TRAITEMENT DES MALADIES DE CŒUR
PAR
LA GYMASÎIP »IC0-MÉC.«(1(1UE ZMDER
CONFÉRENCE TENUE A LA PÈTE ANNUELLE DES VILLES d'eAUX DE LA FORÊT-NOIRE A BADEN-BADEN LE 7 OCTOBRE 18 9 3
PAR
Le D« F. HEILIGENTHAL,
COXSEILLEn A LA COUR DU GRAND-DUCHE DE BADE, MEDECIS DIRIGEANT DE L'ÉTABLISSEMENT DE BAINS DU FRIEDRICHSBAU ET DES ÉTABLISSEMENTS DE BAINS GRAND-DUCAUX DK BADEN-BADEN
Du traitement des maladies de cœur par la gymnastique médieo-méeanique Zander.
Je voudrais appeler votre attention sur une branche de la thérapeutique physique dont l'introduction sur le continent et dont la propagation ultérieure ont été l'œuvre de notre établissement thermal et plus encore de notre gouvernement du Grrand-Duché, ^ je veux parler de la gymnastique médico-mécanique Zander.
Notre institut de gymnastique médico-mécanique, le premier qui fut fondé en Allemagne, a été installé au Bain grand-ducal du Friediichsbad en 1884 avec 25 appareils; il a reçu une grande extension en 1886 par l'acquisition de tous les appareils Zander qui ont été montés dans le grand hall de l'établissement, et cette même année un second institvit complet s'oiivrait pour les femmes dans le nouveau Bain de l'Impératrice Augusta.
Depuis la fondation de 1884, la plupart des grandes villes d'Allemagne ont été pourvues d'instituts Zander, les uns avec un choix d'appareils, les autres avec la collection entière.
Je me borne à citer Munich, Carlsruhe, Mannheim, Hambourg, Berlin, Dresde, Leipzic, Wurzbourg, Stuttgart, etc., sans compter nombre de villes d'eaux qui suivirent cet exemple, telles que Wildbad, Aix-la-Chapelle,
1 Le D' Nebel de Francfort-sur-le-Main, qui a composé entre autres nn grand ouvrage sur la gymnastique médicale Zander, le T>' ScHUTZ de Berlin, le D' Hasebrobk d'Hambourg, le B' Levertin de Stockholm et d'autres élèves du D' Zander ont aussi coutribué, et dans une large mesure, à la propagation de la méthode. (Note de l'éditeur.)
Ragaz et Carlsbad. L'éinimération de tous ces instituts dont l'installation n'a pas été sans exiger des frais considérables dit assez la valeur thérapeutique et l'importance de la méthode Zander: les résultats obtenus en garantissent la durée et ne permettent pas de n'y voir qu'une simple aiïaire de mode, comme on s'est plu à le croire de difPérents côtés. Ici, à l'institut de gymnastique médico-mécanique du Friedrich sbad, il n'y a pas eu, depuis 1884-, moins de 5581 personnes en traitement. Les maladies traitées comprennent une grande partie du domaine pathologique; il n'y a qu'un très petit nombre de divisions de ce domaine qui ne soient pas représentées dans la statistique en question.
Y figurent au premier rang: les anomalies constitutionnelles, les maladies du système nerveux et des organes de la locomotion, puis les maladies des organes de la circulation, du bas-ventre et des organes respiratoires; ensuite les maladies du cerveaxi et de la moelle épinière, • les maladies des femmes et le vaste domaine des maladies chirurgicales: suites de fractures, de luxations, de foulures, cicatrisations, scolioses.
Dans ce large champ d'efficacité de la gymnastique médicale, je voudrais aujourd'hui, si vous le permettez, porter votre attention sur une question des plus difficiles, mais aussi des plus fécondes, je veux dire sur le traitement des maladies des organes de la circulation par la gymnastique médicale Zander. Sur les 5581 sujets de l'établissement, 702 sont désignés comme l'ayant fréquenté, dans les années 1884 à 1892, pour cause de maladies des organes de la circulation, lesquelles se répartissent d'ailleurs ainsi qu'il suit: troubles de la circulation en général: faiblesse cardiaque, 241; dégénérescence graisseuse du cœur et tendance à cette affection, 158; lé.sions valvulaires, 142; hypertrophie et dilatation idiopathiques, 37; myocardites, 26; névroses ou palpitations nerveuses du camr, 45; anévrisme de l'aorte, 5; angine de poitrine, 10; artériosclérose, 31.
