lou sera achevé, loo.ooo, 200.000 travailleurs de p ne pouvons-nous pas, en dehors de la main-d'œuvre sonnière, faire appel, non pas aux troupes coml tantes, mais aux régiments de travailleurs alliés (itali ou portugais, par exemple)?
Si nous avons besoin de leur main-d'œuvre, il f que les Alliés nous la donnent, ou bien l'unité de fr n'est qu'un vain mot (1).
L'Italie n'a mobihsé que 3 millions d'hommes suri population de 37 millions. Ses pertes définitives acti lement sont de moinsd'un demi-million d'hommes. El sont inférieures de plus des deux tiers aux nôtres. Vc ce qu'au surplus, m'écrit un membre de la miss itahenne, qui a toujours vécu en Italie et qui est 1 d'être hostile à ce pays :
28 octobre 1916
« Ce pays a une réserve d'hommes admirable, et di Milan, on ne s'apercevrait presque pas des prélèveraei
(1) A la suite d'un rapport d'Abel Ferry sur cette même qu tion 11 fut chargé, en janvier 1918, de négocier avec le Gouver ment Italien l'envoi en France de 100.000 travailleurs italier
ORGANÎSAtlON DU FRONT 96
e la guerre a nécessités. Dans les campagnes, il y a peu plus de vides, mais rien de comparable avec Ire pays. »
^insi, Messieurs, par Tétude minutieuse des questions, us en revenons toujours et fatalement au seul pro- ^me de la guerre : La mise en commun, non dans les ns, mais dans les faits, de tous les moyens d'action oprçs auoc Alliés.
CONCLUSIONS
La préparation d'une oflensive comporte deux phases stinctes. La première est la création de l'ossature du amp de balaille. Cette ossature, ce sont les voies norîles nouvelles, les gares nouvelles sur les voies ciennes, les routes élargies, les chemins de fera voie o m. 60 et les téléphones.
Ceci fait, la structure du champ de bataille existe. Reste à amener les troupes combattantes. Chacun sait qu'il faut désormais à ces troupes d'initerie : des parallèles de départ, des boyaux d'évacuam, des hôpitaux d'évacuation, des places d'armes, s abris, tout un aménagement technique du terrain. L'artillerie demande des positions de batteries; elle 3 construit généralement avec ses propres moyens. Si l'on admet la conception de multiples champs de taille organisés, cette seconde phase de l'organisation i champ de bataille, pose une série de problèmes État-Major. Notre E.-M., s'il le voulait, nous en mmes persuadés, saurait les résoudre ; il a trop donné s preuves de son ingéniosité et de sa capacité techque depuis le début de la guerre, pour en douter. Pour tes batteries d'artillerie lourde, il est reconnu le les positions de batteries doivent être choisies ir celui qui s'en servira; ce n'est pas que celles qu'il
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choisit soient préférables à d'autres, mais c'est qi critiquera toutes les autres.
Ne peut-on, pendant les longs mois qui précéder* notre prochaine offensive, faire visiter, étudier, orj niser parles Etats-Majors d'artillerie, de Corps d'Arn et d'Armée, plusieurs champs de bataille ?
C'est une question technique qui dépendra du p blèrae initial que nous posons.
Y a-t-il intérêt à faire des positions de batterie a^ épaulement, abris très enterrés?
Le camouflage n'a-t-il pas donné parfois de bons sultats? Ne suffirait-il pas, surtout dans Thypothi d'une offensive par surprise ?
C'est encore une question d'Etat-Major, qui est dehors de notre compétence.
Mais ce que nous avons le droit de demander, pai qu'il s'agit du sort du pays, c'est : Le Commandent veut-il, pour 1917, avoir des facilités de manœu' par le rail ?
Dans ce cas, il lui faut, en avant de ses voies de cade, 5 ou 600 kilomètres de champs de bataille an nages. Pour les aménager, il lui faut :
1" Du matériel ;
2" De la main-d'œuvre.
Si, pour chasser les Allemands de France et de B gique, il est nécessaire d'organiser des champs de 1 taille où la préparation puisse permettre la surpri s'il faut 200.000 travailleurs pour réaliser une orga salion offensive du front français, que le G: Q. G. dise, que la Commission le sache et que le Gouven ment négocie avec les Alliés.
