‹ La gymnastique raisonnéeChapitre 26 sur 59 · COURSES GYMNASTIQUES · texte numérisé non relu

COURSES GYMNASTIQUES

Les exercices terminés, le professeur commande :

Par le liane droit — droite !

Au commandement de droite, les élèves tournent sur le talon gauche en élevant un peu la pointe du pied gauche et le pied droit, et rapportent ensuite vivement le talon droit à côté du gauche.

Commandement : Sur la 'première fde, serrez vos intervalles — marclic !

Les élèves de la première file ne bougent pas; les files suivantes viennent, au commandement de MARCHE, en partant du pied gauche, se placer les uns derrière les autres.

Commandement : a gauche — front !

Tous les élèves font face à gauche en pivotant sur le talon gauche.

Commandement : Sur le premier rang serrez vos intervalles — marche !

Au mot 'marche, le deuxième rang vient se placer derrière le premier, le troisième derrière le second et ainsi de suite.

Le professeur commande ensuite :

Rompez les rangs.

On peut, au lieu de rompre les rangs, les faire dédoubler pour finir, ainsi que nous l’avons recommandé, par une petite course commençant au pas accéléré, se continuant au pas gymnastique, pour revenir à l’accéléré.

Le départ peut également avoir lieu de la position même dans laquelle les élèves se trouvent placés pour la leçon sans instruments.

Nous donnons ci- contre la description d’une course variée qui peut être faite à peu près partout, à la condition, bien entendu, de revenir en dedans, à chaque figure nouvelle, au lieu de se diriger en dehors, dans le cas où les dimensions du local seraient trop restreintes. Par exemple, au point marqué X, on tournerait à gauche au lieu de prendre à droite et ainsi de suite.

Les élèves étant placés sur quatre rangs, le professeur commande :

Premier et troisième rangs, par le flanc droit et par file à gauche. — Deuxième et quatrième rangs, par le flanc gauche et par file à droite — tourne, marclie !

Au mot tourne, les élèves du premier et du troisième rangs, c’est-à-dire les numéros impairs, font par le flanc droit ; ceux des deuxième et quatrième rangs, c’està-dire les numéros pairs, par le flanc gauche ; au commandement de marche, les impairs prennent à gauche, les pairs à droite et le professeur reprend :

Course serpentante, pir file à gauche — marche !

Au mot marche, le n° 1, qui a reçu les indications nécessaires pour conduire la course, tourne à gauche et

nécessaires pour conduire la course, tourne à droite et continue le même mouvement latéral d’aller et retour jusqu’à ce que le professeur commande :

Par file à gauche ou a droite, pas gymnastique, imrche (voir page 204), pour poursuivre la course serpentante dans le sens longitudinal, course qui se prolonge jusqu’à ce que le professeur commande :

Par sections, formez le cercle; premier et troisième rangs à gauche, deuxième et cquatrième rangs à droite,

marche!

Ce commandement ne doit être fait que lorsque les quatre sections sont superposées horizontalement en ligne droite. Le mouvement est, pensons-nous, assez clairement indiqué par le dessin pour que toute explication ne soit superflue.

Afin d’exercer également les deux jambes, celle qui se trouve à l’intérieur du cercle portant presque tout le poids du corps, le professeur, après avoir fait exécuter le cercle cinq ou six fois dans le sens indiqué, commande (sans arrêter la course) :

Demi-tour à droite, marche !

Au mot droite, les élèves exécutent ce mouvement en courant, tel qu’il est décrit page 206, et repartent dans le sens opposé.

Avec un nouveau commandement de demi-tour à droite, le professeur replacera les élèves dans la première direction.

Au commandement de:

Sur wi seul raiKj, marche!

Chaque chef de file prend la ligne droite afin de reconstituer la colonne.

Pour replacer les élèves dans leur ordre numérique, le professeur commande :

Première et troisième sections, marquez le }ms; deuxième et quatrième sections, un pas à gauche.

En avant, marche!

