‹ La guirlande à l'épousée, poèmeChapitre 25 sur 80 · NOCTURNE · texte numérisé non relu

NOCTURNE

— Va, m ami, va : la lune s éveille. Va, m ami, va : la lune s en va.

— La route est d'argent sous la lune : Viens rejoindre notre fortune, Viens, ma Nyse, tous deux ainsi,

— La route est d'argent sous la lune — Ainsi qu'un chacun sa chacune.

Au bord de l'étang blanc et noir Assis, les doux veilleurs du soir.

Les crapauds, chantent à la lune :

Au bord de l'étang blanc et noir.

Les crapauds chantent sans espoir.

Soyons graves si je le puis :

Est-on pas mariés depuis...

Un mois ? la semaine dernière ?

Une heure ? pas plus ? je ne puis :

Tourne, sagesse, au fond du puits !

Eh non ! depuis tant plus longtemps !

Que dis-tu ? depuis mille années ?

C'est toujours pas assez longtemps Pour être sage : on a le temps, Attendons encor deux mille ans !

Apportez vos lèvres, Madame, Qu un mari prenne son baiser !

Quoi, c'est vous qui voulez oser ?

Apportez ces lèvres. Madame !

Oh, sournoise, vous refusez ?

Si vous le défiez, Denyse, - C est lui qui va vous embrasser ! Quelqu'un, dis-tu ? eh non : la brise. Si point ne m'embrassez, Denyse, C'est donc moi qui vais commencer !

— Denyse ! Nyse ! où donc est-elle ?

Ma lèvre s'ouvre sur la nuit !

Rêvai-je encore ? ai -je dormi ?

Nyse, ma Nyse, où donc est-elle ?

Baiser, épouse, tout a fui !

La route est d'argent sous la lune ;

J'y vais traîner mon infortune.

Et seul, tout seul, ma Nyse est loin !

La route est d'argent sous la lune.

Je suis triste jusqu'à la mort.

— Où sont-ils vos amours, sont-ils en Angleterre ?

— Ils se sont embarqués sur un bateau de verre. Le bateau s'est brisé aux rochers de la mer.

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