DE PAR MESSEIGNEURS
Duval
Lecteur, greffier et buvetier.
XXXYI
La dotation de cent jeunes filles par la ville de Paris, lors de Y ouverture du ventre de Marie- Antoinette, avait donné l'idée à l'Académie Royale de Musique, de doter la première fille pauvre à marier, qui leur serait indiquée par la ville : la Danse et le Chant souscrivant pour trente louis, destinés à faire les frais de la noce, et du banquet commandé au Wauxhall d'hiver. Et dans l'annonce, qui en était faite dans le Journal de Paris, l'on s'étendait sur la curiosité de cette fête, où les nouveaux époux et leurs familles seraient servis « par les talents et les arts agréables » et l'on annonçait qu'une souscription était ouverte chez le sieur Rouen, notaire, où les amateurs «trouveraient un billet contre le dépôt d'un louis : la somme provenant de cette souscription devant être consacrée à la première nourriture de l'enfant des deux époux.
La dot était déposée chez Mlle Guimard, nommée trésorière de l'œuvre.
Mais voici que la fête imaginée par les coryphées de la danse et du chant, pour l'heureux accouchement de la Reine, et qui devait avoir lieu au Wauxhall d'hiver, était empêchée en vertu d'ordres supérieurs, par la raison pitoyable, disent les Mémoires secrets, que cette fête semblait parodier la cour.
Sur cette défense, M1Ie Guimard faisait transporter la fête chez elle, le second mercredi du mois de février 1779, et la fête était toute pleine d'incidents malheureux. L'orchestre de l'Opéra, humilié de n'avoir pas été appelé à la bonne œuvre, et considérant cette exclusion comme injurieuse, refusait de jouer, en sorte que la Guimard était obligée de s'adresser à de vulgaires ménétriers. Puis au milieu du repas, on venait signifier une lettre de cachet aux sieurs Dauberval et Vestris, pour se rendre au Forl'Evêque : punition amenée par leur révolte contre de Vismes, et leur refus de danser dans le ballet d'ARMiDE,le mardi précédent.
Gaétan Yestris, qui était présent à cette exécution d'assez mauvais goût, eut des adieux avec son fils, grandement comiques.