Au commandement de marche, la première et la troisième sections marquent le pas sur place, la deuxième et la quatrième déboîtent d’un pas à gauche, pour se porter en avant parallèlement aux deux autres sections. Lorsque les numéros 1 des sections paires sont arrivés à hauteur des numéros 1 des sections impaires, le professeur commande :

Première et troisième sections, en avant, marche ! et aussitôt ce mouvement commencé •

Formation extérieure sur deux rangs, marche !

Au mot marche, le n° 1 tourne circulairement à droite, le n° 2 fait encore un pas et tourne à gauche, et chaque élève arrivé au même point, exécute le mouvement à droite ou à gauche, selon son numéro ; en un mot, tous les impairs tournent à droite, les pairs à gauche-

Au moment où les élèves atteignent l’autre extrémité de la salle 'ou de la cour affectée aux exercices, le professeur commande :

Formation intérieure, marche !

Au mot marche^ le numéro 1 tourne à droite, le numéro 2 fait ensuite de même à gauche, et les deux rangs se reforment intérieurement en se rapprochant pour exécuter la course serpentante sur deux rangs, d’après les mêmes principes que sur un seul.

Pour terminer cette course et procéder à celle en spirale, le professeur commence par replacer ses élèves sur un seul rang et, à cet effet, il commande :

Dédoublez les files, marche !

Au mot marche, les numéros pairs font un pas oblique à droite pour s’intercaler entre les numéros impairs.

Les élèves se trouvent alors placés: le numéro 2 après le numéro 1, le numéro 3 après le numéro 2, etc., etc.

On commande alors :

Course en spirale, à gauche, marche!

Au mot marche, les élèves exécutent une série de cercles concentriques de plus en plus restreints jusqu’à ce que le numéro 1 soit près d’arriver au centre de la figure. *A ce moment, le professeur commande :

Spirale Oj droite, marche !

Au mot marche, le numéro 1 , suivi dans ce mouvement par tous les autres, se retourne par file à droite pour exécuter une sérié de cercles excentriques dans le sens opposé.

Ce mouvement achevé, le professeur commande de nouveau: Spirale à gauche, marche! et enfin, lorsque le numéro 1 arrive au centre :

SlUVüle à droite, marche!

Pour terminer la course :

Par file à gamlie, marche !

Et lorsque les élèves ont traversé la salle dans toute sa largeur ;

Doublez les files, marche!

Au mot marche ! les numéros pairs se portent vivement, et sans s’arrêter, à la droite des numéros impairs et le professeur commande immédiatement :

Par demi-cercle à droite, marche!

Au commandement de marche! les numéros pairs exécutent successivement un demi cercle à droite, en raccourcissant les quatre premiers pas; les numéros impairs tournent autour des numéros pairs en conservant le pas ordinaire.

Division, halte! à gauche, front!

Au commandement de halte! tous les élèves s’arrêtent.

Au commandement de front ! ils tournent à gauche pour faire face au professeur.

La course peut se poursuivre autant que le professeur le juge convenable ; à lui d’en prolonger la durée selon la force et le degré d’entraînement de ses élèves ; l’essentiel est de procéder progressivement et de ne permettre le pas gymnastique qu’avec une grande modération, surtout au début , aux enfants dont la constitution est faible ou la poitrine délicate, et de le

supprimer complètement pour ceux qui seraient atteints d’une affection cardiaque.

Pendant les exercices, si les enfants ne sont pas munis d’un costume spécial, le professeur exigera qu’ils retirent, en hiver, leur coiffure, leur pardessus et leur cache-nez ; en été, leur coiffure et leur habit. Ils feront bien aussi d’enlever leur cravate et de déboutonner le col de leur chemise. Tant que les élèves se livrent aux mouvements gymnastiques, ils ne risquent pas de prendre froid ; et , en remettant, après la leçon, les vêtements dont ils s’étaient débarrassés, ils conservent la chaleur acquise et sont préservés des rhumes et autres maladies de ce genre.

