‹ La guirlandeChapitre 3 sur 37 · L-'Ourbe^foi, bois^y a genoux · texte numérisé non relu

L-'Ourbe^foi, bois^y a genoux

la iorêt est vaste et 1 on y perd haleine

A. marciier dans son ombre, niais avant

C^ueille à la rive de 1 étang

Un

de ces roseaux droits pareil à celui

[ même

Dont la fige creuse te suffisait;, 1 en souvient-il, te suffisait, O cœur en joie, ô cœur en peine, A raire cliant er la torêt !

de l'Académie Française.

JLa lettre attend.

ne

Le carrosse aux deux lézards Verts

Une espèce de dissertation littéraire sur la meilleure manière de traiter le sujet

. La Nature a attaché sa malédiction à l'immobilité. » GŒTHE (Conversations).

■ Ils n'ont pas Virgile, et on les dit heureux parce qu'ils ont des ascenseurs. »

Anatole FRANCE (Le Jardin VEoicure).

ES lecteurs, j'aimerais mieux bavarder avec vous sans faire d'embarras, que de vous laisser tomber, comme la manne du haut des cieux, un récit qui n'aura peut - être aucun goût, mais se donnera des airs d'avoir été composé par un être sans âge, sans sexe, insoumis aux lois de la pesanteur et de la vie, et

écrivant à la façon de Moïse, sous la dictée de l'Eternel.

Car enfin, si un auteur ne cause pas tout simplement, c'est bien cette attitude surhumaine qu'il se donne. Je sais qu'il y a encore aujourd'hui nombre de gens à qui il ne répugne pas de se laisser duper par une autorité prétendue ; mais comment se fait-il que les mêmes soient acharnés, lorsqu'ils ont lu un livre, à obtenir mille renseignements sur la personne de l'écrivain ? Ce n'est pas la peine que celui-ci se soit fait passer pour un grand prêtre, un initié, un inspiré, si tout aussitôt il doit vous communiquer son état-civil, sa photographie, le menu de son repas, l'aveu de sa fleur préférée. Jeu cruel, qui consiste à se faire d'un homme, durant une heure ou deux, l'image d'une espèce de demi-dieu, et puis de le rabaisser aussitôt, voire de se délecter à ses petitesses !

La vérité est qu'il y a des hommes très grands qui sont plus simples que le premier venu. Les pensées profondes, la haute sagesse, les riches constructions de l'imagination sont l'apanage de bonshommes qui ressemblent à tout le monde, et vivent comme vous et moi. Méfiez- vous de ceux qui donnent à leur vie une tournure extravagante : ce sont probablement des farceurs, de creux comédiens avides de leurrer l'âme crédule, et qui se dégonflent un beau matin, comme des ballons remplis de vent. Souvenez-vous que Corneille portait de fort mauvaises chaussures, que

Racine fut bourgeoisement le père d'une nombreuse famille, et Stendhal un petit consul ennuyé, à Civita-Vecchia.

Nous n'écrivons pas dans les nuages. Un ange n'est point apparu pour me dire : « Prends ta plume et écris aux amateurs éclairés qui s'arrachent la belle Revue répondant au nom charmant de Guirlande. . . »

Non. Voici comment les choses se sont passées.

Je réfléchissais à un sujet de conte, choisi parmi ceux qui se rapportent le plus possible au temps présent, — on préfère une aventure du temps présent, je ne sais pas pourquoi — lorsqu'on vint m'annoncer la visite d'un jeune homme précisément tout à fait moderne. Il venait me confesser qu'ayant jusqu'ici ignoré mes livres, sous prétexte qu'il me tenait pour un monsieur « arrivé », — il paraît qu'il est tout à fait inutile de lire les ouvrages des auteurs qui se sont déjà fait une réputation — il avait été poussé à les lire par le mal extrême que l'on en disait, et, comme il était loyal, il désirait m'avouer que mes livres l'avaient touché ; seulement, et avec beaucoup de politesse et un entrain endiablé, il m'exprima aussi son regret sincère que je n'eusse point coutume de traiter des sujets plus « actuels ». — Qu'appelez- vous donc un sujet « actuel » ? lui demandai-je. — Comment ! Monsieur, dit-il, mais le monde est renouvelé par les découvertes scientifiques etc. Et le voilà à m'énumérer

