LE LIT
— Une robe de ma mère Fait la courtine du lit.
— 0 lit doux et sacré, voilé de ses courtines, 0 lit frais, lit fleuri, lit pénétré d'encens, Lit calme et recueilli sous ses lingeries fines, Lit nuptial, lit fait pour l'amour innocent ;
Une lampe au chevet palpite, maternelle. Et fait sans fin pour nous sa muette oraison : Lampe auprès de ce lit comme au seuil de l'autel. Car le lit c'est l'autel et toute la maison ;
D'ors orangés où filtre un lent reflet d'or rose Sont tramés les tissus abritant nos sommeils. Lit vaste et chaste, lit fait pour qu'on y repose. Où l'aube fait descendre avec Dieu le soleil ;
Notre Seigneur en croix éternellement veille
Près de la sainte lampe éloignant les démons,
Et les lits des enfants, bruissants nids d'abeilles,
Sont pleins d'anges gardiens quand nous nous endormons.