Vous voyez par ce taljleau comparatif que les maladies de cœur y fournissent des données aussi nombreuses que variées. Je dois ajouter que les sujets n'étaient pas tous soumis à ma propre observation: un nombre assez considérable d'entre eux étaient traités par mes honorables collègues qui visitent l'institut.
Le mouvement en général est un moyen depuis longtemps préconisé pour le traitement des maladies de cœur et particulièrement des lésions valvulaires (Stokes et Daniel), mais depuis longtemps aussi retombé dans le discrédit ou dans l'oubli. Je ne fais que rappeler notre temps d'études où l'on nous enseignait à regarder les lésions valvulaires presque comme un «noli me tangere»: la digitale et le repos étaient les seuls, remèdes. A pareil traitement les malades contractaient une recrudescence de dyspnée, perdaient l'appétit et désapprenaient presque complètement la marche. C'est seulement quand les cures • d'OERTEL, cure de l'ascension des montagnes (Terraiuhir) et cure diététique, furent — si je puis ainsi parler — devenues à la mode,; que la controverse devint brûlante touchant la question de savoir auquel des deux procédés on devait accorder l'avantage, de celui de l'ascension des montagnes ou de celui de la gymnastique suédoise et, plus particulièrement ici, du traitement médico-mécanique à l'aide des appareils Zander.
Nous sommes ici même en mesure d'employer à l'égard des cardiopathiques les deux méthodes, tantôt isolées et tantôt combinées: nous en pouvons donc comparer les effets. Mes expériences s'accordent avec celles des autres observateurs sur uai point: c'est qu'à la gymnastique médico-mécanique peut être attribué un champ incomparablement plus vaste d'aifections cardiaques à traiter que cela n'est généralement possible avec les cures d'ascensions, la première de ces méthodes étant plus modérée et ne présentant pas les mêmes dangers que la seconde; mais c'est aussi qu'en certains cas et des plus fréquents, en particulier dans la dernière période du traitement,
elles peuvent être toutes deux employées concurremment avec succès et se prêter de la manière la plus efficace un mutuel appui.
Les deux méthodes poursuivent le même objet; c'est, h savoir, de faciliter le travail du cœur en écartant un obstacle permanent, en tonifiant la musculature cardiaque et en rétablissant la compensation détruite, en provoquant enfin une meilleure répartition du sang, c.-à-d. en allégeant la circulation veineuse et en remplissant davantage les artères. La circulation totale est par là rendue plus libre, la pression du sang dans l'aorte diminue et par suite aussi la résistance qu'elle opposait au cœur. Le résultat final est l'allégement du travail dn cœur: le cœur est ménagé et la musculature en est améliorée et renforcée.
Les moyens par lesquels la gymnastique médicale cherclie à atteindre ce but sont d'abord de légères contractions des muscles volontaires, c'est-à-dire des mouvements gymnastiques. On sait que dans un muscle mis im mouvement les échanges et la chaleur s'accroissent, en d'autres termes, que l'afflux de sang y est augmenté; on sait également que l'action foulante et aspirante exercée par le muscle en mouvement accélère particulièrement la circulation centripète et facilite l'écoulement centrifuge du sang. — Ces effets de la musculature entrant en jeu se fout sentir d'une manière prépondérante sur la circulatiou dans les petits vaisseaux jusqu'aux capillaires: à la voir ainsi activée dans des régions vascu- 1 aires aussi étendues et aussi éloignées du centre du système, on aperçoit là encore pour le cœur ménagement de l'organe et allégement de la fonction. Plus les régions vasculaires prises à partie seront multiples et variées, en d'autres termes, plus il y aura de diversité dans les mouvements gymnastiques, plus aussi la réaction sera intense sur le centre de la circulation. La répartition du sang deviendra de yjlus en plus normale et le nivellement de la pression dans les artères et dans les veines
aura un contrecoup bienfaisant et calmant sur la musculature du cœur dont l'activité sera rendue plus régulière, plus énergi(iue et plus forte. — Un avantage essentiel et d'importance capitale que présente la gymnastique médicale pour le traitement des affections graves du cœur, c'est qu'elle obtient ces effets sur la circulation sans entraîner en général aucune fatigue et sans provoquer aucune surexcitation de l'organe lésé, sans même que du renforcement de l'action cardiaque il résulte gêne ou peine.
