‹ La guillotine et les exécuteurs des arrêts criminels pendant la révolution, d'après des documents inédits tirés des archives de l'étatChapitre 12 sur 27 · SANSON EN · texte numérisé non relu

SANSON EN

exécutions de ce genre. Après l'exécution, que deviendra le corps du supplicié ?

« Faut-il que moi, ou mes commis, lious nous trouvions au temple à huit heures, comme le porte l'ordre.

« Dans le cas oiice ne serait pas moi qui l'emmènerais du temple, à quelle place et à quel endroit faut-il que je me trouve.

« Toutes ses choses n'étant pas détaillées dans l'ordre, il serait à propos que le citoyen supléant procureur-sindic du département voulu bien me faire passer le plus tôt possible ces renseignements pendant que je suis ocupé à donner tous les ordres nécessaires pour que tout soit ponctuellement exécuté 1.

« Paris, le 20 janvier 1793, l'an 2 de la République française.

Le citoyen San son.

Exécuteur des jugements criminels. &

Bien que les deux vicaires, MM. Damoreau et Renard, n'aient point mentionné dans leur récit la présence de l'exécuteur à la très courte cérémonie religieuse qui eut lieu à l'église de la Madeleine, il est probable que Sanson accompagna le corps du

* Musée des Archives nationales, n' 1341.

roi jusqu'au cimetière. Cela ressort d'une lettre écrite par un témoin oculaire, publiée récemment par la Revue rétrospective :

« Comme je pense que tout ce détail vous fera plaisir, j'ajoute encore ce petit papier pour vous dire que notre bataillon, dès les sept heures du matin, est parti de la caserne pour aller entourer la place de Louis XV, et, qu'aussitôt l'exécution faite, une danse d'au moins cent personnes, hommes et femmes, a formé un rondeau, a dansé avec joye, en chantant la chanson des Marseillais à plein gosier, et criant : « Voilà la tête du tyran « à bas ! » De plus, on a remarqué que plusieurs personnes, dessous l'échaffaut, se frotaient les mains dans le sang répandu. Cela a fait allusion à ce que sa femme avait dit après la Révolution, qu'elle voulait se laver les mains dans le sang des Français. Eh bien, c'est au contraire les Français qui ont mouillé leurs mains du sang de sou mary.

« Une chose singulière, c'est que, lorsque la charrette du bourreau a rapporté du cimetière le panier d'osier, il est tombé par terre, et aussitôt, une foule de gens se sont jetés dessus, et ont frotté le fond du panier avec des linges, leurs mouchoirs, des papiers blancs, et un entr'autres

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