Jusqu'ici le G. Q. G. s^est borné à mesurer ses plan ses moyens. Nous lui demandons de mesurer ses moyen la grandeur de ses plans. Tel est le sens des conclusiç que nous vous proposons.
ORGANISATION DU FRONT ^t
DÉCISIONS DE LA COMMISSION DE l'aRMÉE
En conséquence : , ^ o z* •
La Commission attire l'attention du Sous-Secrétaire Etat aux Munitions sur intérêt primordial quily irait pour la défense nationale à fournir aux armées le latériel de voies de o m 60 (rails et matériel roulant), nx époques prévues par sa note du 19 octobre 1916, dressée à M. Abel Ferry,
Attire l'attention du Sous-Secrétaire d Etat aux Muitions sur les défectuosités des locotracteurs Schneier et du matériel Decauville, .
Attire l'attention du Sous-Secrétaire d Etat aux Mumons sur les livraisons de matériel connexe à la voie de
m6o, vérins, crics, baltes à bourrer, etc.,
Attire à nouveau l'attention du Sous-Secrétaire d Etat ur le médiocre rendement des Ecoles de Jouy-en-Josas t Boissy-Saint-Léger,
Attire l'attention du Ministre de la Guerre sur 1 inérêt qu'il y aurait à accroître les sections de chemms le fer de campagne et à mettre à la disposition du serdce des chemins de fer du G. Q. G. la totalité de la nain-d'œuvre auxiliaire qu'il réclame (soit française, oit prisonnière, soit alliée). >^^ ^^i as
La Commission de l'Armée, constatant q^^lf^ désormais acquis qu'une attaque sur le front fortifie des armées allemandes, en vue de libérer le territoire, ne peut se faire que si elle a été précédée d'une préparaion du terrain qui exige une main-d œuvre considé^ rable, un matériel considérable et un temps que 1 on peut évaluer de 2 à 4 mois; . , ,i- ^ «^o
Considérant qu'il est de notoriété publique que ces préparatifs ne peuvent se faire sans évedler 1 attention de l'ennemi, la surprise, sous toutes ses formes, est exclue'des offensives futures si nous n organisons pas
plusieurs champs de bataille simultanément sur tout 1< front français ;
Considérant qu'une organisation préalable de touf les champs de bataille, que le commandement peut es timer susceptibles de servir à une organisation offen sive, bien loin de porter atteinte à la liberté stratégique du Haut Commandement, lui rend sa liberté de ma nœuvre supprimée par le matériel de guerre moderne Qu'ainsi, il est du devoir du Gouvernement, comme de la Commission, de s'en préoccuper, au même titre qu'elk se préoccupe des questions de matériel de guerre;
Que le Haut Commandement ne semble pas être hostile à une organisation complète de tous les champs de bataille possibles de Nieuport à Belfort;
Mais qu'en fait, il mesure ses besoins à ses disponibihtés de matériel et de main-d'œuvre,
Invite le Gouvernement à demander au Général en Chef :
1" De chiffrer la main-d'œuvre nécessaire et le temps nécessaire à l'organisation de tous les terrains susceptibles de servir à une offensive ;
2'' De formuler un paan général de demandes de matériel de transport en fonction de ladite organisation,
Invite le Gouvernement, dès la réception de la réponse du Général en Chef, à engager, au nom du principe de l'Unité de front, des négociations avec tous les alliés, tendant à obtenir sans délai, les travailleurs nécessaires à l'organisation de tout le terrain reconnu par le Commandement susceptible d'être utihsé pour une offensive.
La Commission rappelle à cet égard les décisions de la Commission des Armements, de la Commission de l'Armée et de la Commission du Budget, ainsi que ses décisions propres du mois de décembre 1915 et des mois de janvier et février 1916, les confirme et regrette qu'il n'y ait été donné aucune suite.
25 juillet 1917.
EXTRAITS DU RAPPORT
Présenté par MM. Abel Ferry, xVlbert Favre et Renaudel
^DÉLÉGUÉS PAR DÉCISION DE LA COMMISSION DE l'aRMÉE DE LA CHAMBRE
Pour étudier l'état moral de la V' Armée