‹ La Haute SavoieChapitre 104 sur 150 · SAINT-JEAN D*AULPS · texte numérisé non relu

SAINT-JEAN D*AULPS

I^es œ^fë, ressource quotidienne de$ auberges oi^ les provisions ont abondé la veille et foisonneront le lendemain, avaient ici pour auxiliaire un cervelas fumé, à chair serrée et grenue, qu'il faut mâcher à Vhewre^ et qui assaisonné de salpêtre, donnerait la pépie à des poiçsons. Par ce double motif, il est très-estimé : j'allai jusqu'au respect. On se hâta de se remettre en route, parce que mes compagnons désiraient serrer la main à qn ou deux amis. Qdais ils étaient en voyage ; il en fut de même à Saint- Jean, où un autre ami avait décampé pour quelques jours. Je ne connais pas de peuple plus tranquille de caractère, ni moins* casanier: sans aller bien loin, les propriétaires de la Savoie sont constamment sur les chemins, et c'est miracle, dans la belle saisoUi si Ton rencontre un particulier chez lui. Promptement consolés de ces déceptions prévues, mes compagnons, en arpentant à l'ombre des grands toits la rue du village, silencieuse comme elle doit l'être à midi, admiraient avec moi qu'un déjeuner pitoyable puisse rendre tant de force et de gaieté. C'est de la sorte, et en causant, que nous arrivâmes devant les ruines renommées de l'abbaye d'Aulps {monas^Urium de Alpibi^)^ que (les auteurs modernes mal renseignés écrivent Saint -Jean d'Aulph^ et que chacun prononce, abbaye d'O. Ces débris si bien situés, inattendus au milieu d'un verdoyant désert, causent une vive impression.

n n'existe plus en ce lieu que le spectre d'une vaste église ; mais ses arceaux en tuf blême, étalés

sur rherbe d'un tertre proéminent, au centre d'un spacieux carrefour de montagnes interceptant cinq cols ou passages, ces voûtes abandonnées, qui gardent en s'écroulant la majesté des œuvres éternelles, ennoblissent et transforment l'aspect de ce paysage. Une lumière, qui est la poésie, rayonne de ce foyer sur tous les plans du tableau et, si peu que tienne de place cet unique acteur, il réduit des fonds splendides à l'état d'accessoires. Telle est la puissance de cette première impression, qu'en essayant de la raisonner, on la subit davantage encore.

Que reste-t-il donc de cette basilique, pour exercer un tel prestige? Presque rien, hélas I le mur du portail, un lambeau du chœur, quelques troncs de colonnes tranchés sur la racine ; enfin, une portion de la nef, découpant au sud trois arcades ogivales devant des roches à pic, qui semblent, surmontant l'édifice, le continuer dans les airs. Seulement, les yeux qui cherchent un repos sous cet horizon où toutes les lignes sont inclinées en désordre, ne le trouvent que sur ce tertre, seul endroit qui présente une surface plane, avec des lignes d'architecture verticalement tirées à angle droit. Il en résulte que, par une loi d'harmonie dont on ne se rend pas compte, tous les versants descendent mesurer leurs angles à cette équerre, où le spectateur se trouve constamment ramené, comme à un centre commun. Ce privilège de situation donne aux ruines une importance qui fait illusion sur la réalité même. On devine d'ailleurs, à la valeur de

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ces échantillons archéologiques, derniers témoins d'un monastère en renom, dont les annales sont belles, qu'un grand acte de barbarie s'est accompli dans cette solitude.

Ce n'est pas sous le régime de la Terreur que fut cotiomise la dévastation : cette doyenne des basiliques de la Savoie, respectée par la Révolution, était debout encore en 1822, après avoir été vendue avec les biens nationaux. Il fut alors question de la rendre au culte et un acquéreur commença à l'ébranler, en la lardant de blessures, afin d'en rendre la restauration trop coûteuse. Trois ans après, les habitants de Saint-Jean qui la jugeaient trop éloignée du bourg et tenaient à posséder un clocher au milieu du village, exercèrent une telle pression, que cette merveille de l'art fut condamnée à fournir des matériaux à l'informe construction d'une misérable église qui, bâtie depuis quarante ans à peine, et p^r quels architectes 1 laisse choir déjà ces décombres volés, chancelle et menace ruine.

Que de fpis, parmi les destructeurs des propriétés, n'ai-je pas eu à stigmatiser des propriétaires, ou d'ineptes gardiens ! L'époque de la Restauration, par ignorance, a presque autant saccagé que les Vandales de 1793. N'a-t-on pas vu, dans noire France, en 1840, le cloître admirable de Saint- Wandrille tomber sous le marteau, devant les antiquaires indignés de la Normandie, et des préfets, vendre au poids, sous Charles X, à Nevers, à Bordeaux, les trésors des archives de la Guyenne et du

Nîveiliaisî En Savoie, du moins, on se contenta d'en tolérer le pillage....

