DÉPART POUR L*OBERLAND DU CHABLAIS
dire, et je ne découvris son complot qu'en recevant des siens , à leur foyer, un accueil amical.
Yoilà comme ils sont, ces Allobroges de notre France !
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Là diane des vaches. — Origine des Oétë. — Les monts du Ghablais à vol d'oiseau. — Les trois Dranses. — Scène flamande. — Saint-Jean d'Aulps et ses ruines : Vandales et solitaires. — Saint Bernard et le comte du Mans. — Légende des Véro. — Passage au Col du Corbier. — Descente à Abondance. — Séjour à l'Abbaye : traits de mœurs et d'histoire. — Excursion au fond de la vallée. — Ce qu'on voit du haut de la Cornette de Bise. — La Chapelle, et la Dent du Midi. — Ghàtel et son hôtesse. — Esquisse d'un bourig d'autrefois. — Anecdote sur lès Chàtelois. — L'Essert et ses eaux médicinales. — Visite au Nestor de la vallée. — Impressions et paysages. — Description de l'église et du elottre de Notre-Dame d'Abondance. — Départ pour le col de Lain. — Chalets-fruitières du val de Lainderet. — Le cèdre des Alpes. — Scène de Ib vie pastorale. — Le lac de Montriond^ etc.
Pour trois bons compagnons nés dans la montagne, c'est une joyeuse aubaine que de quitter là ville avant Faube, libres de tout souci, pour s'envoler pendant trois journées d'automne, à travers les sommets et la plaine. Le vent frais de la nuit les soutient et les enivre; eu regardant les étoiles s'éteindre et les fleurs s'allumer, ils aspirent à grands pas aux cimes, où ils espèrent devancer le soleil. Ils voyent les chalets s'ouvrir un à un; ils suspendent leurs entretiens, pour écouter lespre-
mières chansons des oiseaux , qui carillonnent sur les frênes, accompagnés au loin par le mugissement des bœufs qui s'éveillent. Bientôt, l'horizon blanchit, les glaciers s'embrasent, les longues pentes se colorent, les vallées se rendornfent dans leur ombre épaissie et, lorsqu'enfin le soleil vient projeter des jalons sur les crêtes, on croit, tant l'heure présente a fait tout oublier, éclore à la vie et assister à la naissance du monde....
Tout nous souriait : au charme de tant d'émotions ressenties en commun répondait la croissante intimité de ce partage ; aucune combinaison banale et commode ne nous apportait sa gêne ; point de chevaux ni de voiture, ni de guides fâcheux qui éventent les surprises : on était médiocrement édifié sur les chemins, l'espoir de s'égarer n'était pas absolument perdu. Pour les gîtes, on s'en remettait à la fortune, et quant au terme du voyage, on ne l'entrevoyait que par réflexion, au bout d'une perspective illimitée. Nous voyagions comme à la découverte, avec la simplicité des aïeux.
Chaque lieu donnait prétexte à une historiette, ou à la comique discussion d'une étymologie. Le Praz-de^lis nous faisait regretter ses blanches parures de la Saint-Jean ; les combes^ si multipliées partout, protestaient contre l'omission au dictionnaire, d'un mot français indispensable, — dont la plaine Saint-Denis et la place du Carrousel, a dît Nodier, n'indiquaient pas l'emploi ; les Frites tra-