XLIV NOTICE
poèmes, il pouvait faire également de petits et délicieux madrigaux. — Il se présenta avec deux quatrains: l'un sur les Lys, l'autre sur la Violette; le premier d'un charme agréable, mais peut-être équivoque; le second tendrement expressif et d'un mouvement si emblématiquement vrai, qu'il l'emporte en franche beauté sur tous les autres madrigaux du recueil de Montausier. Il est impossible d'exprimer une prétention plus noble sous une forme aussi humblement séduisante. La Violette de Desmarests a conservé sa fraîcheur et son parfum délicat. Elle brille encore aujourd'hui dans tout son éclat, et la coquette petite fleur demeurera assurément immortelle dans notre poésie comme un parangon symbolique de grâce modeste et de timide hardiesse.
Le père Le Moyne ', auteur du poëme héroïque de*
1. Œuvres poétiques du père Le Moyne, in-f°, 1672, p. 446. — A l'exemple de Montausier, sans doute, le père Le Moyne offrit à M^'^ d'Angenois une guirlande composée de fleurs du Parnasse cueillies par la main des Muses. Nous n'avons pu trouver le texte exact de cette nouvelle Guirlande, dont nous n'avons eu connaissance que par la lettre d'envçi (p. 3 3o. Epître en vers). Dans ce même volume (p. 435), nous trouvons la douce épigramme suivante sur le portrait de Julie :
Sage et noble Julie, estoit-ce pas assez Qu'avecque ton esprit, qu'avecque ton visage, Aux illustres du temps et des âges passez Ton heureuse naissance eust osté l'avantage, Sans que ce beau portrait demeurât pour ternir Celle des siècles à venir.