les toutes dernières merveilles : avions, torpilles, sous-marins, « sans fil » et les gaz asphyxiants

récompensés par le prix Nobel. Bref, le roman, par exemple, des « Ondes hertziennes » traité par l'auteur de La Jeune Fille bien élevée, lui paraissait désirable. Je trouvais ce jeune homme charmant; il était intelligent, informé, piqué par le goût de l'innovation, ce qui n'est pas pour me déplaire ; et, évidemment, seule lui échappait une expérience prolongée de la littérature. Je songeais : « A-t-il de la chance ! D'abord il est très jeune; et il attache à une découverte scientifique l'importance que je donnais, de mon temps, au « réalisme » dans nos parlottes de débutants ! Le « sans fil » va plus loin que le réalisme, je le reconnais ; mais que sont ces prétendus perturbateurs au prix d'une ode d'Horace, d'un vers de Ronsard ou d'une de ces nonchalantes réflexions de Montaigne qui s'enlacent autour de vos membres et vous pénètrent pour la durée de la vie, comme le lierre la muraille ? Il n'y a jamais eu, il n'y aura jamais qu'une sorte de littérature, c'est celle qui nous entretient de l'esprit et du cœur humains. Les accidents de l'état social ou des mœurs, comme l'esclavage antique, la féodalité au JVLoyen- Age, ou le merveilleux scientifique de nos jours, n'ont vraiment d'intérêt que dans la mesure où ils influencent notre manière de penser ou de sentir ; or les Dialogues de Platon, qui ne datent pas d'hier, n'ont jamais flatté davantage l'intelligence ; la femme de nos jours est aussi perfide que Circé ; et n'aime-t-on point encore comme faisait Didon ? Un monsieur qui nous eût raconté avec stupeur les premiers « chemins de fer » nous paraîtrait sans doute un peu coco. Je

crois bien, moi qui vous parle et qui ai connu les diligences, avoir été un des premiers à rapporter un voyage en automobile ; je ne voudrais pas le relire à présent, tandis que l'émoi d'une jeune fille à 1 éveil de la première tendresse, qui fut sincèrement écrit il y a soixante ou cent ans, il me semble qu'il a conservé sa fraîcheur malgré tout ce que l'ingéniosité des hommes, à leurs moments perdus, a ajouté depuis lors aux arts chimiques et mécaniques. »

Et voyez, s'il vous plaît, comment les choses arrivent, et les hasards singuliers qui déterminent nos écrits !

Pendant que mon jeune homme parlait et

pendant que je faisais, à part moi, les précédents retours — que je me gardais bien de lui communiquer, parce qu'il se serait moqué de moi, vieille barbe — je prenais la résolution d'abandonner le projet de conte choisi, lequel me paraissait tout à coup encore trop rapproché du temps présent, quoiqu'il ne le fût certes pas assez au gré de mon visiteur, et je faisais le serment de conter quelque aventure qui, non seulement n'eût aucun caractère scientifique, mais fût aussi invraisemblable que possible.

« C'est avoir le caractère mal fait, me direz-vous, c'est procéder par réaction. » Hélas ! je sais bien que nous n'agissons presque jamais d'autre manière ; mais ici, je jure que je ne pensais point à réagir; j'aurais au contraire aimé à contenter mon visiteur : j'étais pour lui plein de reconnaissance, car il venait de m'éclairer en me prouvant à quel point j'eusse été sot de donner dans les nouveautés.

