FORMATION DES RANGS
Lorsqu’un professeur veut faire exécuter la première partie de notre leçon du plancher (exercices sans instruments) par un grand nombre d’élèves à la fois, il les place d’abord sur un seul rang, soit à droite, soit au milieu de la salle ou de la cour affectée aux exercices, le poing gauche fermé sur la hanche. (Nous disons le poing fermé, afin que le bras soit tenu dans une position tout à fait latérale, point essentiel pour l’alignement.)
Le professeur commande Fixe!
Les élèves laissent tomber le bras gauche dans le rang.
Il les fait ensuite se numéroter de droite à gauche (1), les fait doubler sur deux, quatre ou huit rangs, et leur fait prendre enfin la grande distance ou la douUe grande distance, selon l’étendue et la configuration du local dont il dispose.
Les élèves ayant été, par exemple, placés sur quatre
(1) Voir École du soldat sans armes ; Formation des Rangs. (page 199.) ,
rangs dans le fond du gymnase ou de la pièce affectée aux exercices, le professeur commande :
lorrang, Six pas en avant.
rang, Quatre pas.
3° rang. Deux pas.
Marche 2
Lorsque le professeur prononce ce dernier mot, les trois premiers rangs s’ébranlent en même temps, en partant du pied gauche, pour venir se placer aux distances indiquées.
Si la division a été formée à droite, le professeur commande ; Sur la droite, prenez la grande distance, marche!
Au commandement de ; Prenez la grande distance, chaque élève, sauf ceux de la première file qui ne bougent pas, pose la main droite sur l’épaule gauche de son voisin.
Au commandement de marche, il se porte à gauche, par de petits pas de côté, jusqu’à ce que le bras droit soit entièrement tendu.
Si la’division se trouve placée au milieu de la salle, le professeur, qui aura eu soin de diviser les élèves de façon qu’ils soient en nombre impair dans Chaque rang, commandera :
Sur la file du milieu, à droite et à gauche, prenez la grande distance.
Marche t
Au commandement de marche, s’il y a, par exemple, deux numéros, le numéro 5 ne bouge pas, les numéros 1 ,
2, 3, 4 placent la main gauche sur l’épaule droite de leur voisin de gauche et se portent à droite. Les numéros 6, 7, 8 et 9 placent la main droite sur l’épaule gauche de leur voisin de droite et se portent à gauche.
Lorsque le local est assez vaste pour permettre au professeur d’élargir les distances, ou lorsqu’il a à faire exécuter les exercices des barres à sphères et des massues, il commande :
Sur la droite, prenez la double grande dislance,
Ma.rche S
A ce commandement, les élèves, sauf ceux de la première fde, se portent par de petits pas vers la gauche, en étendant latéralement les deux bras, jusqu’à ce que le bout de leurs doigts touche le bout des doigts de leurs voisins de droite et de gauche.
Mêmes principes pour la double grande distance sur la fde du milieu.
Aussitôt les distances établies, les élèves des deuxième, troisième et quatrième rangs s’alignent vivement, par de petits pas de côté, sur leur correspondant du premier rang.
Le maître commande alors :
Halte-Ryael
Au mot : fixe, les élèves laissent tomber avec ensemble les mains bien ouvertes sur les cuisses, et ils demeurent immobiles, l’œil fixé sur le professeur.
Après avoir rectifié raligiiement, s’il y a lieu, ce dernier se place à une distance de quelques mètres, de façon à être vu par tous ses élèves pendant l’exécution des mouvements du plancher.
Le commandement doit en être énergique, mais pas trop bref, la voix plutôt un peu chantante, afin d’accompagner l’exercice dans son entier développement.
Le maître exécutera lui-même chaque mouvement une fois au moins, et tout en poursuivant sou commandement, il se portera à droite et à gauche, afin de s’assurer si l’exercice a été bien compris et de le redresser, s’il y a lieu. Toutefois, il ne devra pas, poii.r un élève en défaut, suspendre le mouvement ou le recommencer.
Lorsque le nombre des élèves est trop considérable pour que le professeur puisse les voir tous et être vu de tous, il choisit un ou plusieurs d’entr’eux, les plus capables, bien entendu, et les charge de surveiller avec lui l’exécution des mouvements.
11 doit s’attacher, d'une façon toute particulière, l\ la simultanéité parfaite dans l’exécution, non pas seulement au point de vue de l’effet, mais parce que les natures nerveuses, fébriles, seront ainsi obligées de modérer la vitesse de leur élan; les natures lourdes, lymphatiques, entraînées au contraire à un effort plus rapide et plus énergique. Exécutés avec ordre et discipline, les mouvements du plancher et les courses réglées sont, pour la jeunesse, la meilleure initiation aux exercices
militaires et à la vie même du soldat, aujourd’hui obligatoires pour tous.
Pendant les intervalles de repos que le professeur trouvera bon d’accorder à ses élèves, il fera bien de leur parler de la structure du corps, de ses différentes parties, de leur disposition si intéressante, de leur merveilleuse harmonie et de l’influence de l’exercice sur leur développement, 11 pourra en même temps leur donner les premières notions d’ostéologie et de myologie, leur apprendre et leur faire répéter le nom des organes et leurs diverses fonctions (1). Il démontrera enfin à ses élèves l’avantage immense qu’ils trouveront dans la vie à être forts et agiles, adroits et résolus, et les services que la possession de ces qualités leur permettra de rendre plus tard à leurs semblables et à eux-mêmes.
(1) Voir h la fin du volume.