SCÈNE DE TOUS LES SOIRS
Au Cercle. — Entre une heure et deux du matin — Le duc de Coutras, le marquis d'Argentay, le baron de Vouvans et l'ami Thomson sont assis dans les fauteuils de cuir. — Ds fument, avec de grands silences.
Coutras. — Quel jour sommes-nous ?
Vouvans. — Jeudi, ou samedi.
D'Argentay. — Non. Nous sommes dans le début du mardi de Pâques (il tire sa montre) depuis trente-trois minutes.
Coutras. — L'année est longue cette année.
Thomson, — Tu trouves toujours l'année longue quand tu as perdu.
Coutras. — N'ai pas perdu.
Thomson. — Alors tu as gagné ?
Coutras. — Rien fait. Suis à jeu.
Thomson. — C'est pire.
D'Argentay. — Qui est-ce qui vient demain soir avec moi à la Grande Marnière ?
Coutras. — ....
Vouvans. — ....
Thomson. — ....
D'Argentay. — Inutile de parler tous à la fois ! J'irai avec mon beau-père.
Thomson. — Vous oubliez que je monte demain... Quand je dis demain... aujourd'hui même.
Vouvans. — C'est juste, à la Croix. Toujours Gimblette ?
Thomson. — Toujours.
D'Argentay. — Ah ! la brave petite bête. Franche ! bonne nature, pas d'aîrrière-pensée... Bonne, bonne tout à fait !
Thomson. — C'est une personne, absolument ! Plus je la monte, plus je m'y attache.
Vouvans. — C'est pas comme les f....
Thomson. — Dites pas d'inconvenances le