‹ La gymnastique raisonnéeChapitre 5 sur 59 · LA CIRCULATION DU SANG · texte numérisé non relu

LA CIRCULATION DU SANG

Puisque nous sommes déjà lixés sur la composition des éléments qui servent à reconstituer incessamment notre être, tâchons de savoir maintenant comment chacun d’entre eux vient se ranger à sa place respective.

Dans un pays bien gouverné, dont la civilisation est avancée, il existe un système de communications : chemins vicinaux, routes, chemins de fer, canaux, etc., qui permettent le transport facile des objets de la consommation générale. Toutes ces routes, tous ces chemins partent en général d’un point plus important, la capitale de l’Etat. Le gouvernement se trouve donc en communication avec les différentes parties de la contrée par des voies plus ou moins nombreuses.

Pris dans ce sens, le corps de l’homme est l’Etat le plus parfait ([u’on puisse imaginer. Il existe de nombi-euses routes entre la capitale, que nous appellerons : cœur, et les différentes provinces de notre être. Les canaux s’appellent vaisseaux, les aliments ou marchandises charriées sont représentés par le sang.

Le cœur est un muscle à peu près de la grosseur du poing. 11 est séparé intérieurement en deux parties, partagées chacune en deux cavités, appelées, l’une ventricule et l’autre oreillette. Le cœur présente donc deux ventricules, l’un droit ou pulmonaire, l’autre gauche ou aortique, et deux oreillettes.

C’est cet organe qui constitue le centre de la circulation. Il projette dans les artères le sang, qui s’engage ensuite dans les veines et revient enfin à sa source par un trajet distinct du premier.

On peut comparer la circulation du sang à un système de voies ferrées qui partiraient d’un point commun (Paris, par exemple) par un seul tronc, puis qui se subdiviseraient en une multitude de lignes secondaires, reliées à d’autres lignes secondaires, dépendant à leur tour d’un tronc plus important aboutissant aussi à la capitale.

Que se passe-t-il en effet dans notre corps ? Le sang, d’un rouge éclatant, est projeté dans l’aorte par les contractions du ventricule gauche. Il parcourt rapidement toutes les divisions et subdivisions du système artériel. Là il abandonne tous ses principes nutritifs et, de rouge qu’il était, devient noir et de plus en plus noir. Les dernières subdivisions des artères communiquant avec les dernières subdivisions des veines, le sang noir pénètre dans ces petits vaisseaux, de là dans les veines, dites veines caves, et retourne enfin dans le cœur par l’oreillette droite.

Que devient, nous demandera-t-on, ce sang noir impropre à la nutrition? La prévoyante nature se charge de le régénérer. De l’oreillette droite, il passe dans le ventricule correspondant et, de là, pénètre dans les poumons où, au contact vivifiant de l’air, il reprend sa belle couleur rouge. Mais il revient bientôt au cœur par les veines pulmonaires qui le ramènent à l’oreillette gauche, d’où il passe au ventricule pour alimenter le corps à nouveau.

Une chose a probablement frappé le lecteur dans cette rapide esquisse; c’est la coloration et la décoloration du sang, la couleur différente du sang artériel et du sang veineux.

C’est l’oxygène qui entre, comme on le sait, dans la composition de l’air, qui possède la propriété de transformer ainsi le sang noir en sang rouge.

Il est facile d’en faire l’expérience. Prenez du sang noir, mettez-le dans un flacon, agitez pendant quelques instants au contact de fair et vous le verrez devenir rapidement d’un rouge très vif.

On comprendra dès lors que, toutes choses égales d’ailleurs, le sang deviendra d’autant plus rouge, partant d’autant plus apte à remplir ses fonctions, que la quantité d’air apportée sera plus considérable, c’est-àdire que la respiration sera plus active.

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