‹ La guirlande à l'épousée, poèmeChapitre 77 sur 80 · FORT COMME LA MORT · texte numérisé non relu

FORT COMME LA MORT

— Aimez : cest venir Mai, le mois sacré des roses t

— Il est revenu le jour de ta fête, 0 ma bien-aimée il est revenu :

Vois, le gai soleil se veut de la fête, Un rayon de mai pleut sur ton sein nu.

Mon cœur apaisé se tait et révère, Qui devant ce sein, devant tout ce corps, A déliré tant, jadis et naguère.

Fier de ravager un trop pur trésor.

Et j'ai assagi l'ardeur étonnée D'un époux vorace, amant dissolu ; Ta chair nuptiale au cœur m'est entrée. Un rayon de grâce arme ton sein nu.

J'adore ce sein, j'adore ce corps.

Et qu'à travers lui une âme m'appelle :

Notre nuptial et double transport,

Un seul timbre d'or, un seul couple d'ailes ;

Ainsi nous haussant vers l'aube nouvelle. Au jour de ta fête enfin revenu, j|

L'ange a démuni la bête éternelle : "

Un rayon divin revêt ton sein nu.

15 mai 1898.

(Vers déposés dans un cercueil : 3 décembre 1920J

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