HABILLÉS PAR BARCLAY
L^ L^hillons X^arisienj a II Inéâtre r>^-\l et à la Ville
EN dépit de la « trêve des confiseurs » , une animation joyeuse règne par les théâtres et c'est à peine si, en considérant le tableau des recettes de certains spectacles, on se douterait que les réunions familiales et mondaines des derniers jours de Tannée commencent à nous absorber.
Quelques heureux théâtres donnant des pièces jolies et délicieusement habillées, bien qu'elles tiennent 1 affiche depuis plusieurs semaines, déjà, jouent souvent à bureaux fermes. A I'Athénér, le Retour de MM. de Fiers et de Croisset compte parmi ces gros succès et chaque soir une nouvelle chambrée choisie s'émerveille devant la grâce délicate de Marthe ^ Régnier adorablement parée par Martial et Armand \\ et avec tant de juvénile élégance !
Son premier acte, en satin Crésus, roM Dubarry, s envoile d'une laize d'argent et forme un ensemble d intimité drapé en la tanagréenne formule et évoquant 1 inoubliable toile de Boldini fixant les traits de cette fine comédienne. Puis, c'est une robe de taffetas rose pastel, toute bouffante et très-style, sur laquelle des astragales de guipure d'argent, ponctuées de roses Saxe, ont le charme le plus jeunet, en attendant que d autres silhouettes d'un ennuancement charmeur, achèvent le bouquet d'élégances très parisiennes respiré dans cette comédie séduisante à tous égards.
Plus près de nous, au Théâtre Michel, L Eternel AtaécuUn est conduit au succès par une artiste aussi célèbre par son parisianisme raffiné que par son réel talent. Ses chiffons sont de très grande marque et de
a plus aristique recherche. Svelte et charmante, M ° Jane Renouardt, la fausse maigre, dans sa plus expressive formule joue dans son lit, parmi de savoureuses roseurs, le premier acte de cette étincelante comédie.
Dommage que l'encadrement de ce lit, un peu trop art moderne — si jamais art il y eut en cette afifaire — s'harmonise étrangement avec la joliesse de précieux bibelot, dix-huitième de l'enjôleuse Madame.
Au deuxième acte, une robe moyenâgeuse, tout en satin neige, semée de bouquets perlés d'où partent des chatoiements furtiis nous vaut la révélation d'une manière de manche longue, prise dans un ruban, parti de l'épaule, pour s'arrêter au poignet que cerne un bracelet de diamants.
Très nouvelle , cette prétendue manche laisse s'épanouir la savoureuse nudité d un bras charmant.
Il faut retenir cette jolie manière d hypocrisie de la mode, pour en tirer parti si l'on veut porter la manche longue lorsqu on est dotée d un bras au modelé délicat.
Mais c'est la silhouette dernière, montrée par M ^ Jane Renouardt, qui dans la salle provoque un murmure charmé. Qu'on se figure une draperie de lamé cuà're roie, prenant le buste ner\-eux et fin de la tweet artiste, en un mouvement caresseur, tandis que de longues flammes de même tissu brodé d'acier retombent en tunique sur la jupe tout en dentelle d'or, et la dépassent de toute la hauteur des longs glands qui tintinabulent à la pointe de ces sortes de rubans amincissant et magnifiant la hauteur.
A 1 heure du manteau, d un geste câlin et charmant, M"' Renouardt s'enveloppe en une souple cape de velours Vénus, rubis clair, allurée d'une hauteur de renard gris cendre, et laissant, par échappées, entrevoir le sourire vibrant d'un satin bleu de mer en doublure.
Quel peintre de la Parisienne ne serait pas tenté par cet ensemble de haut goût ! . . .
Mais voici que la Potiniére vient d'ou^xir son joli salon, tout battant neuf et que des spectacles des plus délicats y sont donnés où nos instincts Je coquetterie, d'ailleurs, trouvent leur compte. Les robes devant évoluer en l'encadrement des
artistiques décors de M. René Colin ne sauraient être médiocres et cet auditoire de jolies femmes qui s'empressent épaules nues, très emperlées, vers la "boîte " à la mode et pour cause, exige qu on se soucie de ses aspirations. Aussi dans Y Heure Ju .llari l'harmonie est-elle savamment étudiée entre le décor à l'ennuancement très doux, gardant la poésie spéciale deS ensembles dix-huitième, et la teinte surannée de la première robe très en ampleur de M ° Germaine Risse ; taffetas réséda, reflété de rouille, et jonché de bouquets vieillots. Dans sa seconde robe de velours frisson géranium, mêlée de dentelle teinte du ton, la charmante artiste trouve à sa beauté blonde le plus piquant des fards. Avouons pourtant que ce coloris vibrant s évade trop brutalement de la tonalité vieillote du cadre, pour qUe l'ensemble soit parlait.
