‹ La guillotine en 1793: d'après des documents inédits des Archives nationalesChapitre 36 sur 40 · DE MORT · texte numérisé non relu

DE MORT

{nom du condamné)

L'an mil sept cent quatre vingt treize, deuxième de

la République française, le à la requête du citoyen

accusateur public prés le Tribunal criminel extraordinaire et révolutionnaire, établi à Paris par la loi du 10 mars 1793, sans aucun recours au tribunal de cassation, lequel fait élection de domicile au greffe dudit Tribunal séant au Palais,

Nous huissiers-audianciers, au dit tribunal,

demeurant à Paris, rue section , soussignés,

nous sommes transporté^ en la maison de justice dudit tribunal pour l'exécution du jugemen rendu par le

Tribunal {la date) contre qui condamne

à la peine de mort pour les causes énoncées audit jugemen

( I ) f Les cadavres des suppliciés seront enterrés en présence d'un commissaire de police pour empêcher leur dépouillement ». Registre du Conseil Général de la Commune, Séance du 17 brumaire an II.

(2) < ... la garde du cimetière était confiée à des chiens ». Le vicomte Walsh, Lettres vendéennes ou correspondance de trois amis en 1823, dédiées au Roi. Paris, 1843, tome II. p. 9 .

et de suite l'avons remis à l'exécuteur des jugemens criminels et à la gendarmerie qui 1.... conduit sur la

place de où, sur un échafaud dressé sur la

dite place, (nom du condamné).,., a, en notre

présence subi la pcino de mort, et do tout ce que dessus avons fait et rédigé le présent procès-verbal pour servir et valoir ce que de raison, dont acte.

{Signature)

Enregistré gratis à Paris, le i793.

La* voiture avec son chargement sanglant et tiède encore gagnait la fosse commune. Suivons-la.

Du 25 août 1792 au 24 mars 1794, eUe franchit la porte du cimetière de la Ville TEvêque, dit aussi de la Madeleine. En 1770, on y avait enterré les victimes de la catastrophe du 31 mai, et au lendemain de la journée du 10 août, il avait reçu les morts de cette journée.

Le 21 janvier 1793, il s'ouvrit pour le corps de Louis XVL Les sieurs Picavez, Renard, Damoureau, Leblanc, Dubois, qui signèrent au procès-verbal de l'inhumation, virent le cadavre dans la bière ouverte. Un d'eux retourna sans doute la tête tranchée, car ils constatèrent que les cheveux du derrière du crâne étaient coupés. On avait enlevé les souliers, la cravate et l'habit. Le Roi était là en manches de chemise, avec une veste piquée en forme de gilet, une culotte de drap gris; les jambes revêtues de bas de soie gris. Quand tout ceci fut constaté, le cercueil fut descendu dans la fosse, recouvert d'une couche de chaux vive afin de hâter la désagrégation, et la fosse fut comblée. Plus rien ne demeura du monarque défunt que cet acte de décès dans les archives de l'état civil :

« Du lundi dix huit mars mil sept cent quatre vingt treize, l'an second de la République,

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