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LE 18 FÉVRIER

Sur le contrôle du Gouvernement

sur l'ensemble

des forces nationales mobilisées

Messieurs,

La proposition que nous avons l'honneur de vo faire, demande au Gouvernement d'exercer son dn de contrôle sur l'ensemble des forces nationales mol Usées, c'est-à-dire sur la zone des armées aussi bi que sur la zone de l'intérieur.

Je remercie d'abord le Gouvernement d'avoir bi voulu reconnaître qu'en proposant ce débat à vos dé bérations, la Commission de l'Armée n'avait d'aul but que d'armer, par une décision d« la Chambre, Gouvernement d'un surcroît d'autorité.

Je ne méconnais pas les difficultés auxquelles heurte le Gouvernement. Il est, c'est entendu, en pi sence d'une situation difficile et délicate. Des habitue sont prises : vous vous efforcerez de les dénouer; m; la preuve est faite pour nous que vous ne pouvez parvenir sans l'appui publiquement exprimé de la présentation nationale.

CTE CÔNThÈ LÈS METHODES DU HAUT COMMANDEMENT 49

)e cette situation, qui est faite actuellement au uvernement, entre beaucoup d'autres preuves, nous vous retenu, dans le rapport sommaire qui vous est )posé, que trois exemples. C'est la situation faite aux is-secrétaires d'État au Ministère de la Guerre, is la zone des armées, en ce qui concerne leur droit contrôle. Je vous lirai brièvement, pour fixer 3at, un passage du rapport où la Commission de rmée vous demande de passer à la discussion des

icles I

( Dès le 18 décembre, le Président du Conseil venait vaut la Commission de l'Armée et il lui était deindé, au cours de^ cette audition, quels étaient les uvoirs des sous-secrétaires d'État. Je ne serai menti par personne en disant que les paroles du ésident du Conseil avaient à ce moment laissé

Commission de l'Armée sous l'impression que les as-secrétaires d'État avaient dans la zone des ar- ;es tous les pouvoirs nécessaires. »

Or, par deux lettres, l'une du sous-secrétaire d'État

Service de Santé, l'autre du sous-secrétaire d'État à Lîtendance, nous avons eu depuis la preuve qu'il m était pas ainsi.

Si nous avons posé ce débat, si nous avons cité ces très, si nous vous demandons d'entrer dans la disssion, ce n'est pas seulement que nous y voyions preuve que vous n'avez pas, dans la zone des armées, us les droits de contrôle auxquels vous avez droit, ce ;st pas que nous ayons plus d'ambition et plus ïmour-propre pour le Gouvernement qu'il en a luiime, non !

C'est parce que j'y saisis la preuve nouvelle d'une duaé de pouvoir, et je dirai presque de Gouvernement, t'une expérience de plus d'un an me fait tenir pour neste aux intérêts militaires de l'armée elle-même. C'est la démonstration que nous aurions voulu faire cette tribune. Vous n'en voulez pas ? Vous vous

y opposez, vous ne regardez pas ce débat comi opportun ? Soit !

Je comprendrais ce conseil de silence si la Frar entière était restée muette. Mais quoi ! quelqu' pourrait-il avoir ici ce programme : une grande près libre et une tribune censurée ?

Je comprends pour un Gouvernement deux al tudes ; ou un Gouvernement qui dit : Tous les bou lonneraents de la démocratie me gênent : nécn\ pas, ne parlez pas, méfiez-vous, taisez-vous ! ou bi un Gouvernement qui dit : je m'accommode de toul les intempérances de langage propres à la démocrat mais je prends toutes les forces morales de cette mêr démocratie et je les fais concourir à la Défense nati nale.

Mais ce que je ne comprends pas, c'est un Gouverr ment qui veut ici une tribune silencieuse, tandis qu'a tour de la représentation nationale s'élève un conce d'imprécations libres, mais savamment concertée tandis qu'on grossit à plaisir un incident que M. Président du Conseil, qui connaît la réunion publiqu aurait pu, mieux qu'un autre, réduire à ses justes pr portions.

Ainsi donc, une demi-douzaine de personnes, par. que les hasards d'une société d'actionnaires les auro: mises à la tête d'un grand quotidien, pourront, toi les matins, donner des conseils au Gouvernemei d'une plume libre! mais le simple député, mais l'é de ceux qui se battent, de ceux qui meurent et q veulent vaincre, verrait échopper sa pensée, sa v. lonté ?

Messieurs, quel est ce jeu ? Qui le mène ? Et o veut-on en venir?

Le Gouvernement ne veut pas que ce débf vienne ?

Nous lui dirons tout de même que le maintien étro ethttéral de l'article 2 du Service en campagne, qi

t fait il y a plus d'un siècle, pour une guerre de ouvement et dans des pays conquis, est funeste au m fonctionnement du Haut Commandement. Nous i dirons, sans aborder le débat au fond, qu'il n'est s bon que le temps précieux du Général en Chef soit is par des mesures d'administration, par des mesus tendant à faire battre le blé dans la zone des arses, à administrer les vallées de la Haute Alsace et

la Lorraine.

Ce qu'il y a de pernicieux dans cette application roite d'un texte désuet, c'est qu'il alourdit, par les ille petits liens d'une administration quotidienne, la che géante du Général en Chef qui doit mener une mée trois ou quatre fois plus nombreuse que celle

Napoléon P"^, assurer l'unité avec les armées alliées, lurvoir à la bataille quotidienne, interroger de sapernne non seulement les srénéraux d'Armée, mais les écutants : généraux de Division, de Brigade, colo- Is, voire même commandants et capitaines, synthéler en lui l'expérience de toute l'armée française, re en même temps un inspecteur permanent de tranées, d'organisations défensives et offensives, enfin

trouver de sa personne sur les points décisifs du amp de bataille.

La situation durera ! Soit ! On continuera, c'est enadu, à administrer la guerre ; on fera du papier, des rits, des états, et un officier ne sera pas jugé sur le mmandement direct, le seul qui soit bon en temps

guerre, il sera jugé sur les transmissions qu'il fait s états et des comptes rendus.

Tout cela, Messieurs, par suite d'une erreur initiale, rce que le Gouvernement fait faire au Haut Comandement une besogne qui n'est pas la sienne. Le

0. G. ne doit être qu'un poste de commandement, •us en avez fait un Ministère. Vous voulez que cela ire ? Vous en aurez la responsabilité.

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