« JMais ce n'est pas une raison pour narrer une histoire invraisemblable !» Je vous demande bien pardon. A mesure que la littérature s'opposait pour moi, d'une manière définitive, à l'esprit scientifique, je reconnaissais que la véritable littérature était la littérature invraisemblable. Entendons-nous.

Voyons, ne prenez-vous pas en pitié tous ces écrivains qui se donnent un mal affreux pour agencer d'une manière véridique des séries compliquées de faits, lesquels, si bien imbriqués qu'ils soient les uns dans les autres, ne signifient rien du tout ? Que m'importent mille faits ingénieusement

combinés, qui ne fournissent aucune lumière à mon esprit, aucune émotion à mon cœur ? Je vous en prie, croyez-moi : ce ne sont pas les faits qui doivent être vraisemblables, c'est le sens qui se dégage des images présentées à vos yeux. Si je vous dis qu'aidé d'un Diable je soulève tous les toits de Paris ou de Madrid et vous montre la vie des hommes que ces couvertures abritaient, le fait est nettement incroyable, mais ne nuit en rien au caractère véridique de l'histoire. Il n'est pas vraisemblable que le « chêne » ait dit jamais quelque chose au « roseau » : trouvez-vous que la fable de La Fontaine pèche par la base ? Les péripéties de Candide sont insensées : il n'existe pas, à mon avis, d'ouvrage plus vrai.

Ce qui est vraisemblable, hélas ! c'est que nous avons été de grands bêtas, en accordant une importance à des éléments qui n'en ont point, et en convertissant, comme nous-mêmes, la littérature au matérialisme. Les « faits », ce sont des « signes » comme les « mots ». Une littérature qui arrive à conférer des dignités excessives aux mots est proche de la décadence ; si pareils honneurs sont rendus aux faits, la pauvre littérature perd son cerveau ; c'est une folle, une innocente de village, et sa chair même n'est pas belle, car c est la vigueur spirituelle qui lui eût valu son principal agrément.

Mais voilà trop de pédanteries et j'ai hâte d'entreprendre le récit d'une aventure à laquelle il me plaît, je vous en avertis, de donner les apparences de la plus extravagante folie et de la plus surannée.

Je ne sais pas si vous avez lu les Contes de ma Mère l'Oye. On les connaissait de mon temps, et les grandes personnes n'en faisaient pas fi. Je n'en suis pas autrement entiché, mais leur absence de prétention, leur apparence de s'adresser aux enfants — comme l'œuvre de notre Fabuliste, qu'il faut être un grand sage pour comprendre — m'ont toujours plu. Il vaut mieux avoir l'air de chuchoter de toutes petites choses au niveau de l'oreille des fourmis que de simuler qu'on embouche les trompettes du Jugement dernier. Quelqu'un se trou vera un jour ou l'autre, pour juger la valeur des choses qui auront été dites ou d'aussi bas ou d'aussi haut.

Veuillez me permettre de vous mener au cœur même d'une forêt, non dune forêt d'aujourd'hui, savamment exploitée, ou, hélas ! saccagée pour les besoins de la guerre ; au cœur d'une bonne forêt d'autrefois où les arbres croissent à leur gré et ne meurent, la plupart du temps, que de leur mort naturelle. Cela ne forme pas un enlacement de troncs et de branches inextricable, car chaque plante se défend comme un homme, a horreur d'être incommodée par le voisin et tâche à être la plus forte afin d'exterminer qui la gêne. A défaut d'aboutir à cette extrémité toujours tentante pour un être vivant, eh bien ! l'on se retire sur soimême, on raccourcit ses rameaux, on les dirige en hauteur, on se résigne à une taille fluette et un peu trop longue, mais du moins on est seul et ne se commet point, si l'on est bouleau, avec un sapin, si l'on est frêne, avec un cornouiller. Les chênes sont maîtres, cela va de soi, et étouffent la gent myrmidonesque, par la musculature

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de leurs bras et l'épaisse ampleur de leur ombre.

