‹ La guirlande des dieuxChapitre 46 sur 51 · ORIENTALE · texte numérisé non relu

ORIENTALE

Fleur unique, ô rose cachée Des bosquets de Schiraz et des jardins d'Edesse ! Rose qu'en vain j'avais cherchée Pour en parfumer ma jeunesse !

Rose d'Avril, à peine ouverte, Tu fleuris pour un cœur d'octobre déjà sombre ! Ta jeune gloire rouge et verte Fait pâmer mon âme dans l'ombre !

O doux calice asiatique !

Tes pétales de sang et ton odeur profonde Sont comme un abîme mystique Entre mon bonheur et le monde !

Ma triste chair, ma chair farouche Qui sent un Dieu joyeux soudain danser en elle, Grâce au miracle de ta bouche Se croit un instant éternelle !

O rose entre toutes les roses !

Toi qui m'as révélé la démence sacrée, Mon génie est maître des choses Rien que pour t'avoir respirée !

Mais hélas ! ta splendeur outrage Le bas et lâche cœur de la race servile ! Prends garde ! Un effroyable orage Vient à nous de l'infâme ville !

Prends garde, hélas ! l'éclair va luire Et du crime d'amour nul n'osera t'absoudre, O fleur unique, ô fleur martyre, O rose promise à la foudre !

i --jr

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