• Bâtie en tuf calcaire très-blanc, à l'exception des assises inférieures et de quelques parties d'ornementation en pierre argileuse d'un ^touge foncé, l'ancienne église de Tabbaye remonte à la période romano-ogivale de la fin du douzième siècle. La transition est marquée par les arceaux, en tierspoint très-obtus, assis sur des piliers à colonnettes engagées , mais trapus et courts. Les pilastres hémicylindriques qui, le long de la nef, appuyaient les retombées des voûtes, et qui reposaient, interrompus, sur des consoles en culs-de-lampe, en conservent un, dont les entrelacs remontent pour le moins à 1180. On a suivi le plan primitif en continuant l'édifice , mais dans le style du quatorzième siècle, indiqué par les chapiteaux du t)ortail, embryons de choux-frisés entremêlés à des feuillages lancéolés. Malgré son appareil en plein cintre, la rose porte sur deux colonnettes du même temps. Au sud, il reste, du transsept, trois fenêtres arrondies qui ne datent que du seizième siècle.

Rîen de plus mystérieux que ces débris, sur un terrassement qu'ombragent des vergers. Ce squelette, éclatant aux ardeurs de midi sous un ciel bleu, laisse un flamboyant souvenir. En errant autour de ces pans de murailles qui, contemplés dans l'ombre, repoussent sous leurs arceaux les fonds verts de la vallée, on voit se profiler, au-dessus du monument, les montagnes, jaspées de sapinières, se-

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^yèr^Btours des hautes solitudes. Quatid le soleil, étoiiwdaiis tes nuées épaissies par la tempête, cesse de dessiner dans Thette les arceaux allongés du monastère, que les arbres gémissent avec les O Vents, et que les toteaux disparus sous 4es hachures de la pluie, isolent au milieu des éléments déchaînés ce fantôme de basilique, il doit apparaître plus saisissant encore....

Je m'y oubliai longtemps, pendant que tneii compagnons cueillaient des pommei^ des groseilles et des prunes sur les souterrains de l'abbaye qui ouvrent çà et là, sous ces cultures, des bouchés d'où s'exhale le souffle frais des tombeaux.

En quittant l'abbaye, nous gravîmes Une côte aésez l^ide, où M. Tavernier hous fit asseoir devant une petite Chapelle, au tournant du sentier qui redescend au Biot. De ce point, on mesure la vallée dans sa longueur, jusqu'à la corne de Nyon et au rideau dentelé dé Sardonnière. Les rtiines de Saint- Jean, posées sur la gauche du tableau, éclatant camaïeu de verdure que la Dranse relève d*un filet d'argent, n'éveillent plus, à cette distance, qu'une impression souriante et jeune : c'est un bouquet oublié dans le vallon.

« Ne quittons pas l'abbaye, dit notre poëte, sans lui adresser une courte oraison funèbre 1

— Attendez au moins, interrompit le notaire, que j'aille couper un bâton. »

Il revint avec une souche de houx, qu'il se mit à peler en spirale et à taillader avec art : c'étaitm

manière d'écouter. Pendant ce temps-là, j^^nçaî^ sur une grosse pierre, de petits cailloux éflPf avais fait provision ; ce que voyant, M. Tavermer satisfait, préluda :

« Saint Robert, qui fonda rai)baye de Clteaux en 1098, avait auparavant institué, pour sept ermites jusque-là dispersés dans la forêt de Golan aux environs de Tonnerre, une petite communauté qui devint promptement insuffisante. U fallut en 1075 la transporter à Molémes^^ dans un désert du diocèse de Langres où Ton construisit, avec des branches d'arbres, des cellules qui furent le premier nid des abbayes cisterciennes. Les religieux de ce temps-là avaient une poétique passion pour la solitude, et comme ils savaient choisir Içurs thébaïdes ! Quelques-uns de ceux de Molémes, poussés par la vocation mystique, à s'éloigner du monde encore plus, se mirent en campagne à l'aventure et, suivant la Chronique manuscrite de Savoie y où j'ai copié pour vous ce passage, « .... ils errèrent plusieurs mar- « ches contre orient, et à la fin passèrent le lac de « Lausanne et tendirent contre les haultes monta- « gnes en ung lieu que on appeloit les Arpes, qui leur «sembla dévotieulx; et illeuc, près d'ung petit « ruisselet (la Dranse) firent deux petits habita- « clés, etc.... » Les voilà donc éparpillés, sous la juridiction de Molémes, dans des huttes échelonnées au revers des Alpes. Dès l'an 1094, le comte Humbert II leur donna en franc alleu les deux pendants de la vallée, sur un trait d'une lieue de contour, et

