‹ La guillotine en 1793: d'après des documents inédits des Archives nationalesChapitre 28 sur 40 · PÉTION · texte numérisé non relu

PÉTION

Enfin, on ne peut passer sous silence le véritable journal officiel de la guillotine : le Bulletin du Tribunal criminel révolutionnaire, qui faisait suivre son titre de la mention explicative : 4 établi au Palais, à Paris, par la loi du 10 mars 1793, pour juger sans appel les

(i) Dans le procès du Roi, Pétion vota la mort avec sursis.

conspirateurs ». Le numéro s'accompagnait d'une épigraphe significative :

Celui qui met un frein à la fureur des flots Sait aussi des méchans arrêter les complots.

K. i3. BULLETIN.

nu TRIBUNAL CRIMINEL

RÉVOLUTIONNAIRE

IT^DLI nu Paiatt, à Pont , paria Lbt du toMfon 1793. pour juger sans âppci/e$

LOUSPtBATECRS

Fil ttf fiturrrrgatotre de C$>ihnel DlCVlCNT énfigrd — AJJoiie de Lnutt-AleAonJtr dHaiiam»uiib, Lteutenant-géndral , commandant iti troupes du Uaui-Rh'U et de ta Heuiveu

n'«piè«rriir()MaraiioB,raccussreur public rnnritii k U peine de- mon. ronl'orn^rnumi A b Ini dn x3 Oriobre 179a. dont il doooe liviiirc , liii|«irlle p<irie uiif Icacmi^ié» fna^nii »H<i( tiniiif A pt rpi'Hitié du trrruoire de la Ri'p.il>M|iir , Cl c|iic veux tyn leoierdicnl d'y reutrrr, «rtpitt pnou de koi.*.

l/urtiiiir ^ro{l «iiMi Iranqnille . que s'il •'•1^ ssoil d'un eutir qne hii ; il dM Mir \f% cmif lii»î<tni<l« riicrutnit.ir-ptiMic . btennbttgé

Le itibunal, d'auri» la dérioralion éètyntit,

IPui-|MjMic . ronibnine Gai.ricl Dii|ini|;n)' ik la pf iiic At mon , ordonne mit »r;i bien» »-io«i aiqn I ei ronËiqitt^i an profil de la Réf«ibKt|fit, ronlormrmmi a la loi du lO.TQara deinirr Avant ra|>plirait6o de,b loi, taccusé dit:

il eai d'usage qn'un ntflhênrént, con^mtki A Biort , ail droit A. iiuelque inidqlgeBce , ie

demande en gMre de. pouvoir parler, »ritl et •au* irninin , à la demoiaelle Urttan.; rllr r>i la seule personne i <|ui je toi* aiiarW «'an* ce luoadc. je faia ceHê demande. lyVr cl i<e j'ai ^i)urlqiic cLoae d'imporiacil k lui roriimunnpier.

L*»j>ré»ulenl , éprèt le pronooré, anr.jire an ro»daniu4 1 pie le tribunal va prrni'n; m demandé eu ronitdfiaiio (Unie fait m ^m )

LTapièi tel ohaerxationide raci^tainir p>ihl'ir. «iir Iri loconTénieoi qui poniroiml n'* •ulier de cette entrevue, le iribonal orUocitnr qi-e le roiiilam^i oe pourra coir.lhuoiqurr 8«er pernanne.

La deiiroitelle Urkan, avrr qui Dt«|in(jby tonloii rommuniniier , a%o'(t été rnirndbâ rgnin e l/moin ; eW n'a rtrO dépoté ai A cl>aij{e ni à «lit barge.

be&éruiioo a m i:fti lur la place de U

Fac-similé de la première page du Bulletin au Tribunal Révolutionnaire.

L'abonnement était de 3 livres pour 30 numéros pour Paris et de 4 livres pour les départements, franc

238 LA OUILLOTINB EN 1793

de port. L'imprimeur Clément, cour des Barnabites, en face le Palais, dans la maison du sieur Nagerand, traiteur, recevait les abonnements. Le compte rendu des procès était fait par Bonnemain et quelques autres qui rédigèrent les 559 numéros qui parurent jusqu'à la mort de Fouquier-Tinville. Mais, moins que Dulac et Tisset, le Bulletin avait le souci de l'actualité. A la date du 9 thermidor il publiait le compte rendu des procès de prairial ! Le tribunal allait plus vite en besogne que Clément.

Mais c'est surtout de la page de Pétion, exhumée de la poussière du passé, que s'élève le véritable cri de la conscience nationale, la réprobation envers ces grandes fournées de la Terreur qui, dans le même panier, mêla la tête échcvcléc de la Dubarry et la tête pensive de Lavoisier.

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