‹ La hauteChapitre 14 sur 22 · PARTIE CARRÉE · texte numérisé non relu

PARTIE CARRÉE

femme ait de la tête, des caprices, des lubies, qu'elle me fasse un peu sentir sa domination, voire sa mauvaise humeur; de temps en temps, un petit coup de caveçon... j'adore... il y a lutte... ou plutôt non, il n'y en a pas... je cède toujours... mais c'est amusant tout de même. , . Et puis au fond, ma soumission apparente n'est que de la diplomatie. En réalité, c'est moi le plus fort, et je ne cède que parce que je veux bien céder.

Paul. — J'ai déjà vu ça quelque part... L'homme est un jonc... le plus faible de la nature.

Raymojnd. — Mais c'est un roseau pensant. Ce que c'est que d'être bachelier !

Paul. — Et tu te trouves bien servi avec ta belle? Elle est désagréable à point, comme tu les aimes ?

Raymond. — Oui.

Paul. — Eh bien, tu peux la laisser traîner, je n'y toucherai pas. J'ai horreur des roquettes.

Raymond. — Moi des agneaux.

Paul. — Et maintenant dis-moi son nom.

Raymond. — Donne-moi l'exemple.

Paul. — Non, toi d'abord.

Raymond. — Et on dit que les femmes sont curieuses !

Paul. — Ecoute, tu es mon ami?

Raymond. — Parbleu.,, toi aussi, tu es le mien.

Paul. — Nous le sommes.

Raymond. — Eh bien? tu es solennel.

Paul. — Voici ce que je te propose ? Dînons demain tous les quatre. J'amène mon séraphin, et toi ton démon. Elles ne se connaissent pas, ça sera très gai.

Raymond. — Entendu. Mais..; n'est-ce pas ? Chasse gardée.

Paul. — Oh ! sois en paix. J'ai assez de tirer sur mes terres.

Raymond. — Alors demain, sept et quart chez Voisin... J'écris ce soir à la petite... faisen autant de ton côté? Il est tard,je me sauve...

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