‹ La guirlande de JulieChapitre 70 sur 90 · GUSTAVE A JULIE · texte numérisé non relu

GUSTAVE A JULIE

DIVINE cause de mes pleurs, Object dont la gloire m'estonne , Adjouste à tant de belles fleurs Ceste Flambe que je te donne.

:. Ces madrigaux inédits, destinés à la Guirlande de Julie nous sont fournis par une copie, d'ailleurs très-incomplète, qui se trouve dans un des volumes manuscrits de Conrart, indépendant des deux collections bien connues de l'Arsenal. (Manuscrit petit in-P, Mélanges de vers et prose. Belles-lettres, 145, pages 1087 et suivantes.) Les madrigaux de ce manuscrit ne portaient pas primitivement de noms d'auteurs. M. J. B. A.

Tes yeux peuvent bien approuver Ce présent d'un^cœur tributaire ; La Flambe qui te va trouver Est un feu qui tend à sa sphère.

Jette ton regard curieux Sur les merveilles qu'elle enserre; Ce qu'est Iris dedans les deux , La Flambe Vest dessus la terre.

Ou sois favorable à mes vœux , Ou tu seras digne de blasme ; Je ne mets que sur tes Cheveux Ce que tu mets dedans mon âme.

Il faut que son feu nompareil Cherche un object à qui tout cède , Et que ce qui vient du Soleil Un autre Soleil le possède.

A peine luit-elle en ces lieux , Oii l'amour veut que je l'envoyé ,

SoL'LiÉ a restitué sa paternité connue à chaque madrigal, et a dressé une nomenclature des pièces qui manquent à cette version manuscrite. Tous les madrigaux que nous donnons ici sont anonymes et ne figurent pas dans le manuscrit original.

Ce texte est scrupuleusement conforme à l'orthographe du manuscrit.

Que, paroissant devant tes yeux , Elle s'espanouit de joye.

Tes yeux en cest heureux séjour Raniment sa grâce première , Et c'est moins de l'Astre du jour Que d'eux qu'elle tient sa lumière.

L'Arc^en-Ciel n'a point de couleur Que le Soleil rende si belle Que le lustre de cette fleur Quand tes yeux rayonnent sur elle.

A l'esclat du feu véhément Dont toutes ses feuilles sont pleines ^ Tu pourras juger aysement Celuy qui brusle dans mes veynes.

Ces feuilles qui dans ce beau lieu N^ont rien que de vif et de rare.

Sont autant de langues de feu Par qui mon amour se déclare.

Je ne puis en la vive ardeur Que me cause ta renommée Exprimer l'estat de mon cœur Que par une chose enflammée.

Certes, mon courage est atteint D'autant de peines violentes Que l'émail dont elle se peint Brille de couleurs différentes.

Face l'Astre qui luit aux Koys, Pour adoucir mon amertume, Que la Flambe que tu reçois Passe en ton cœur et te consume ' /

ANONYME

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