‹ La guillotine et les exécuteurs des arrêts criminels pendant la révolution, d'après des documents inédits tirés des archives de l'étatChapitre 9 sur 27 · LE CAVEAU DES SANSON · texte numérisé non relu

LE CAVEAU DES SANSON

« On se souvient qu'il y a environ dix années une Histoire de séquestration de personnes pesa sur le curé de Saint-Laurent ; un homme oublié et endormi dans l'église avait été réveillé par des gémissements.

«L'affaire rapportée dans la presse souleva l'indignation générale; des rumeurs circulèrent, mais le parti clérical, aidé par les écrivains du trône et de l'autel, soudoyèrent des médecins qui firent passer le spectateur de cette scène pour un halluciné.

« Il y a là un mystère qu'il faut éclaircir, une série de crimes qu'il faudra dévoiler pour l'édification des hypocrites et des gens de mauvaise foi qui blâment la mesure relative à la fermeture des églises.

« Il faut bien que les aveygles ouvrent enfin les yeux, que la lumière jaillisse sur les ténèbres que font autour d'eux les hommes noirs, et que les commères égarées par le fanatisme reculent d'effroi devant ces crimes inouïs. — Ce jour-là, la superstition et l'ignorance feront place à la vérité, à la civilisation, et les rois et les prêtres disparaîtront de la société nouvelle.

« Salut et fraternité.

« P.-S. — Des médecins ont été chargés des constatations ; un rapport a été envoyé à la Préfecture de police, w

L'événement fit du bruit : le journal officiel de la commune s'en occupa et publia un long article plein de macabres détails sur ce nouveau crime du clergé ; nous n'en retiendrons que quelques lignes donnant la description du caveau que le hasard avait ainsi fait découvrir :

« On enjambe des décombres, puis on descend un petit escalier dé pierre, rapide et sombre; on pose le pied sur une terre molle ou grasse : c'est l'entrée du caveaU.

« C'est un hémicycle voûté, percé de deux soupiraux fort étroits, qui ont été bouchés aune époque relativement récente.

« On y pénètre par trois entrées formées au moyen de deux piliers en arceaux.

« Le côté droit seulement a été déblayé ; à gauche, la terre recouvre encore les squelettes peu profondément enfouis, car le pied se heurte à chaque instant à quelque atîreux débris.

« En inspectant les murs du terrain, on voit qu'il a dû servir de prison à une époque fort antérieure à Tenfouissement des cadavres.

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