‹ La gymnastique suédoiseChapitre 17 sur 26 · MOUVEMENTS DE GYMNASTIQUE PROPREMENT DITS · texte numérisé non relu

MOUVEMENTS DE GYMNASTIQUE PROPREMENT DITS

Ce sont ceux qui visent surtout au développement harmonieux du corps.

On peut les diviser en trois séries :

i“ Mouvements préparatoires ;

2° Mouvements fondamentaux;

3" Mouvements d'application ;

i''® Série. — mouvements préparatoires

Avant de laisser un élève exécuter un mouvement on s’attache à lui démontrer la position réglementaire et les diverses positions de départ ou initiales, de même qu’on ne laisse pas un escrimeur faire assaut avant de lui avoir appris la mise en garde.

La position réglementaire doit être bien précisée : c’est très important.

Elle peut être expliquée ainsi :

On se tient debout, les bras tombant naturelle-

ment, les doigts joints et allongés sur les cuisses, les talons joints, les pieds ouverts, le ventre rentré, les épaules reculées et effacées ; on lève bien la tête, en rentrant le menton, pour allonger la partie cervicale de la colonne vertébrale et pour s’habituer à tenir la tête droite. Rentrer le menton, faire le « double menton » cela donne une apparence de raideur ; mais cette raideur est vite perdue dans le port habituel de la tête. On vise à redresser la colonne vertébrale, on s’allonge, on se grandit, comme il est facile de le constater sous une toise. Par le « double menton », en somme, tout en exécutant un mouvement un peu exagéré, en faisant le plus pour obtenir le moins, on s’habitue à bien tenir la tête.

Autres remarques sur la position réglementaire:

On rentre le ventre pour éviter de trop cambrer le dos.

On recule les épaules pour faire rentrer les omoplates et pour élargir la poitrine.

Dans la position réglementaire on fait travailler tous les muscles qui peuvent maintenir le corps droit.

Le fait seul de prendre cette position et de la garder quelque temps constitue déjà un exercice rationnel, très utile.

Et l’on s’habitue à prendre une position qui se rapproche de la meilleure tenue du corps.

Dans toutes les positions de la méthode suédoise, en faisant un mouvement avec une partie du corps ou une autre, il faut conserver autant que possible la position réglementaire pour les autres parties.

Par exemple, en mettant les mains sur les

hanches, on ne doit changer la position que pour les bras.

La première série comprend, en somme, outre la position réglementaire, les positions de départ, et quelques mouvements, choisis parmi les plus simples, de la tête, du tronc, des bras et des jambes.

On peut varier beaucoup les mouvements.

On les fait suivre de marches qui servent à décongestionner.

Une remarque importante sur l’exécution des mouvements :

Il faut veiller à ce que les bras et les doigts soient bien allongés, car les muscles qui contractent sont plus forts que les autres par suite d’un travail plus fréquent; il faut donc que les muscles extenseurs soient exercés avec soin pour que l’on obtienne un développement harmonieux. Par exemple, l’enfant est amené souvent à se coucher sur son pupitre, sur sa table ; il a besoin de redresser son corps.

Les mouvements simples font travailler les mêmes muscles que les mouvements dits fondamentaux, avec cette différence qu’ils demandent moins de force. Ils préparent le corps à des mouvements plus vigoureux.

1^- Série. — mouvements fondamentaux

On peut les diviser en plusieurs groupes :

Mouvements des jambes, destinés non seulement à exercer les jambes, mais aussi à décongestionner les parties supérieures.

Ces mouvements sont subdivisés par degrés d’efficacité plus ou moins grande, suivant l’effet qu’on veut en obtenir.

2° Mouvements d'extension de la colonne vertébrale. — Par une contraction des muscles dorsaux on obtient une extension de la colonne vertébrale, un élargissement de la cage thoracique et une compression des muscles abdominaux qui facilite leurs fonctions.

3° Suspension parles bras. — Non seulement ces mouvements font travailler les muscles des bras, mais d’autre part, en portant les coudes en arrière, on développe la cage thoracique ; on recule les épaules et l’on rentre les omoplates.

àé' Mouvements d'équilibre. — Ils ont pour but de faire travailler spécialement le cerveau et le système nerveux.

Le cerveau donne là l’impulsion exacte, particulièrement bien réglée, de l’effort à faire pour garder l’équilibre.

5° Mouvements des muscles dorsaux. — Ils ont une action spéciale sur la nuque, les omoplates, le dos — et sur la tenue du corps.

6° Mouvements des muscles abdominaux. — Rappelons qu’ils exercent une pression sur les organes de l’abdomen, qu’ils facilitent leurs fonctions et rectifient la position de la partie inférieure de la colonne vertébrale, en évitant ainsi une cambrure exagérée .

7“ Mouvements latéraux du tronc. — Ils exercent une action, par les muscles obliques, sur les organes abdominaux, ainsi que sur la moelle épinière.

S’ Sauts. — Les sauts exercent une action physique et morale en augmentant le degré d’obser-

vation, de calcul et en donnant, dans une certaine mesure, de l’énergie, du courage de la confiance en soi.

^'‘Mouvements respiratoires. — Outre leur influence sur les poumons, ils calment le fonctionnement du cœur. Par conséquent, ils sont d’une importance capitale pour tout l’organisme.

3® Série. — mouvements d’application

Ce sont des mouvements qui ont reçu une application pratique, tout en étant basés sur les mêmes principes que les autres, avec les mêmes effets physiologiques, mais en demandant une force plus grande.

Tels sont les sauts au-dessus du cheval, les mouvements d’équilibre sur la bomme, divers genres de sauts, et, en général, les mouvements qui ont un but pratique.

On en emploie plusieurs dans un programme journalier.

A ces momœments d’application on peut ajouter certains sports qui, lorsqu’ils sont pratiqués avec modération, sans excès, peuvent donner de bons résultats.

Il est nécessaire ou tout au moins très utile d’avoir subi un entraînement rationnel par la gymnastique pédagogique avant de se livrer au sport que l’on veut pratiquer.

Quelques positions de la méthode suédoise photographiées le torse nu, pour que Ton puisse mieux se rendre compte du travail des muscles. — I : position réglementaire {voir les observations faites page 87); II et III: mouvements destinés, avec l’aide de la homme, à faire reculer les épaules ei par conséquent à élargir la poitrine ; IV, V : travail des muscles latéraux ; VI, VII : travail des muscles abdominaux ; VIII, IX ; travail des muscles dorsaux ; X : suspension à la homme.

Page 1