EXERCICES DES MASSUES
ou MILS
L’exercice des massues remonte à la plus haute antiquité ; c’est une des premières armes dont les peuples primitifs aient instinctivement songé à employer pour leur défense. Les Grecs et les Romains en firent plus tard un moyen de développement et d’hygiène, en leur donnant une place importante dans les exercices de leurs gymnases.
Parmi les peuples modernes, les Persans paraissent les avoir adoptées et en avoir fait leur gymnastique de prédilection. Il en est également fait mention dans les ouvrages qui traitent de la gymnastique thérapeutique des Indiens. Enfin les Anglais, nos voisins, travaillent le mil avec une véritable prédilection.
On ne saurait songer à en faire un instrument de gymnastique exclusive, mais on en peut obtenir d’excellents résultats.
L’exercice des massues fortifie les reins et développe la poitrine et les épaules. Il agrandit donc le champ de la respiration et peut être utilement recommandé aux jeunes gens qui ont des prédispositions à l’asthme ou à la phthisie.
On comprend aussi la vigueur que cet exercice peut développer dans l’articulation du poignet ainsi que dans les muscles rotateurs, les abducteurs et les adducteurs de l’avant-bras.
Il réciame une grande dépense de force, et doit, pour cette raison, dans la leçon du plancher, être pratiqué le dernier, ou tout au moins après une série de mouvements préparatoires.
Certains amateurs se servent de massues énormes; ils ont tort. L’exercice du mil, pour être bien fait, profiter au corps sans l’alourdir et sans congestionner les viscères, doit être exécuté avec des instruments relativement assez légers, afin qu’on puisse les manier sans trop de peine.
C’est pour cela qu’il faut, au début, et jusqu’à ce que l’on soit parfaitement familiarisé avec ces instruments, décomposer les mouvements s’ils sont décomposables, ou, s’ils ne le sont pas, les exécuter avec lenteur. Il faut surtout s’attacher à manier le mil avec grâce, sans secousse ni temps d’arrêt, et soigner particulièrement le bras gauche, toujours en retard sur le droit.
La longueur des massues pour les enfants de douze à seize ans (inutile de commencer plus tôt) ne doit pas dépasser 55 centimètres, et le poids : 2 à 3 kilos; pour les jeunes gens au-dessus de cet âge, on peut aller jusqu’à 70 centimètres et 4 à 5 kilos. Ce n’est que très exceptionnellement qu’on pourra dépasser ces limites.
Dans les écoles et dans les gymnases où les professeurs voudront démontrer cet exercice, ils pourront, si le local est trop restreint ou les élèves trop nombreux, faire exécuter les mouvements avec une seule massue.
Pour éviter tout choc, tout accident pendant cette
leçon, on fera prendre les distances en élevant les massues horizontalement de chaque côté du corps.
Les exercices des massues, comme tous les exercices du plancher, du reste, sont locaux ou généraux ; ils sont locaux, lorsque les pieds restent assemblés pendant le mouvement ; ils deviennent généraux, quand la partie inférieure du corps participe à l’action.
Nous commençons naturellement par les exercices locaux.
Premier exercice. — Les pieds assemblés, circumduction alternative des bras de dedans en dehors, par le bras droit ; une, deux ; par le bras gauche, une, deux.
CADENCE LENTE (2 secondes.)
Au commandement de une, le corps se penche un peu en arrière, le poignet droit s’élève, la paume en dedans, vers le côté gauche du visage jusqu’à ce qu’il se trouve au-dessus de la tête, la massue tombant obliquement sur l’épaule gauche.
Au deux, le poignet contourne la tête et le bras redescend à la position première.
Les deux temps se lient dans le mouvement qui s’exécute sans arrêt.
Deuxième exercice. — Les poings en supination, circurnduction alternative des bras de dehors en dedans — par le bras droit, une, deux ; par le bras gauche, une, deux.
cadence lente
(2 secondes.)
Au commandement de une, le corps se cambre un
peu plus que dans l'exercice précédent, le poignet se renverse en supination (c’est-à-dire en dehors), et l’avantbras, au lieu de monter en avant à gauche, s'élève en arrière à droite pour revenir derrière la tête du côté opposé.
Au commandement de deux, le poignet redescend par devant, de gauche à droite, à la position première.
Les deux temps se lient comme dans l’exercice précédent.
Troisième exercice. — Lancer les massues 'perpendiculairement autour du corps ; à droite, mie; à gauche, deux.
