‹ La Haute SavoieChapitre 119 sur 150 · ÉVIAN NOUVEAU · texte numérisé non relu

ÉVIAN NOUVEAU

d'un beau parc distribué par gradins, un nouvel établissement. Ce palais, d'où l'on jouit d'un point de vue splendide, ne communique guère avec la cité que par des ruelles étroites, encaissées de murailles, et ces couloirs sont d'une fâcheuse malpropreté. L'ascension, du reste, est fatigante : pour se rendre compte de la rapidité de la rampe, il suffit de se rappeler que, dans plusieurs maisons, les fenêtres du quatrième étage sur la rue, font face à des portes ouvrant de plain-pied sur des jardins.

« L'activité française prépare ici d'heureuses métamorphoses. Une grande route, embrassant l'étuidue de ce versant, va s'étaler en pente adoucie, de Lugrin, au-dessus de Meillerie, jusqu'à Publier qui domine Amphion ; puis de là, se rabattre sur Saint- Paul et, par de nouveaux lacets, rejoindre le grand chemin du Biot et du val d'Abondance. Ces belles contrées seront alors ouvertes ; le haut de la ville et son établissement seront vivifiés par une magnifique avenue. Au bord du Léman, un large quai va remplacer des murailles sombres et, près du port, un hôtel princier avec des bains et un casino, rivalisera avec les phalanstères somptueux qui, à Lausanne et à Vevey, attirent, dit-on, la foule sur la rive Vaudoise. Transformé tout à la fois à ses deux extrémités, au bord du lac et au sonunet de la côte, Évian changera d'aspect ; mais la vieille ville, avec ses manoirs, ses clochetons et st's logis claustraux qui entourent l'église, gardera sa physionomie de bourgade bretonne battue par la vague ; poétique

ressemblance, que le style du monument contribue à rappeler* Cette collégiale, dont il faut bien dire un mot, appuyée à une tour d'une mine sévère, qu'un clocher couronne» remonte, dit-on, à la fin du quatorzième siècle ou aux premières années du quinEième. Les voûtes ogivales sont larges, leurs nervures^ les croisillons des fenêtres, les entable* ments des colonnes sont d'un travail curieux ; ce temple est orné d'une chaire à petits pilastres» ados^ sée en forme de bénitier, à un pilier que contourne un escalier de pierre» Cet appareil original porte le millésime de 1600«

« Bien qu'Ëvian ait été horriblement saccagé par les troupes des sieurs de Guitry et de Sancy qui s'en emparèrent en 1589, ce ne sont pas elles qui ont abattu l'ancienne flèche, ni celle des cordeliers» préservées jusqu'à la Révolution française» En dépit de ces mutilations» Évian, grâce à ses jtours et à ses trois châtellenies» forme un contraste saisissant avec l'azur de son lac, la jeunesse de ses campagnes et la beauté renommée des jeunes filles, que l'on voit circuler lestes et souriantes sous leurs petits bonnets ronds. Le sang est généreux au pays de Gavot, comme partout où se trouvent réunies ces cinq conditions : un air très-vif, un climat doux, des eaux pures, un horizon spacieux et un sol richement boisé.

« Ma valise historique n'est pas épuisée et vous me reconduirez jusqu'à mon logis. La route, élevée en terrassement sur le lac, qui me ramène à Am-

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