Au beau milieu dune telle égétation, vivaient en bonne intelligence un bûcheron nommé Gilles et sa femme, qui, étant demeurés assez longtemps — à leur grand désespoir — sans enfants, furent tout à coup favorisés de deux filles jumelles, autrement dit « bessonnes » comme il était d'usage de s'exprimer dans ^^ ce temps-là au fond des provinces.

Le bûcheron Gilles et sa bûcheronne n'étaient pas gens à se mettre en frais d'imagination pour trouver des noms à donner à leurs filles : ils les appelèrent sans barguigner Gillette et Gillonne.

Mais il s'agissait de faire baptiser les deux petites.

Quand je vous ai dit que ce monde-là gîtait au beau milieu d'une forêt, cela signifie qu'il était très loin de tout hameau ou village. De la chaumière, on n'entendait pas les cloches les plus proches, même quand le vent portait. Aussi ce fut une expédition dans le genre de celle des Rois Mages, lorsque la mère, qui nourrissait les deux marmots, étant relevée de ses couches, se jugea en état d'aller jusqu'à l'église métropolitaine.

Il y avait bien quelques huttes de bûcherons dans les environs, où l'on ramassa un parrain et une marraine, peu reluisants, à la vérité, mais qui consentirent à faire la route — si l'on peut dire — à pied, et qui, entre nous, n'étaient pas fâchés qu'une occasion s'offrît à eux de voir des lieux habités.

L'humble cortège se mit en marche, de très bonne heure, un beau matin, après avoir soigneusement verrouillé les portes.

Nos bonnes gens étaient fort aises, parce que le jour qui commençait à poindre devait être celui d'une de ces fêtes de famille dont on se souvient.

Mais ils étaient loin de se douter qu'ils devaient avoir sujet de se souvenir de cette fête-là longtemps.

Après une heure et demie de pérégrination sur la mousse, les champignons et les aiguilles de pin qui rendent le pied glissant, ils s'assirent afin que la mère prît un peu de repos et donnât le sein à ses poupons. Et celle-ci donnait le sein droit et le sein gauche tout ensemble, afin de ne point perdre de temps ; et les deux jumelles emmaillotées, comme deux paquets croisés sur

les genoux, s'accommodaient de cette double coulée et épuisaient gloutonnement les provisions maternelles.

Gilles, pendant cette opération, s'était écarté avec le bûcheron qui devait remplir les fonctions de parrain et avec quelques autres qui les accompagnaient pour l'honneur ; et, tous, ils examinaient en connaisseurs les fûts des hêtres et des chênes, fixant le prix au cours du jour.

Tandis qu'ils s'adonnaient à leurs calculs, ils furent distraits par des cris plaintifs issus d'un trou profond. Et, s'étant approchés de la margelle de ce puits, ils distinguèrent une vieille femme en haillons.

— Qu'as-tu, la mère ? lui dirent-ils ; est-ce le fait d'une femme de ton âge de passer la nuit à la belle étoile ?

— Hélas! mes bons messieurs, dit la vieille, je me suis laissée choir en ce maudit lieu à la tombée de la nuit, qui m'a paru longue, car je pense que j'ai une jambe cassée... Mais que doivent penser, eux, mes pauvres enfants qui me croient morte à l'heure qu'il est ?

Les bûcherons se laissèrent glisser dans le trou et se mirent en devoir de tirer de là la pauvresse. Elle poussait des cris de renard pris au piège, à quoi ils reconnurent qu'elle pouvait, selon son dire, avoir quelque membre rompu ; et ils étaient très embarrassés, car enfin ils ne pouvaient pas l'emmener ainsi à la ville, ni chez le rebouteur qui habitait loin en arrière. Alors, sans réfléchir davantage, ils la menèrent vers la mère Gilles, car, bien que les hommes médisent ordinairement

des femmes, ils vont d'instinct vers elles dès qu'il s'agit de prendre conseil.