C'est là qu'est le centre de gravité où notre métliode de gymnastique médicale se sépare avantageusement de la cure d'ascension. Tandis que le surmenage du cœur et des poumons n'est pas le moins du monde exclu de celle-ci, à cause des mouvements fatigants et, pour beaucoup de cardiopathiques, excessifs, qu'exige l'ascension des montagnes, au contraire ces symptômes pénibles et inquiétants, parfois même graves, ne sont pas à redouter dans la gymnastique médicale, parce qu'on y peut effectuer le dosage le plus minutieux, l'appropriation la plus rigoureuse et pour ainsi dire le pesage en grammes du mouvement à appliquer et de la résistance à surmonter.
Je reviendrai sur ce sujet avec plus de détails encore à propos des méthodes d'emploi de la gymnastique médicale. Un autre avantage important à signaler également pour le traitement des maladies de cœur, c'est la régularisation de la respiration, telle que le D'' Zander l'a spécialement prescrite pour chaque appareil. Étant donnée l'influence de la respiration sur la circulation, il va sans dire qu'une inspiration et une expiration bien profondes et se succédant à intervalles lents et réguliers doivent essentiellement contribuer à hâter la distribution du sang du cœur droit au cœur gauche.
Après cet exposé succinct de la théorie de la gj^mnastique médicale Zander, il me reste encore à insister sur ce fait que les résultats obtenus sont en général favorables et dans beaucoup de cas dépassent toute attente.
11 n'y a d'ailleurs jamais eu de malheurs à déplorer pendant le traitement des cardiopathiques par la gymnastique médicale. Je puis bien le soutenir: quand on a quelque temps observé et pratiqué et quand on a quelque peu étudié dans le détail la méthode Zander appliquée au traitement des maladies de cœur, on ne se défend pas d'y adhérer avec un certain enthousiasme; elle procède d'une manière doiice et souvent plus agréable pour le sujet que tout autre moyen thérapeutique.
Un phénomène presque fixe et qui se reproduit dans chacune de ces cures, c'est la disparition, au bout des premiers joiirs mêmes du traitement, des stagnations, de l'insomnie, de l'oppression, des palpitations du cœur, tou.tes choses qui dès lors font place à des dispositions confiantes et pleines d'espoir. Or chacun de nous sait de quel prix est précisément l'amélioration du moral chez les cardiopathiques. Des sujets qui n'étaient pas en état de se rendre à pied de leur demeure à l'établissement du Friedrichsbad et qui étaient obligés d'abord de se faire porter pour y monter l'escalier, nous ont souvent surpris, après quelques semaines seulement de traitement, en venant nous annoncer joyeusement qu'ils avaient pu monter sur les hauteurs avoisinantes sans ressentir cependant aucun malaise du côté du cœur ou des poumons.
Avant de passer à la discussion du traitement des différentes maladies de cœur, je dois encore mentionner que la méthode Zander possède un appareil pour un mouvement tout spécifique, désigné aussi sous le nom de idigitale des gymnastes», parce qu'il a pour effet d'abaisser une activité cardiaque portée à un point d'excitation anormale. C'est la vibration du dos, dont l'application entraîne souvent, pendant ^/a minute à 2, une diminution de la fréquence du pouls, et une diminution d'autant plus grande que le pouls était plus fréquent. Le D"" Zander a constaté une chute de 130 à 90 à la minute. Voici la règle générale qui prévaut pour l'application des appareils Zander aux cardiopathiques: on doit corn-
mencer par des monvements passifs et n'y substituer (pie graduellement l'exercice actif des bras et des jambes, en n'employant d'ailleurs au début que de faibles résistances; on a toujours soin d'observer minutieusement les ordonnances de respiration en tenant compte des particularités individuelles du sujet. C'est peu à peu seulement que l'on intercalera des mouvements du tronc et lentement, prudemment, que l'on augmentera les résistances. Les mouvements doivent être exécutés sans hâte, sans précipitation, et coupés de pauses. L'u.sage simultané de médicaments, régimes diététiques, bains, etc., le tout approprié, n'est nullement exclu par le traitement gymnastique. Il faut seulement se montrer extrêmement prudent dans l'ordonnance de cures diététiques, la gymnastique médicale représentant déjà une somme de mouvements qui, combinés avec le mouvement en plein air, peuvent facilement amener une fatigue excessive du cœur ou du moins des suites désagréables et fâcheuses.
