‹ La Guienne anglaiseChapitre 14 sur 39 · MOULIN DE LABARTHE · texte numérisé non relu

MOULIN DE LABARTHE

badigeonné, ce qui permet d'apercevoir le moellon piqué et carré qui forme le parement extérieur.

Ce moulin, qui cependant na pas une grande hauteur, se compose de six étages, ainsi qu'on peut le voir par l'élévation pittoresque de la façade septentrionale (n° 1) : — 1» étage des roues ou cuves; — 2° le rez-de-chaussée, ou étage des meules; — 3°»un entre-sol, qui fait actuellement parlie du rez-de-chaussée ; — 4° un étage qui se trouve un peu plus haut que le bief d'amont ; c'est le pre- ' , j,. j niier étage des logements;

— 5° le second étage des logements; — G" le chemin de ronde, au-dessus des mâchicoulis.

Le premier étage inférieur, dont voici le plan ( n" 2), renferme deux roues : une verticale, et l'autre horizontale , à laquelle on donne ici le nom de rotiet. Ce moulin, dit-on, servait autrefois à deux fins : on y faisait du drap et de la farine. Les embouchures d'aval B ci C (V. n" 1 ) sont carrées, il élait dillicile à un agresseur, passant par l'égout C, de pénétrer dans le moulin; il en était empêché par la grande roue; mais on pouvait tiès-bien y pénétrer par B; aussi avait-on établi à côté de cet égout une meurtrière présentant, à l'extérieur, !«•» une simple fente très-longue, et à l'intérieur la forme ordinaire des meurtrières du

XIV» siècle (n" 3). H existe, en outre, sur la partie supt'rieure de la motte de terre, (jui s'appuie contre le mur et sépare les deux bras du bief d'aval, une porte (D) (V. n" 1) actuellement murée, très-étroite, plus haute que le niveau de l'eau en aval, et plus basse que le sol du deuxième étage, mais qui sert à y pénétrer en suivant, dans l'intérieur du mur, une pente assez rapide; elle est protégée par une fenélre à moucharabys, qui est au cinquième étage.

On entre actuellement dans le second étage, celui des meules (n° 4), par deux ouvertures : une au sud donnant dans la tourelle, et l'autre à l'ouest; celte dernière est une grande porte (E) en cintre bombé à l'extérieur et ogival intérieuremenl. A côté de la porte, et pour éclairer la roue, est une fenêtre plus large que haute, encadrée <le moulures toriques (n° 5). Au nord existe une autre petite fenêtre carrée (F) (V. n" < et 4), plus large que haute, mais sans moulures; elle est pen'é(î comme un soupirail, à une assez grande hauteur dans le mur. Plus loin, vers l'est, et presque au niveau du sol, est une autre ouverture (G) (V. n»* 1 et 4) semblable à cette dernière (V. n» S); enfin, la petite porte dont j'ai parlé et dont on voit le cintre un peu plus haut que le sol. Aucune ouverture ne se voit du côté oriental ; cela lient à ce que, de ce côté, il y avait un logement extérieur adossé contre le bas du mur. On voit encore les corbeaux saillants qui ont dû servir à appuyer la toiture ; enfin, au sud, est la tour

Vot,. 1. 5

de l'escalier, et, de chaque côté, les deux ouvertures des vannes, ouvertures trilobées, surmontées d'un oculus (*) et percées dans un petit avant-corps saillant (n" 6).

K- 7. Au-dessus de cet étage, il paraît y avoir eu un

entresol très-bas, éclairé au nord par deux petites ouvertures dont l'une a son cintre taillé dans une seule pierre, et l'autre est une espèce de meurtrière à linteau droit, très-ébrasée en dedans. — Le quatrième étage (n" 7), qui est le premier étage des logements du meunier, se compose d'une seule pièce. Autrefois on y montait, sans doute, au moyen d'une échelle ou d'un escalier en bois ; on se sert maintenant de l'escalier placé dans la tour, où s'ouvrent, dans le bas, une porte extérieure, et un peu plus haut, à l'intéiieur, la porte qui donne entrée dans la chambre. Toutes deux sont à linteau droit. Des ouvertures percées dans cette tour, à diverses hauteurs, servent en môme temps de fenêtres et de meurtrières, excepté deux grandes fenêtres placées juste au-dessus de la porte : la première éclaire l'escalier au-dessus du cinquième étage ; elle est divisée en deux par un meneau horizontal; la seconde est à la hauteur des créneaux et sert de moucharaby. Le quatrième étage est muni de tout ce qui est utile dans un logement : porte, fenêtres, cheminée et latrines. 11 faut cependant observer que la cheminée n'est pas de la construction primitive, qu elle doit être de l'époque de l'escalier, et qu'elle occupe la place d'une fenêtre murée qui lui est de bien peu antérieure, puisqu'elle est surmontée d'une contre-courbe du XV* siècle, et divisée par un meneau horizontal. Dans le coin A est une petite fenêtre à bancs, dont l'embrasure est recouverte dune voûte en plein-cintre, et l'ouverture extérieure en linteau sur consoles. Du côté nord, s'ouvre une autre fenôlre qui a été retouchée au XV* siècle, et qui ressemblait piobablement à celle-ci. A

côté sont des latrines dont la largeur est inusitée à cette époque : en voici (n» 8) la forme extérieure. Sur la façade sud, on voit, de chaque côté de l'escalier, une petite fenêtre d'une forme charmante, encadrée, dans le haut seulement (n° 9), par des moulures toriques (*).

(') Petite ouverture circulaire, quelquefois carrée.

^') J'ai eu l'occasion de passer, il y a peu de temps, près du mouliu de Labarthe, et j'ai vu avec regret que cette jolie fenêtre

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