‹ La guillotine et les exécuteurs des arrêts criminels pendant la révolution, d'après des documents inédits tirés des archives de l'étatChapitre 16 sur 27 · LA GUILLOTINE A LA PLACE DU TRONEÎ · texte numérisé non relu

LA GUILLOTINE A LA PLACE DU TRONEÎ

Là on l'installa dans des conditions plus confortables et de façon à ne point voir se renouveler les inconvénients qui avaient fait abandonner le précédent emplacement. On creusa sous la plateforme un trou « d'environ une toise cube », oii s'écoulaient le sang et l'eau avec laquelle on lavait l'instrument des supplices. Mais cette fosse se trouva bientôt pleine et répandait une odeur si infecte que le commissaire de la section émit l'idée de combler cet égout et d'en creuser un autre plus profond où l'on rencontrerait une terre dans laquelle le sang s'imbiberait.

C'est à la place du Trône qu'eurent lieu les grandes fournées; c'est là que périrent les nombreuses victimes de la soi-disant conspiration des prisons. Et à ce sujet, il est échappé à M. Thiers, dans son Histoire de la Révoh/tio/i, une smgulière erreur au sujet de l'emplacement de la guillotine,'

« Dans la nuit du 6 juin, dit-il, on traduisit les cent soixante dosignés au Luxembourg. Ils tremblaient en entendant cet appel, ils ne savaient ce qu'on leur imputait ; et ce qu'ils voyaient de plus probable, c'était la mort qu'on leur réservait. L'affreux Fouquier, depuis qu'il était nanti de la loi du 22, avait opéré de grands changements dans la salle du Tribunal. Au lieu des sièges des avocats et du banc destiné autrefois aux accusés et pouvant en contenir dix-huit ou vingt, il avait fait construire un amphithéâtre qui pouvait contenir cent à cent cinquante accusés. Il appelait cela ses petits gradins. Poussant son ardeur jusqu'à une espèce d'extravagance, il avait fait élever Céchafaiid dans la salle même du Tribunal., et il se proposait de faire juger en une même séance les cent soixante accusés du Luxembourg.

« Le Comité de Salut public, en apprenant l'espèce de délire de son accusateur public, l'envoya chercher, lui ordonna de faire enlever l'échafaud de la salle oii il était dressé et lui défendit de traduire plus de cinquante individus à la fois : « Tu veux donc, lui dit GoUot d'ilerbois dans un transport de colère, démoraliser le supplice? » Il faut cependant remarquer que Fouquier a prétendu le cou-

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