Une individualisation sévère est nécessaire ici et au surplus facile à observer .avec le règlement de la gymnastique Zander. Il n'y a "qu'un petit nombre de mouvements qui y figurent comme interdits aux cardiopathiques; ce sont ceux de: flexion du tronc (position assise et position couchée (C 1 et C 3), extension du tronc (position assise, les jambes droites (C 4), rotation de la partie supérieure du tronc (C 7), flexion et extension du cou (CIO).
Parmi les groupes d'afl^ections cardiaques énumérés plus haiit, ceux dont le traitement a les plus heureux résultats sont: les troubles de la circulation en général, la débilité du cœur et la tendance à la dégénérescence graisseuse de la musculature cardiaque. Au degré d'intensité de ces maladies ou dispositions maladives sont proportionnées et les précautions dans le choix des exercices et l'attention qu'on apporte à ménager le cœur; on ordonne tout de suite ou des mouvements actifs avec
des résistances importantes, on simplement des mouvements passifs avec les plus faibles résistances.
Nous trouvons dans ce groiipe les manifestations multiples dont se plaignent les femmes à l'âge critique. En dehors des grandes dispositions à l'obésité, ce sont les effervescences du sang à la tête et au cœur, les froids aux mains et aux pieds, les troubles digestifs, les hémorrhoïdes, le penchant à la mélancolie et le dégoût de l'occupation, l'absence d'énergie, l'inquiétude, l'oppression et d'autres symptômes encore qui sont bien connus des femmes, en un mot les phénomènes qui, faute de tout symptôme organique, ne peuvent se ramener qu'à des troubles de la circulation.
Cette clientèle féminine fournit à la gymnastique médicale un contingent abondant et inestimable: les résultats sont toujours et sans exception pleinement favorables.
Un second groupe qui n'est pas traité avec moins de succès, est celui que constituent les grossissements idiopathiques dxi cœur, c'est à dire ces hypertrophies qui se forment dans la pleine intégrité des valvules et des artères. A cette catégorie appartiennent au premier rang les grossissements causés par ce qu'on appelle l'alimentation luxueuse, par le surmenage du cœur. Le D'' H.\SEBR0EK, médecin dirigeant de l'institut Zander de Hambourg s'exprime à cet égard de la manière suivante: r Un régime d'alimentation trop riche combiné avec l'absorption considérable de boissons alcoolisées, de café, avec l'abvis du tabac condu.it, faute d'exercice corporel, à des stagnations nerveuses dans le canal intestinal, lesquelles entraînent à la longue, favorisées surtout par l'engraissement général, une augmentation de pression dans le système de l'aorte. Or cette augmentation de pression, avec la résistance anormale dans le système de l'aorte et avec l'accroissement pathologique du travail cardiaque qui en découle, c'est là une des causes fondamentales de l'hypertrophie idiopathique du cœur. Il nous
est conséquemment indiqué d'avoir à contrarier cette augmentation de pression, à l'amoindrir et à la prévenir, et à cette indication nous pouvons nous conformer par l'emploi si efficace, outre de la diète, de la gymnastique médicale. Les exercices musculaires nous fournissent un des moyens physiologiques les plus avantageux pour accélérer le cours du sang dans les veines, pour en vaincre l'inertie dans les vaisseaux abdominaux et pour empêcher l'accumulation de graisse dans l'organisme. De plus, nous avons dans la gymnastique médicale d'innombrables mouvements qui, procédant à la façon d'une pompe aspirante et foulante (au moyen des fascias étudiés en détail par Braune), agissent sur la circulation du sang; nous activons encore celle de la lymphe par une série d'opérations mécaniques et enfin nous sommes en mcsxire d'exercer sur les mouvements péristaltiques de l'intestin une influence incontestable et salutaire. .->
Frântzel à son tour, dans son ouvrage sur les hypertrophies idiopathiques du cœur, reconnaît en ces termes l'action de la gymnastique médicale: «Parmi les exercices gymnastiques, la gymnastique médicale suédoise mérite une place tout à fait à part. Bien que mon expérience soit encore courte, je crois néanmoins pouvoir dire que cette méthode remplit précisément les indications exposées ici et qu'elle y a affirmé son excellence. »
Si je me suis arrêté assez longtemps sur cette forme de maladies de cœur, c'est que nous la rencontrons très souvent; je suis convaincu que les cas rangés dans les groupes précédents à titre d'asthénie cardiaque, dégénérescence graisseuse du cœur, troubles de la circulation, renferment implicitement le germe de développement de l'hypertrophie idiopathique du cœur.
