‹ La guillotine en 1793: d'après des documents inédits des Archives nationalesChapitre 35 sur 40 · LES FOSSES COMMUNES DE LA TERREUR · texte numérisé non relu

LES FOSSES COMMUNES DE LA TERREUR

Pour qui ignore les coulisses et les dessous de cette grande tragédie nationale de 93, un point d'interrogation est posé après toutes ces pages chargées de noms de fantômes : que devenait le cadavre d'un guillotiné ?

C'est ce dernier et funèbre voyage que nous allons accomplir à travers les charniers de la Révolution, et tous ces corps illustres ou anonymes, nous n'allons les quitter que la fosse comblée, le terrain nivelé. C'est là, dans ces enclos, inconnus hier, fameux» hantés et doublement sinistres aujourd'hui, qu'apparaît la terrible égalité révolutionnaire Ce terrain mou, meuble, où le pied s'enfonce dans la terre fraîchement remuée, ces tertres bossues, sans croix, sans noms, ce sont les

Girondins, ce sont les Dantonistes,. c'est la Monarchie. Quelquefois, des mains criminelles dépouillaient les cadavres de leurs derniers vêtements, et il fallut un arrêté de la Commune pour mettre fin à ces viols où la majesté de la mort était profanée (i). Plus tard, des chiens gardèrent ce que le mystère des tombes ne pouvait protéger et leurs abois chassèrent les criminels escaladant les murs des enclos mortuaires (2).

Tandis que Sanson et ses aides jetaient les têtes dans un panier et les corps dans un autre, — à moins que la fournée ne fût trop nombreuse, et en ce cas c'était à même la charrette, — un huissier dressait l'acte de décès en remplissant les parties laissées en blanc dans l'imprimé que voici :

Procès. VERBAL d'exécution

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