‹ La Haute SavoieChapitre 140 sur 150 · NOUS MONTONS AUX VOIRONS · texte numérisé non relu

NOUS MONTONS AUX VOIRONS

Lorsque le soir, à Genève, pour mieux découvrir les Alpes échelonnées au levant, on étend sa promenade au delà du quai du Mont-Blanc, jusqu'aux Pâquis et à la jetée qui ferme le bassin du port, on reconnaît sans peine, en face de soi, l'entrée spacieuse de la vallée de TArve, délimitée par deux chaînes de montagnes, entre lesquelles s'élève, à un plan reculé, le cône équilatéral du Môle. La chaîne de droite est formée du grand et du petit Salève ; celle de gauche, qui lui sert de pendant, et qui monte à peu près de même en s'évasant par degrés, con stitue le massif des Voirons, découpé à pic sur sa cime, qui regarde le lac. Vue du pays de Thonon, cette montagne, reliée au sol par des plans prolon* gés, n'offre qu'une suite d'ondulations successives. Considérés dans le sens opposé et du cœur des régions sous-alpines, des hauteurs de Faucigny ou des coteaux du Giffre, les Voirons, distribués par croupes richement vêtues, semés de chalets et de hameaux, prennent l'aspect d'un des plus fertiles versants de la Suisse pastorale.

C'est de ce côté que nous gravissions ce bastion, posté à une distance à peu près égale, entre les arêtes que couronnent les neiges, et le long paravent jurassique déployé derrière Je Léman. Nous escaladions à grands pas cette limite extrême des Alpes qui, sur ce point, se terminent brusquement dans les airs.

Ces sommets escarpés sont en général dénudés, stériles et rasés par les vents : les Voirons ont le

490 LA ÛAUTE SAVOIE.

privilège de rester boisée jiisqu'â la cime; d*alimentei*, à celte hauteur, deâ futaies séculaires qui protègent, contre les coups de la bise, des parterres de fleurs, ainsi que des arbres fruitiers. Ce mamelon apparaît donc comme uhe île de la plaide, enlevée jusqu'aux nues, et respectée par le climat de la itiontagne, qui s'est corîtenté de contribuer à sa plarure.

Une route contoiii^née eti spirale le long d'un pafc naturel, permet à une voiture de monter, en trois ou quatre heures, de Thorion oii de Genève, jusqu'aux belles habitations qui oflrèrlt, dans cet Éden , un séjdur salubte et délicieux. L'abri des grands bois y présente aux extrémités des avenues, dans une série de médaillons, les prof oiïdes vallées, les profils lointains des chaînés bleuâtres, et des pitonâ argentés par les neiges. Aussi, les Voirons sont-ils devenus U promenade favorite des Genevois et des habltatits de la Savoie qui, dé cet observatoire, viennent contempler leur pays tout entier et promener leurs regards jusqu'au ccfeuf de la France.

Deux établissements vastes et bien tenus, au sommet d'uti long pâturage incliné en face du Mont- Blahc, offi'ent là-haut, depui€ trois ans, des résidences coriiparableâ aux Meilleures nâaisons. Ils sotit dirigés par un ancien chef de VÉcu de Genève^ originaire de Sens, et qui a apporté aux Voirons les traditions gastronomiques de l'école bourguignonne. Des làources, où la iriàgnésie se coriïbihe à

Page 1