‹ La guirlande à l'épousée, poèmeChapitre 35 sur 80 · TRILLES · texte numérisé non relu

TRILLES

— M y laillis un flûtiau (le riau) Un flageolet aussi (le ri) Et m'en allai chantant Tout le long du chemin...

— Gai ! Noël ! la prime hirondelle

Est venue !

Gai ! mon cœur s'embarque avec elle

Vers les nues ; Le printemps, gai ! broie toutes chaînes,

Les autans Se replongent dans leurs géhennes ;

Tant d'élans Jaillissent, fièvres et fusées

De mon cœur, Qu'en est ce cœur électrisé

De bonheur ;

Et, gai ! il se fait hirondelle

Lui aussi :

Il s'évade, le cœur fidèle.

Loin d'ici ;

Vers notre nid d'enfants s'envole.

Le nid clair Où ton cher cœur que l'heure isole,

D'un hier Si proche et loin se refigure

La douceur :

Que joie et soleil il procure,

A ce cœur !

C'est le rêve, c'est la trêve , L'illusion douce et brève Dont on rêve après encor Transfigure un passé d or.

Reflet lent de l'heure brève :

Que ce rêve ami s achève.

En réel plus bel encor 1

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