— Mon Dieu ! dit la mère Gilles, en apercevant l'antique percluse, il faut remettre le baptême : ce n'est pas chrétien que d'abandonner une si pauvre femme en plein bois !

Mais la vieille, à la vue des deux bessonnes, interrompit ses plaintes et dit :

C'est à vous, Madame, ces deux gentilles

petites créatures ?

— Oui, fit la mère, et elles prennent bien, comme vous voyez : ce sont deux filles, pour mon malheur ; on a du mal à tenir cette engeance-là ; deux garçons auraient mieux fait mon affaire . . .

— Ne vous mettez point en peine, dit la vieille; je vois que vous êtes de braves gens...

A ce moment, — écoutez-moi bien ! — le jour parut dans toute sa splendeur, par Une trouée qui se fit soudain dans les cimes, sous l'influence de l'air matinal. Et nul ne sut jamais comment se fit la chose : les bûcherons furent allégés de leur fardeau. La vieille disparut. Tout gémissement s'éteignit. Et l'on vit, non sur le sol en vérité, mais bien au-dessus, à la hauteur d'au moins deux tailles d'homme, donc soutenue miraculeusement dans les airs, une dame d'une merveilleuse beauté.

Et cette damé, aussi brillante et non moins belle que le jour, s'adressa de là-haut aux bûcherons et aux bûcheronnes fort surpris — sa voix avait la douceur et le charme du vent qui chante dans les ramures des pins — : « Je suis, dit-elle, la Fée Malice. Mais n'ayez point peur de mon

nom !... J'ai voulu éprouver votre cœur. Je vois qu'il y a encore, parle monde, quelques braves gens, du moins au fond des bois. Vous m'avez secourue : je ne demeurerai pas en reste avec vous, car, Dieu merci, je suis riche. Allez faire baptiser vos bessonnes, et, à

rez une surprise...

la Fée Malice distôt, au gré de tous, q gens prévu jusqu'ici admirable, ni paroles s prononcées des bûcherons tège, fit mine tourner , sans vers les car il était connaître se qu'avait Fée. On par le fond pantalon, sant obla surprise pour lui

.votre retour, vous trouve Ayant dit ces mots,

parut, beaucoup trop .

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et que s'il n'assistait pas comme tout le monde au baptême, la Fée serait bien capable de lui poser une taie sur les deux yeux.

Il suivit donc les autres pas à pas, mais en grommelant, et, au bout d'une autre heure de marche, ayant ruminé dans son esprit de bûcheron, il dit à ses compagnons qui s'entretenaient de l'événement :

— Et alors, vous y croyez, vous ?

— A quoi? firent-ils tous, hommes et femmes.

— JMais, à la Fée.

— Le farceur! Et il voulait retourner sur ses pas pour ne point la perdre !

— Je voulais retourner boire un coup, faute de quoi je me sens capable d'avoir encore des visions comme une fillette aux pâles couleurs...

Les autres bûcherons furent choqués de son impertinence; mais ce n'est jamais en vain que l'on entend émettre une idée, si mauvaise soit-elle, et principalement une qui tend à détruire quelque chose.

Un autre bûcheron dit :

— C'est peut-être bien l'éclat du jour qui nous a éblouis, ma foi...

— Eblouis ! éblouis ! dit la mère Gilles, et tes oreilles? et tes doigts? Est-ce que tu n'as pas touché la vieille? N'as-tu pas senti ses os pointus? Ne s'est-elle pas évanouie pour toi comme pour les autres dans le même moment où la belle dame a paru en l'air et a dit pour nous tous les mêmes choses?... Répète un peu ce qu'elle a dit !

L'un répéta ce qu'il avait entendu. Mais il fut contredit par un autre qui avait ouï différemment. Comme on ne réussissait pas à se mettre d'accord, l'incrédule bûcheron triomphait.

