‹ La guirlande à l'épousée, poèmeChapitre 44 sur 80 · MASQUES · texte numérisé non relu

MASQUES

— Avecque des crin-crins et des tambours de basque.

— Les ménines de LunévlUe

Font des altesses en exil

Quand elles marchent par leur ville ;

Je ne sais, ne me veux défendre D'un souvenir puissamment tendre De vous, mes déesses des Flandres,

Et toujours autant m'ensorcèlent Les vestales que les donzelles D'Anvers, de Liège et de Bruxelles ;

Et, frau X..., que j'appréhende Nommer, m'apprit comme est gourmande L'hospitalité allemande !

Paris, universelle hôtesse

Tout m'offrit : des rouges Suissesses

Cuirassées d'argent, aux négresses

Luisantes d'huile de coco ;

Américaines viragos,

Et houris de bouge à mocos,

Et sataniques Javanaises, Et créoles couleur punaise.

Et, joue en crème, Japonaises,

Et Carmen, oui, la vraie Carmen, Accroche-cœur à tout hymen D'une heure et moins, criant Amen !

Et les flambardes de la Frise

Et leur casque d'or où se brise

L astre d'or sur crins d'or qui frisent ;

Et Varsoviennes en chapskas Battant des marches de Glinka Sur l'infernal harmonica ;

Chaudes prostituées du Caire

Au ventre de cuivre, et Mouquères

Trépidant au train des nacaires

(Et trop beaux éphèbes kabyles

De torse effrontément fébrile.

De croupe effrontément mobile !)

Et tant d'autres, et plus encore, Bouillantes comme le phosphore, Virginales comme l'aurore :

Mais nulle n'a surpris mon cœur Que la fiancée et la sœur.

Nulle, nulle, ne fut la fleur.

Nulle la vierge en mon église.

Ma souveraine, mon exquise : Nulle ne me fut ma Denyse !

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