Mémoires secrets, vol. XIII
LA GUIMARD ÏÎS;
mois de février 1779, et la fête était toute pleine d'incidents malheureux. L'orchestre de l'Opéra, humilié de n'avoir pas été appelé à la bonne œuvre et considérant cette exclusion comme injurieuse, refusait de jouer, en sorte que la Guimard était obligée d-e s'adresser à de vulgaires ménétriers. Puis, au milieu du repas, on venait signifier une lettre de cachet aux sieurs Dauberval et Vestris pour se rendre au For- FËvêque : punition amenée par leur révolte contre de Vismes et leur refus de danser dans le ballet d'ÀRMiDE, le mardi précédent.
Gaétan Vestris, qui était présent à cette exécution d assez mauvais goût, eut des adieux avec son fils grandement comiques.
« Allez, Auguste, — lui dit-il, après Favoir tendrement embrassé, — allez en prison. Voilà le plus beau jour de votre vie... Prenez mon carrosse, et demandez la chambre de mon ami, le roi de Pologne.., Faites grande et noble chère, je payerai tout1. »
Dans cette année 1779, il était fait un buste de |Mlle Guimard, qui nous donne le portrait de Fil-