‹ La Hanche Bote: et son Ostéo-ArthriteChapitre 34 sur 57 · ND · texte numérisé non relu

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téristique, accompagnée de troubles fonctionnels prooressifs. Si l’anamnèse fait défaut, l'attitude et la palpation nous donnent évidemment des signes différentiels importants : dans la luxation, l’adduction s'accompagne de rotation interne et d’une flexion toujours très marquée et compensée par une lordose lombaire considérable; dans les mouvements provoqués, on sent la tête se déplacer et l’on parvient souvent à lui imprimer à volonté des mouvements d'ascension et de descente dans la fosse iliaque (DUPUYTREN).

Mais il s’agit de cas nets; or, CHARPENTIER a insisté, à juste titre, sur d’autres cas où la cavité cotyloïde existe, mais réduite, en sorte que la tête n’y est reçue qu’incomplètement et peut chevaucher ; ailleurs, c'est une laxité congénitale qui ne va pas jusqu’à la luxation. Il faut être alors réservé; CHARPENTIER pense que le malade de ZEHNDER, dont nous rapportons plus loin l’observation (vbs. XV), était dans ce cas ; son histoire est typique comme luxation congénitale : antécédents, attitude, absence de douleurs; or, pendant l’opération, « on trouve une tête normale dans une cavité cotyloïde normale. » Mais il est assez difficile, semble-t-il, dans une simple arthrotomie, de juger des dimensions d’une cavité cotyloïde profondément située et entourée de tous côtés par les rarties molles, tandis que le col est sous les yeux, et sil est déformé, l'opérateur ne peut manquerde s’en apercevoir : or, ZEHNDER ne dit rien de l’état de ce col.

En dehors de ces cas de luxations congénitales atypiques,une autrecause d'erreur peutégarer le diagnostic.

Nous faisons allusion à l’histoire d’un jeune soldat du 128° de ligne observé par M.le Médecin-Principal NIMIER, à l'hôpital du Val-de-Grâce. Ce malade présentait tous les symptômes d’une déformation du col du fémur: d’ailleurs, la radiographie montrait une diminution de l’angle d’inclinaison nette, bien que légère. Mais, voici que les antécédents relatent : « D... a commencé par se traîner sur les genoux et n’a marché que très tard, toujours péniblement » ; l’idée d’ane luxation congénitale de la hanche vient alors à l’esprit, d'autant que l'affection était bilatérale. Mais ce diagnostic est inadmissible, étant donné qu’à l’âge de 6 ans s’est déroulée chez ce sujet la phase douloureuse, qui n’appartient qu’à la hanche bote, et qui a nécessité le repos absolu au lit.

- Or, nous avons admis que le développement de la hanche bote dans l’enfance ou à l’adolescence était en rapport avec une déformation congénitale, passée d’abord inaperçue. Nous pouvons donc admettre que, si cette déformation fut remarquée dans le cas qui nous occupe, c’est qu’elle était plus accentuée et sur: tout plus gênante du fait de sa bilatéralité; c’est pour la même raison qu’elle n’a pas attendu l’adolescence pour souffrir. Et cette observation a pour nous un intérêt; elle nous montre une fois de plus combien sont inexactes les épithètes congénital et acquis en ce qui concerne hanches botes et pieds plats.

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