‹ La gymnastique raisonnéeChapitre 6 sur 59 · LA RESPIRATION · texte numérisé non relu

LA RESPIRATION

Ceci nous conduit à dire quelques mots sur cette nouvelle fonction : la respiration.

La respiration consiste dans l’absorption et l’expulsion simultanées de gaz venus du dehors et des gaz produits dans l’organisme. Chaque mouvement respiratoire est composé de deux temps ; celui par lequel l’air est introduit dans les poumons et celui par lequel il est rejeté au dehors. La respiration emprunte à l’air ambiant l*'"' 183 d’oxygène par heure et par chaque kilogramme du poids de chaque individu. Elle rejette un volume à peu près égal de gaz acide carbonique. Cette quantité varie du reste, selon la capacité thoracique, c’est-à-dire selon la surface plus ou moins vaste que le thorax présente aux poumons.

Pour chaque 10 centimètres d’augmentation du périmètre thoracique, le degré de dilatation circulaire des poumons s’accroît de 2 centimètres.

Ces faits sont significatifs. La force d’un organe étant proportionnelle à sa vitalité, il est évident que

plus les diverses fonctions de notre organisme se trouveront favorisées, plus on aura de mouvement, plus on aura de force et plus aussi de santé.

Il est donc de première nécessité de chercher à agrandir la cage thoracique : il n’y a pour cela qu’un seul moyen, mais il est infaillible : c’est d’exercer les muscles qui font mouvoir cette partie de notre corps.

On permettra ainsi aux poumons , qui ne demandent pas mieux, de s’étendre, de se dilater et, par conséquent, de recevoir une plus grande quantité d’air. Par suite, on activera la transformation du sang rouge , et du sang veineux en sang artériel.

L’exercice des membres thoraciques est utile à tout le monde, mais c’est une question de vie ou de mort pour les personnes qui, par profession ou par habitude, se tiennent constamment dans une attitude contraire au libre développement de la poitrine. C’est une question de vie ou de mort, disons-nous, car le rétrécissement thoracique, suite nécessaire, fatale de cette négligence, produit la phthisie, c’est-à-dire le trépas plus ou moins prompt.

Occupons-nous donc sérieusement des fonctions de nos poumons. Une seconde raison, du reste, aussi impérieuse que la première , suffirait pour nous convaincre de cette nécessité, c’est que les poumons doivent avoir une étendue suffisante pour pouvoir fournir au sang l’air dont il a besoin. Il faut au sang de l'air en quantité, c’est-à-dire de l’oxygène, et encore de l’oxygène.

C’est, en effet, en se combinant avec le sang que l’oxygène produit ce qu’on nomme la chaleur animale.

Une cheminée, chacun sait cela, fonctionne d’autant mieux que la prise d’air est plus forte, c’est-à-dire qu’en un temps donné , elle peut attirer vers son foyer une plus grande quantité d’oxygène. Il en est de même de notre organisme ; plus il absorbe d’air, mieux il fonctionne. Plus la respiration est active, plus la combustion des matériaux est complète, et plus rapidement se forment les globules. Or, les globules sont, si nous pouvons parler ainsi, les œufs, les éléments primordiaux de notre être, puisqu’ils se transforment en chair, en os, en moelle, en graisse, etc. — En supprimant leur formation ou en la ralentissant, on supprime ou on ralentit donc en même temps le renouvellement de l’être. Et le renouvellement incessant de l’individu étant la condition même de son existence, on peut facilement entrevoir les graves conséquences de ce ralentissement.

Qu'arrive-t-il encore si l’oxygène n’est pas absorbé en quantité suffisante? Les globules blancs ne sont pas transformés en globules rouges et le sang noir a toutes les peines du monde à devenir du sang rouge. D’un autre côté, l’acide carbonique, que l’oxygène doit chasser, reste en dissolution dans le sang et devient lui-même, en s’accumulant, un obstacle à la pénétration de l’oxygène.

Résultats : circulation imparfaite, par conséquent nutrition imparfaite, d’où : l’anémie.

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