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S (Simcta Maria de Alp^ms), prit fBDg d'ab|j^& sous la conduite de Gui, son premier dignilaire^H 1120, son successeur la sépara de Molémes, ^ff embrasser la réforme de Ctteauz. Ce second abbé, intime ami de saint Bernard, était saint Guérin, qui devint, par l'élection du peuple et l'ordre absolu d'Innocent II, évéque de Sion en Valais. Saint Bernard écrivit à ce sujet aux moines d'Aulps, pour les consoler, une lettre dont la forme imagée est singulière : ■ La volonté de fii«u appelle voire ° père à un rang plus ^lavé. Répétons, 6 megfR-ères, ' avec le propb^ l^e soleil a sxa-gi et a erUraîné la

■ Iwne dans un orbite. Le soleil est cet homme qui a

■ rendu si brillante Ja'communauté des Alpes, et ' celle-ci est Ja lune, devant au soleil tout son

■ éclat. • /

< Devenu évéque, saint Guérin reprenait savent son bâton d'ermite pour revenir i^ans les Alpes auprès de ses frères et y retrouver le calme de la vie cUtistrale. Or, on jour qu'accablé d'années, il venait de les quitter pour retourner à Sion, ses forces l'abandonnèrent au sommet du coteau, à l'endroit même où nous sommes ; il sentit que la vie le quittait et se fit reconduire à l'abbaye d'Aulps où, peu de jours après, il expira : c'était eo 1 1 50. La tradition a consacré cette place, où d'âge en Age, on a relevé cet oratoire. Saint Bernard a visité plus d'une fois l'abbaye d'Aulps; Humbert lU, comte de Savoie de I148à 1188, le fondateur ds la basilique dont vous voyez les restes, qui battit le dauphin &

Montmélian, le marquis Mainfroi prèl^PSaluces, et qui fit la guerre avec Frédéric-BajJ^ousse, aimait l'abbaye d'Aulps, où il s'était c^HI, et dont on eut beaucoup de peine à l'arrach^RDès que la paix lui rendait quelques loisirs, il y venait re« prendre Thabit monastique et vivre humblement avec les frères. Cette vocation rappelle le comte Everard du Mans, qui déposant sa couronne, disparut tout à coup en 1129 pour frapper, sous la défroque d'un pauvre, à la porte d'une abbaye cistercienné\ où on lui fit garder les troupeaux. On aurait ignoré son sort, si un écuyer m l'eût rencontré par hasard, au bord d'une lande, où il faii^t paître ses brebis.... Quelle saveur étfange dans ces romans de lafoil »

Après avoir dépassé les chaumières du Biot, comfle nous achevions de gravir, au revers d'une autre vallée plus accidentée que les précédentes, des amas de sable mouvant, chauffés à cette heure à la température d'une étuve, sables qui, de ce côté, servent de base au col du Gorbier, on me désigna de loin, à un passage étranglé sur la Dranse, l'emplacement d'un pont, célèbre par la défaite des Bernois, le dernier jour d'août 1536. Ils avaient remonté la vallée pour venir saccager l'abbaye d'Aulps, et déjà ils avaient abattu la statue de saint Guérin, protecteur de ce défilé, lorsqu'un moine belliqueux, le frère Jean, rassembla sous la bannière du couvent et entraîna les pâtres du Biot, des Esserts-Romans, de Morzine> armés de frondes, de bâtons ou

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de fourches. Ils tombèrent sur les luthériens près de la Vernaz, en criant : « Deo vero / » et sauvèrent ainsi du pilkige ces contrées, si bien défendues par la nature, que Von ne se risqua plus à y pénétrer. Le souvenir de cette boucherie est perpétué par un sobriquet tiré du cri de guerre de ces montagnards : Deo vero ! On appelle encore les Yèro, ceux qui habitent les vallées de Morzine, de Saint-Jean et du Biot. Tout est monacal et religieux dans les traditions et parmi les célébrités de la Savoie ; ce pays est^ pour nos climats, ce que fut dans l'Orient la Thèbes égyptienne des solitaires. C'est là , du reste, un trait qui ne messied point à la physionomie de ces montagnes et qui les harmonise, mieux que celles de la Suisse allemande, à la pensée des choses infinies. Une religion raisonnée et sans rayonnement extérieur, laisse trop peu perceptible pour Tétre abandonné dans ces périlleuses solitudes, l'idée d'une protection providentielle : de là, je ne sais quelle impression de vide, dont on a T&me attristée dans rOberland-bernois. Au point de vue de la poésie, le culte le plus antique de TOccident, avec ses oratoires, ses croix votives, ses chapelles, ses stations de pèlerinage qui vous accompagnent en chemin, revêt d'une signification plus touchante, ces contrées où l'homme a si peu marqué sa trace, où la proximité de Tabtme le tient constamment averti. La ferveur de cette foi, ses symboles partout écrits, sa candeur, plus primitive, conviennent mieux aussi à l'imagination d'un peu-

ple-pasteur, qui contemple si près des deux les hautes cimes, autels encensés par les nuages, et qui passe ses jours au milieu des miracles de la création.