EXERCICES DE RESPIRATON

Nous ne sommes pas partisan des exercices de respiration et encore moins du chant pendant les mouvements gymnatisques ; nous admettons les derniers, seulement pendant la marche au pas ; les premiers comme intermèdes de repos, pendant les exercices du plancher ou bien encore combinés avec certains mouvements d’élévation des épaules et des extrémités, inférieures , à la condition que ces mouvements s’exécutent sans efforts violents, c’est-à-dire sVns poids ni haltères dans les mains.

L’essoufflement produit par l’exercice, indique que les poumons et le cœur sont déjà suffisamment congestionnés. La phonation est le résultat d’un effort, effort qui a pour point d’appui toute la surface interne des poumons et pour résistance l’orifice du larynx, dont il fait vibrer les cordes. Il est évident qu’en ajoutant la pression de cet effort à celle produite par l’afflux du

sang dans les vaisseaux pulmonaires, on en augmente la congestion, et non pas toujours sans danger.

Tout le monde a vu dans le jardin des Tuileries cette belle statue du coureur athénien, apportant la nouvelle de la victoire de Marathon. Il est tombé à terre ; sa main étendue semble agiter une branche de laurier, et sa bouche, encore frémissante, semble pousser une dernière fois le cri de la victoire qu’il est venu annoncer ; ses yeux ne voient plus, ses narines sont béantes, sa poitrine est contractée, il est mort.

Il est ainsi, parce qu’il a fourni une course furieuse; il est mort surtout parce qu’il a crié en courant. L’histoire, en le faisant immortel, en fait un grand homme ; la médecine, en constatant le décès, en fait un cas d’apoplexie pulmonaire.

Les professeurs de gymnastique qui préconisent le chant pendant les exercices, se contredisent eux-mêmes lorsqu’ils écrivent, d’après la théorie militaire, à propos du pas gymnastique : « Pour courir, il faut, autant que possible, respirer par le nez. »

Car enfin, si on respire par le nez, c’est pour éviter d’ouvrir la bouche, et si la bouche est tenue fermée, on ne peut, on ne doit pas chanter pendant la course.

Mais si nous ne sommes pas partisan des exercices de

respiration pendant que le corps est soumis à des exercices plus ou moins violents et à des attitudes plus ou moins compliquées, nous tenons, au contraire et beaucoup à ce qu’on exerce au moment voulu et rationnellement, les organes si importants de la respiration et de la voix.

Nous avons vu, maintes fois, des jeunes gens dont la poitrine était faible, consolider leur santé d’une façon inespérée. Pour tout remède, ils soufflaient deux ou trois heures par jour, dans un hautbois ou dans une clarinette. Les instruments les plus favorables sont ceux qui forcent l’exécutant à faire ample provision d’air et à le laisser échapper par petites quantités.

Comme tout le monde n’a pas le courage de jouer du flageolet ou du basson, voici l’exercice que nous recommandons à ceux qui veulent développer leur respiration. Cet exercice très simple suffirait peutêtre, si on le répétait avec quelque persévérance, pour guérir les phthisies commençantes et conjurer bon nombre d’asthmes et de catarrhes.

Commandement. — Les mains sur les hanches, mouvements de respiration, en deux temps .* — aspirez, un, expirez, deux — (six fois).

Au premier temps, on ouvre la bouche à demi et l’on aspire lentement, en portant la tête en arrière et en élevant les épaules et les côtes, afin que les poumons puissent absorber la plus grande quantité d’air possible.

.1» detiiriéme temps, on ferme la bouche sans la contracter et on laisse échapper lentement l’air par les narines, en laissant revenir tout doucement les épaules et la poitrine à leur position première.

Pendant les exercices sans instruments, ce mouvement de respiration sera exécuté avec avantage, ainsi que nous venons de l’indiquer, entre les mouvements des bras et ceux du buste, entre ceux du buste et ceux des jambes, entre les mouvements de jambes et les mouvements combinés des bras et des jambes.

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