CADENCE TRÈS LENTE (4 seco’jiles.)
Au commandement de une, on lance les massues à droite par un élan énergique qui détermine un mouvement de rotation de la partie supérieure du corps ; au deux, on exécute le même mouvement à gauche de façon que la pointe des massues trace un cercle entier.
Quatrième exercice. — Les massues élevées vers la droite, balancement latéral; à gmiche, une ; à droite, deux.
CADENCE LENTE (3 secondes.)
Ce mouvement est d’une simplicité telle que le dessin suffit pour l’expliquer.
Le haut du corps tourne de chaque côté suivant l’impulsion des bras, et les yeux suivent constamment les
massues.
Cinquième exercice. — Lancet les massues horizontalement de chaque côté : à droite, une; à gauche, deux.
Compter ensuite : îine, deux.
CADENCE LENTE (2 secondes 1/2)
Au commandement de une, on élève, par un quart de cercle, les massues vers la droite jusqu’à ce que le bras droit soit bien tendu, le bras gauche formant un angle droit sur la poitrine ; au deux, on lance circulairement les massues de droite à gauche jusqu’à ce que le bras gauche se trouve, à son tour, dans l’extension et le bras droit fléchi, et l’on continue alternativement des deux côtés.
Sixième exercice. — Élever la massue de droite audessus de la tête, la descendre derrière le dos et la ramener en avant; une, deux, trois; massue gauche ; une, deux, trois, etc. ^
CADENCE LENTE (3 secondes.)
Au commandement de une, élever verticalement la massue au-dessus de la tête, en la suivant du regard ; au deux, la renverser vers la gauche pour la descendre perpendiculairement derrière le dos; au trois, la relever par un quart de cercle d’arrière en avant pour la ramener à la première position.
Pour opérer le renversement de la massue au deuxième temps, il suffit de porter en arrière le pouce qui la soutient verticalement.
Cet exercice se fait aussi sans arrêt aux temps.
Sixième exercice
Septième exercice. — Lever les massues verticalement devant soi, une ; ouvrir les bras horizontalement, deux; rotation des poignets en dedans, trois; en dehors, quatre; laisser retomber les bras, cinq.
Compter ensuite : une, deux, trois, quatre, cinq.
CADENCE LENTE (5 à 6 secondes.)
Au commandement de «me, on imprime aux massues un petit élan circulaire en avant en ployant les avantbras à angle droit pour tenir les massues verticalement devant soi ; au commandement de deux, on écarte les bras horizontalement de chaque côté du corps, sans changer la position des massues; au trois (2® figure), on tourne les poignets en dedans, jusqu’à ce que les massues se trouvent renversées presque perpendiculairement ; au quatre, les poignets se retournent énergiquement dans le sens opposé, en faisant décrire aux massues un cercle de dedans en dehors; au cinq, on ramène les bras près du corps en tournant la main face à la
cuisse.
Septième exercice (-^)
Septième exercice (J)
Huitième exercice. — Tendre les massues latéralement et horizontalement, une; les relever et les renverser sur les bras, deux; les redresser, trois; tendre les bras devant soi, quatre ; les retirer en arrière, cinq; laisser retomber les massues, six; compter ensuite : une, deux, trois, quatre, cinq, six.
cadence lente
(5 à 6 secondes.)
Au commandement de une, on lève lentement les massues de chaque côté du corps, jusqu’à ce qu’elles se trouvent en ligne horizontale avec les épaules ; au deux, les poignets exécutent un mouvement de flexion sur l’avant-bras pour relever verticalement les massues et les renverser ensuite dans la direction des épaules ; au trois, le mouvement contraire les ramène dans l’extension horizontale.
(Dans ces deux derniers temps, l’impulsion est donnée par le pouce et les deux premiers doigts ; les deux derniers ne doivent pas comprimer la massue .)
Au quatre (2® figure), on porte les massues à bras tendus devant soi ; au cinq, on retire les bras en arrière ; au six, on laisse retomber les massues de chaque côté du corps.
Huitième exercice (a)
Huitième exercice (JJ
Neuvième exercice. — Circumdiicllon latérale d’avant en arrière; une, deux, trois.
CADENCE LENTE (3 secondes.)
Au commandement de une, on croise les massues devant les cuisses ; au deux, on les élève verticalement dans cette position jusqu’au-dessus de la tête, en cambrant la taille et portant la tête en arrière ; au trois, on écarte les massues derrière soi et, par un grand cercle latéral, on les ramène à leur point de départ.