Trois heures après avoir quitté la vallée de la Dranse, nous étions remontés aux austérités de la montagne, bien accentuées par un hameau de pau^ vres masures, étalées dans un riche pâturage. Le soleil y crevassait la glaise, que les sabots des troupeaux avaient gauffrée de leurs empreintes ; la population entière était sortie avec eux, et la commune abandonnée nous présenta un vieillard unique, assis contre un mur au pied d'un abreuvoir. Il nous conta que ses enfants avaient quarante bêtes et que la localité comptait plusieurs maisons riches à cmt vaches et même plus. En plaine, le capital s'évalue par milliers de francs ; au pays d'en haut, on chiffre les têtes de bétail. Au bout d'un instant, nous at^ teignîmes VEcuelU ou faucille du col du Gorbier, élevé à près de quatre mille pieds et, comme ce passage, d'où nous devions rebrousser par une autre vallée sur le cœur de la chaîne, est exposé au nord-est, le caractère du pays, sa flore et sa -température changèrent tout à coup.

Nous retrouvions, sur cette double pente, écorchée çà et là de quelques rocs aplatis, le sureau nain, les azalées, les daphnés, le saule herbacé, la joubarbe, les gentianes d'azur, et le léontopodium, qui livre au vent ses houppes de duvet soyeux. Du bas du vallon où nous devions descendre, s'élevait

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à rhorizou une lourde montagne noire, de forme arrondie, et qui ressemble d'autant plus à la tête d'un animal monstrueux, qu'elle est coiffée de deux oreilles, pai> les extrémités saillantes de la Dentd'Oche et de la Cornelte-de-Bise. C'est dé là que nous retombâmes sur la Dranse du nord, pour la remonter jusqu'à la base d'un mamelon rocailleux, qui étrangle la vallée à laquelle donnent leur nom les bâtiments claustraux de l'abbaye d'Abondance, le monastère le plus renommé, les ruines historiques les plus importantes de la haute Savoie. On pénètre dans le bourg par un pont couvert qui rappelle celui de Samoëns ; le site, tout différent d'ailleurs, présente une opposition frappante entre les deux versants qui l'encadrent : l'un, qui serre le village de près et le retranche, n'est qu'une butte de calcaire ; l'autre est revêtu d'un rideau de sapins, qui rafraîchissent de leur ombre des pelouses écla« tantes.

Autour de l'abbaye se pressent, en troupeau serré, les massives habitations d'un village autrefois fortifié, et comme le terrain est incliné à partir de l'église, les bâtiments conventuels, portés sur un terrassement, dominent les autres maisons, de leurs trois corps de logis à hautes toitures, qui enveloppent la basilique et les cloîtres. Partagée entre plusieurs maîtres, acensée à des locataires nombreux, l'abbaye est une sorte de phalanstère au milieu du bourg : les familles qui en occupent les li^ements sont abritées sous les mêmes toits que la

cure, le vicariat, on cabaret, le bureau de perception, la salle d'arrêt, la justice de paix, etc. Réduit à cet immeuble, le chef-lieu du canton resterait constitué. Avant de pénétrer dans le monastère à la suite de mes compagnons, par un escalier engagé sous une voûte, j'eus le temps d'entrevoir, aux clartés du crépuscule. Tune et l'autre fkçade. Les substructions de l'aile méridionale dessinent d'anciens arcs en ogive, noyés dans la muraille; du côté de l'ouest, elle est également très-haute et me parut épaisse : plusieurs étages y sont indiqués par de fort petites fenêtres, au linteau en forme d'arc, avec un chanfrein arrêté en bas par une doucine. Cet appareil caractérise, dans nos pays du nord, la première moitié du quinzième siècle.

Nous arrivions la veste sur l'épaule et le chapeau au bout des bâtons, comme des pèlerins qui ont porté le poids de la chaleur et je n'eus pas le temps de m'informer du gîte; car déjà mes amis, qu'un essaim d'enfants avaient signalés, étaient embrassés par une famille entière. Exclamations de surprises, prompts souvenirs donnés aux absents, animation gale, qui accueille une visite inespérée, formaient un de ces concerts, comme en font parfois des volées d'oiseaux émoustillés au bord d'un nid. Je n'eus pas lieu pourtant de me sentir isolé: « Puisque vous êtes si joyeux, dit le notaire en me prenant par la main, remerciez monsieur; car c'est lui qui nous a amenés. »

J'appris ainsi que M. Jacquier s'était fait le mes-

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