‹ La guillotine et les exécuteurs des arrêts criminels pendant la révolution, d'après des documents inédits tirés des archives de l'étatChapitre 11 sur 27 · SANSON EN 1793 14S · texte numérisé non relu

SANSON EN 1793 14S

peuvent laisser aucun doute à ce sujet. Charles- Henri Sanson n'a cessé de fonctionner que le 13 fructidor an III : « Il y a quarante-trois ans, dit-il dans sa lettre de démission, qu'il dessert la place qu'il occupe. Il est atteint d'une néphrétique et ne peut continuer ses fonctions. Il sollicite un secours annuel de 1 ,000 livres dont jouissent les exécuteurs sans emploi, qui sont anciens dans le service, il est toujours disposé à reprendre son activité aussitôt que sa santé se trouvera rétablie. » Le 18 fructidor an III, l'accusateur public près le tribunal criminel de la Seine répondait en ces termes :

« Citoyen,

La place d'exécuteur des jugements criminels à Paris se trouvant vacante par la démission de Charles-Henry Sanson, la Commune, en exécution des lois du 13 juin 1793 et 22 floréal an II, a nommé commissionné Henry * Sanson, h\s du démissionnaire, qui se trouve en rang utile sur le tableau pour remplir les fonctions... »

* La lettre porte les prénoms de Nicolas-Charles-Gabrieî ; mais une note postérieure, qui se trouve dans le même dossier, rectifie en ces termes : « Il s'est glissé une erreur dans la commission que nous avons précédemment envoyée pour Sanson fils. On y a donné à cet exécuteur les prénoms de Nicolas-Charles-Gabriel au lieu de Ueury, qui est son vrai prénom. »

Donc Charles-Henri Sanson, qui, eu 1795, alors que la Terreur était passée, cédait sa place à son fils après quarante-ti ois ans de service, n'avait pas succombé à l'émotion que lui avait causée la tragique scène du 21 janvier, et ne s'était pas non plus tué en tombant de l'échafaud au mois d'août 1792. C'était son fils puîné, remplissant l'office d'aide, qui avait été victime de ce singulier accident.

La journée du 21 janvier 1793 se passa pour Sanson sans incidents, mais non sans une émotion que le fait insolite suffisait à expliquer. Dès la veille, il écrivait :

« Au citoyen suppléant pour le procureur général sindic du département.

« Citoyen,

« Je viens de recevoir les ordres que vous m'avez adressés. Je vas prendre toutes les mesures pour qu'il n'arrive aucuns retards à ce qu'ils prescrivent. Le charpentier est avertit pour la pose de la machin? laquelle sera mise en place à l'endroit indiqué.

« Il est absolument nécessaire que je sache comment Louis partira du temple. Aura-t-il une voiture ou sy ce sera dans la voiture ordinaire aux

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