Avec Je l'aDore nous sommes en plein art moderne dans ce salonnet aux lambris mauves et aux lumières voilées de teintes opalines et nous ne nous étonnons pas de voir, en cet artistique arrangement, se profder la silhouette nerveuse et fine de Régine Flory, l'enchanteresse qui, tour à tour, danse, mime, joue la comédie et détaille d une voix prenante les couplets pleins d esprit qu'écrivirent pour elle les malicieux auteurs... Avec une telle interprète, ceux-là sont comblés. Les curieux d'élégance, à leur tour, ne se sentent plus d'aise en détaillant tout d'abord la merveilleuse robe du soir en une sorte de grod de Naplo vieux jaune, sur laquelle, en des grâces de papillon diapré, s'enlève une courte tunique de tulle brodée et rebrodée de perles et de paillettes multicolores, aux chatoiements de lucioles... Quelle robe !... A elle seule elle justifierait 1 élan vers la Potinière, de toutes les ferventes de l'art de Callot...
Mais voici notre Régine revenue en un pyjama de haute saveur ! Parmi des souplesses de liberty neige, sa sveltesse jolie s'estompe agréablement ; mais la merveille vient, avant tout, des envolements de nimbeuse mousseline retombant très droit sur les bras, à la manière des interminables manches de Pierrot. Rien de réussi comme cet arrangement sous le rayon lumineux, donnant des effets magiques !...
Il faut savoir tirer un enseignement des joliesses montrées en scène, par de telles artistes, pour lesquelles les grands de la Couture surmènent leurs méninges, puisque les ateliers ne produisent que très occasionnellement de linédit, valant d'être noté, à cette époque de l'année. — En janvier ils prendront leur revanche pour les collections à soumettre aux acheteurs étrangers... Mais, c'est seulement au printemps que nous seront appelées à juger et à décider si oui ou non la nouveauté soumise à notre verdict devra influencer la mode de la saison.
En attendant, dans les thés mondains où chacune annonce son départ — réel ou fictif — pour la Riviera, on voit des chapeaux du plus amusant inédit. Quelquesuns, campés d'impertinente façon, encadrent à ravir le spirituel minois de la Parisienne et font prononcer le nom de Cora Marson, avec un petit air connaisseur... La place Vendôme est là, tout près... Si on grimpait?... Et voilà comment tant de jolies femmes sont pires après une tasse de thé au Ritz et une visite à ce salonnet si peu banal.
N'ai-je point oublié de vous dire qu à la reprise des Deux Ecoles à la Comédie les coquettes peuvent s'offrir une glane appréciable de silhouettes très éclectiques.
M"" Bovj', est d'un chic savoureux depuis A jusqu'à Z et sa robe noire, brodée de monnajes du pape et allurée d une longue ceinture CiipuCLne, lait tourner toutes les cervelles... M"' Suzanne Devoyod est d'une suprême distinction, qui ajoute encore à la séduction de ses silhouettes si différentes toutes, mais M"' Andrée de Chauveron, dans une courte scène, trouve le temps de faire applaudir une robe de lamé
vert jade, d'où s'évadent
Berl b e- H ennance,.
des flambées de mousseline du ton, d'une grâce aérienne — Berthe-
Hermance fecil, dit-on, et ceci suffirait à attirer à la très élégante maison des Champs-Elysées de nouvelles sympathies si déjà quelques-unes des plus admirées parmi les comédiennes du Théâtre- Français ne lui accordaient une toute spéciale prédilection... Et j'allais oublier Melnotte-Simonin qui a présenté de si jolis modèles au Salon d'Automne et dont le talent des plus délicats se précise de jour en jour.
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Poème de Monsieur PAUL FORT Illustrations de Monsieur Stab.
La .M^ode à la Ville et au Tkéâtre
Par Madame de MIRECOURT
Illustrations de Mademoiselle Lucienne Martin.
HORS-TEXTE
ÈUide de Femme, composition inédite de Monsieur J.-G. Domergue. Au beau Temp4 dcà Tuiler'uj, dessin inédit de Monsieur Cadogan. Barzoï, dessin inédit de Monsieur E. Blanche. ;,, Dessin inédit de Monsieur Cito.
Chamoni.v. dessin inédit de Monsieur Bonnotte.
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OU PAR-DELA LE BIEN ET LE MAL
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