LES TROUPEAUX D'ADMÈTE
Poète confondu parmi les âmes viles,
Toi qui rêves les Dieux, connais-tu bien leurs jeux?
Souviens-toi qu'Apollon aux besognes serviles
Sut incliner l'orgueil de son cœur orageux.
Admète dut parfois, à l'heure coutumière, Sous le soleil couchant se retourner pour voir Le tranquille berger aux cheveux de lumière Qui menait en chantant les bœufs à l'abreuvoir !
Les Dieux de ces temps-là, même dans une étable, Gardaient le vieil esprit de leur race indomptable : Sous le sayon du pâtre ils restaient fiers et beaux.
Mais les Dieux d'à présent ont des âmes si plates Oue, lorsqu'ils sont forcés de paître les troupeaux, On les voit devant eux courir à quatre pattes !