Un autre groupe est encore formé par les affections des valvules du cœur. S'il ne peut être question de guérir les lésions valvulaires, au moins pouvons-nous, en améliorant la musculature du cœur, faire tant que de
remire les lésions valvnlaires inoftensives dans leurs conséqiiences et de rétablir la compensation perdue. Durant le traitement médico-gymnastique j'ai bien entendu les bruits du cœur devenir moins distincts, mais n'ai pu constater qu'ils disparussent complètement. Quant à une méthode spéciale ou à des appareils spéciaux pour le traitement de telle ou telle maladie des valvules, il n'y en a pas. On m'a souvent adressé cette question: «Quels appareils employez-vous pour les lésions mitrales?» La seule réponse à faire en pareil cas, c'est qxxe l'on se sert encore ici du mouvement en général, lequel a pour effet, comme nous l'avons exposé en détail, de ménager le cœur et de stimuler et de faciliter la circulation.
;Veut-on s'assurer que l'on n'a pas dépassé les limites dans lesquelles le traitement des lésions valvnlaires et des affections de la musculature cardiaque par la gymnastique est applicable, on le reconnaîtra aux faits suivants: d'abord, à ce qu'il en résultera non une augmentation, mais une diminution de la fréqiience du pouls et des palpitations quelque peu tenaces; puis le pouls ne restera pas petit et vide ou ne deviendra pas plus ii'régulier, mais bien au contraire c'est un accroissement de la tension du pouls qui se produira, la respiration se fera plus librement et plus aisément: en un mot les sujets se sentiront mieux.;- (Nebel.)
Je ne fais que mentionner encore un cas d'anévrisme de l'arc de l'aorte que j'ai déjà rapporté en 1888 dans les Publications des médecins de Baden-Baden et qui pourrait montrer d'une façon très instructive les effets de la gymnastique médicale, bien que l'action soit ici purement palliative et de courte durée.
Pour conclusion de cette conférence où j'ai mis votre patience à une longue épreuve, qu'il me soit permis de mentionner encore une approbation, venue d'un autre côté et qii'a reçue dans ces tout derniers temps la gymnastique Zander. J'ai cité plus haut ce qaie dit Frantzel à cet égard ; à côté de lui Friedrich Hoffmann, dans ses
Leçons de thérapeutique générale, 3« édit., s'exprime ainsi qu'il suit:
.vMaintenant aussi les instituts Zaïider nous fournissent un nombre d'observations assez considérable pour nous faire voir que le traitement des cardiopathiques par l'exercice est d'une portée et d'une utilité bien autrement étendues qu'on n'avait voulu l'admettre jusqu'ici de différents côtés. Ce qui distingue la métliode Zander entre toutes et avant toutes, c'est qu'elle permet de doser Vexercice d'une façon certaine et qu'elle met à même de commencer par les manipulations les plus j^rudentes comme aussi de les augmenter graduellement et conformément aux circonstances. Aussi sera-t-elle dans bien des cas la cure préalable, le préhide indispensable de l'ascension des montagnes et autres méthodes d'exercices violents. Les observations que nous avons sous les yeux nous montrent que l'on réussit à diminuer chez beaucoup de malades la fréquence du pouls, à améliorer chez eux d'une façon durable la pression du sang, à augmenter leur diurèse et à faire disparaître leur œdème.
i)'- Heiligenthal.
DU