— Moi, je sais bien une chose, dit la mère Gilles, c est qu'elle a promis de ne pas demeurer en reste avec nous, attendu qu'elle est riche, et, en désignant mes filles, elle nous a annoncé une surprise au retour...

Mais il ne se trouva que son mari pour avoir entendu la même chose, car la bonne promesse s'adressait à son ménage et non point aux autres. Et à mesure qu'il s'accréditait que la surprise était réservée aux bessonnes, la croyance à la Fée faiblissait, et même elle était réduite à néant, avant que l'on eût atteint la ville.

Tant et si bien que Gilles et sa femme eux-mêmes finissaient par concevoir quelque inquiétude.

Cependant, il se produisit, en pleine ville, une chose étonnante. C'est qu'aussitôt les bessonnes présentées aux fonts baptismaux, les cloches sonnèrent à toute volée, bien que les pauvres parents n'eussent point eu le moyen de faire les frais du carillon, ce qui causa un grand émerveillement et attira fort concours d'oisifs à l'entour de l'église. Or, lorsque le cortège sortit, ne voilà-t-il pas que des gamins se trouvèrent là, assez proprement habillés, ma foi, et qui semaient des dragées à grands gestes, comme on répand le blé dans les sillons, et ces gamins tiraient ces sucreries de corbeilles toutes neuves, profondes, et que nulle prodigalité n'épuisait.

On supposa que les bûcherons avaient de puissants protecteurs dans l'endroit; cependant on ne les vit ni monter au château, ni franchir le porche d'aucun hôtel opulent. Ils allèrent tout simplement à l'auberge du Cheval- Blanc, mangèrent et burent en gens économes,

vif regret, à la voulant solder

de quoi ils eurent vérité, quand, leur écot, ils que le était Je laisse à si tout d o n n a facéties des bûche dules, qui admettre quel cellerie, quoiqu'ils n'eussent point vu de sorcier, mais qui refusaient d'admettre la Fée que cependant ils avaient tous vue, touchée et entendue.

(à suivre)

de L'Académie Françaue.

Certes, mon pays m'était cher;

Mais l'amour m'a troublé la tête; J'ai traversé la mer, J'ai braVé la tempête,

Pour toi, Bomba, fille aux yeux noirs !

Pour toi, Bomba, fille aux yeux noirs !

Voici mon cœur et des bijoux !

Voici de l'or et des richesses !

Je Veux tes seins si doux!

Et je Veux tes caresses !

O toi, Bomba, fille aux yeux noirs !

O toi, Bamba, fille aux yeux noirs !

I >r» u;* 2 r* Pî-^¥3

Laisse-moi m' étendre un moment Sur cette couche où tu reposes.

Je Veux ton corps si blanc !

Je Veux tes lèvres roses !

O toi, Bomba, fille aux yeux noirs!

O toi, Bomba, fille aux yeux noirs!

Mais à mon étreinte d'amant, Si tu tentais de te soustraire,

Maudit soit ton enfant!

Et maudit soit ton père !

O toi, Bomba, fille aux yeux noirs !

O toi, Bomba, fille aux yeux noirs!

Trémousse=toi, manchette !

Dans la Vigne, prends du raisin.

Trémousse = toi, coquette!

Cueille des fleurs dans le jardin !

Trémousse°toi, Planchette, Et chante-moi quelque doux chant.

Trémousse - toi, coquette; Et mon cœur sera bien content !

Trémousse°toi, manchette !

'Dans les champs, cueille des melons.

Trémousse - toi, coquette !

Aux citronniers, prends des citrons.

Sa natte bien tressée S'est dénouée enfin pour moi ;

Elle s'est trémoussée ; Et mon cœur en est en émoi.

Trémousse'toi, TManchette!

Cueille les fleurs de mes rosiers!

Trémoussctoi, coquette!

Mange les fruits de mes dattiers !

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