‹ La guirlande à l'épousée, poèmeChapitre 34 sur 80 · ELEVATION · texte numérisé non relu

ELEVATION

— Partons, joli cœur, La lune est levée.

La Lune a jailli des bois ; et, comme si elle eût charrié tout le sang, toutes les larmes et toutes les fanges de la terre.

Rouge, boursouflée, distendue, immense, elle a lourdement monté, faisant claquer sur l'horizon sourd

Le masque affreux de l'incendie ;

Mais, à mesure qu'elle s'élevait se désagrégea le saignant manteau de misères, et son disque se resserrant, blanchissait encore et blanchissait.

Et versait à mesure de plus éclatantes clartés :

Et quand elle eut enfin occupé son zénith, ce fut l'insoutenable ruissellement d'une étoile ieile qu'un soleil, et, sous le silence magique, fourmillant de vie en attente ;

Sous la prodigieuse majesté de toutes choses en frémissante immobilité.

Son déluge de pureté sereine baptisait l'univers prosterné ;

Ainsi, ma bien aimée,

L'illuminé reflet en moi de ton image, en vain l'a pu ternir ma lamentable humanité :

Te VOICI ! ton rayonnement effondre les vapeurs malsaines et stymphalides ; et, purifiée à jamais, s'exalte ma tendresse, et monte en vénération vers toi !

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